Présentée
par six partis politiques lors de la conférence de presse du 23 novembre 2000
En date du 26/10/2000, six partis politiques signataires des Accords d’Arusha présentent le Colonel Epitace BAYAGANAKANDI comme Candidat à la Présidence de la République du Burundi, en vue de conduire le Gouvernement de Transition prévu par les dits Accords. Accueillie favorablement par les citoyens burundais de toutes les tendances et de toutes les ethnies, cette candidature est vite soutenue publiquement par plusieurs autres formations et mouvements politiques ainsi que les associations de la société civile.
Le Colonel Epitace BAYAGANAKANDI est une personnalité qui est connue dans les milieux civils et militaires. Né le 31 mars 1956 à MBOGORA, en commune NYABIHANGA, Province MWARO, Monsieur BAYAGANAKANDI dont le père est enseignant va bénéficier très tôt d’un fort encadrement moral, social et intellectuel. Les études primaires qu’il commence déjà à 5 ans suivies par une formation secondaire au Petit Séminaire de MUGERA et au Collège Notre-Dame de GITEGA ont été les moules d’une éducation basée essentiellement sur le respect des principes et le sens des responsabilités.
Le 29 août 1975, Monsieur BAYAGANAKANDI entre à l’Institut Supérieur des Cadres Militaires (ISCAM). Il est de la onzième promotion. Ce choix est dicté par sa « volonté permanente » de relever les défis. A l’ISCAM, il aurait souhaité suivre la Faculté des Sciences Economiques mais l’autorité académique l’oriente dans les Sciences Fondamentales. Il y poursuit sa formation militaire et universitaire et sort en 1980 avec un diplôme de licence. Par la suite, il devait poursuivre un cycle de doctorat aux Etats-Unis d’Amérique mais « les circonstances du moment ne l’ont pas permis ». Ce fut le début d’une carrière militaire riche en expériences quand il occupe des fonctions de commandement dans diverses unités combattantes ou effectue des stages de formation et de perfectionnement dans la Gendarmerie. Sur le terrain, pendant ces années, il suit avec intérêt le mouvement de démocratisation initié depuis le début des années 1990.
En 1993, après les élections, le Président NDADAYE le nomme chef d’Etat-Major de la Gendarmerie. Il a 37 ans. Le 21 octobre, le Président NDADAYE et ses collaborateurs sont assassinés lors d’une tentative de putsch. Les institutions sont paralysées et les massacres génocidaires se généralisent dans le pays. Le colonel Epitace BAYAGANAKANDI est appelé à gérer, avec quelques uns de ses collègues, la plus grave des crises que le Burundi ait jamais connue. Dans les milieux militaires et civils, les tensions sont si vives que le Gouvernement semble démissionnaire. Monsieur BAYAGANAKANDI s’investit pour la résolution de la crise. Il recherche le compromis dans les querelles politiques mais garde la fermeté sur certaines questions notamment celles en rapport avec la création des milices.
En 1994, il évite de justesse, en compagnie de l’ancien Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies, Monsieur Ahmedou Abdallah, de tomber dans une embuscade tendue par les milices à Kamenge. Le Mauritanien Ahmedou Abdallah actuellement Président de la Coalition Mondiale pour l’Afrique à Washington se souvient de cet ancien Chef d’Etat Major qu’il décrit, dans son dernier livre « BURUNDI ON THE BRINK », en ces termes : « BAYAGANAKANDI, a man with significant influence…who more than anyone in the armed forces has supported stability, and who, moreover, was not associated in any manner with the attempted coup ». Lorsque Monsieur NTARYAMIRA est investi Président de la République, le Colonel BAYAGANAKANDI est nommé Administrateur Général de la Police de l’Air, des Frontières et des Etrangers, un poste sensible attaché à la Présidence de la qu’il occupe pendant deux ans.
En juillet 1996, le Président Buyoya retourne aux affaires et lui confie le Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité Publique, un poste qui est comme une tour de contrôle où toutes les questions de politique, d’administration, de sécurité et même de diplomatie se posent chaque jour. Plusieurs dossiers le mettent régulièrement en contact avec toutes les personnalités politiques ainsi que les diplomates en poste à Bujumbura et dans la région. C’est la période de l’embargo et le climat intérieur tendu ajouté aux attaques des bandes armées ne rendent pas facile la gestion politico- administrative du pays. Malgré une atmosphère d’adversités et spéculations politiques, le Colonel BAYAGANAKANDI parvient à amorcer un retour de la sécurité et une stabilisation de l’administration intérieure, ce qui sera le prélude favorable à la mise en place du Gouvernement de partenariat de juin 1998.
Dans ce Gouvernement, il est nommé Ministre des Transports, Postes et Télécommunications, poste qu’il occupe jusqu’en janvier 2000.
Au mois d’octobre 2000, quand les six partis politiques se coalisent pour présenter sa candidature à la Présidence de la République du Burundi, le Colonel BAYAGANAKANDI se trouvait à la tête d’une société parapublique, la Société de Déparchage et de Conditionnement du café (SODECO) avec des fonctions d’Administrateur-Directeur Général.
Le
Colonel BAYAGANAKANDI a accumulé une expérience politique et administrative très
riche. Ses qualités de leader rassembleur ont été attestées à travers le
vaste mouvement de soutien à sa candidature. Sa
candidature apparaît de plus en plus comme une candidature de réconciliation
et d’apaisement des conflits.
Le colonel BAYAGANAKANDI est devenu désormais le point de jonction entre ceux qui étaient à Arusha et ceux qui n’y étaient pas, entre les citoyens de différentes ethnies, régions et tendances politiques. Le Candidat Président BAYAGANAKANDI Epitace a également une idée de ce que doit être le Burundi de demain. Pour lui « l’unité entre les Bahutu et les Batutsi est possible, il faut seulement apporter des réponses aux préoccupations spécifiques à chacune de deux communautés ».
Il affirme que l’Accord de paix doit être un cadre pour amorcer une « réconciliation véritable ». Cette réconciliation ne doit pas être un slogan, ni une formule-gadget. Il lui faut un contenu et un sens. Le Candidat Président insiste sur une véritable réconciliation fondée sur une justice équitable et une « démocratie qui assure la sécurité pour tous ». La répression des crimes de génocide et des autres crimes contre l’Humanité doit être une priorité pour asseoir un véritable Etat de droit, de même que la nécessité d’assainir et de redresser la gestion administrative et financière du pays. Le combat contrer la corruption est une autre priorité qui devrait aller de pair avec l’obligation naturelle de s’occuper des vrais problèmes des citoyens : l’éducation, la santé, le pouvoir d’achat… Si la consultation est le maître-mot dans sa démarche politique, le colonel BAYAGANAKANDI préconise notamment par une large ouverture aux nouvelles générations et une grande représentation des femmes dans les institutions nationales.
Sur le plan extérieur, Monsieur BAYAGANAKANDI prône une diplomatie qui puisse soigner les relations de bon voisinage et rétablir la confiance entre le Burundi et la Communauté Internationale.
Marié et père de deux enfants, le Candidat Président BAYAGANAKANDI a pour hobby, la pratique du sport. Il reste optimiste sur les chances du Burundi de sortir de la crise.
