RUGAMBA-NET PRESS

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REPUBLIQUE DU BURUNDI                                                Bujumbura, le 16/04/2001            

Collectif des Partis Politiques

       Pour la candidature

Du Colonel Epitace BAYAGANAKANDI

                 Bujumbura

 

A S.E M. le Président Nelson Mandela

Facilitateur dans les Négociations

Interburundaises.

 

 

Objet : Entraves à la mise en place des

            Institutions de Transition.

 

 

TRANSMIS COPIE POUR INFORMATION A :

-        A S.E. M. Gnassingbé Eyadema,

-        Président en exercice de l’OUA

 et Président du Togo

-        A S.E. M. Y.K. Museveni, Président

    de la République d'Uganda

-      A S.E.M. Benjamin Mkapa, Président de la République Unie de Tanzanie.

-        A S.E.M. Paul Kagame, Président de la République du Rwanda.

-        A S.E.M. Joseph Kabila, Président de la R.D. du Congo.

-        A S.E.M. Koffi Annan, Sécrétaire Général des Nations-Unies.

 

 

Excellence Mr. Le Président,

 

  1. Nous, chefs des partis politiques membres du G10 signataires de l’Accord d’Arusha, avons l’insigne honneur de nous adresser à Votre Excellence pour vous soumettre les préoccupations urgentes des partis signataires et du peuple burundais en rapport avec la mise en application de l’Accord d’Arusha et plus spécialement avec le suivi de la dernière session du 19 mars 2001.
  2. En effet, depuis le 19 mars 2001, la majorité des partis politiques du G10 et du G7 soutenue par les forces socio-politiques de l’intérieur ont considéré comme une décision historique, la présentation du Colonel Epitace BAYAGANAKANDI comme Président de la République pendant la 1ère période de la transition et de Domitien NDAYIZEYE comme Vice-Président. En réalité, le choix des deux personnalités pour assumer le leadership de la transition a rencontré les profondes aspirations du peuple burundais au changement et a constitué un grand espoir de paix dans toutes les couches de la population.
  3. Mais, malgré cette avancée significative sur l’une des questions prioritaires du processus de paix, le Gouvernement en place qui est une des 19 parties signataires s’est arrogé le droit de nier en bloc les décisions du 19 mars et de s’inscrire dans une logique de refus de l’application de l’Accord. Lors de son conseil du 30 mars 2001, le Gouvernement a refusé catégoriquement les décisions consensuelles de la rencontre d’Arusha, en accusant notamment la médiation d’être partiale (réclamation d’une personnalité neutre). Sous prétexte de vouloir poser le préalable du cessez-le-feu, le Gouvernement s’est embarqué dans une dérive dictatoriale en vue d’étouffer le processus de mise en place des institutions. Cette dérive dictatoriale se manifeste sur plusieurs plans :

-        Depuis le 20 mars, le Gouvernement refuse obstinément de s’inscrire dans une logique d’application de l’Accord. Il a choisi de faire la guerre aux parties signataires qui sont pour le changement en procédant aux emprisonnements des leaders politiques comme celui du Président du Parti INKINZO et porte-parole du G8 le Dr. Alphonse RUGAMBARARA ainsi qu’aux détentions arbitraires des militants de l’opposition.

-        En profitant des services et des moyens qui sont à la disposition de l’Etat, le Gouvernement ne se comporte plus comme une des parties signataires de l’Accord. Au contraire, il ne cesse d’abuser de ses pouvoirs pour priver les citoyens des libertés politiques et associatives, de bâillonner la presse et les médias, et de déployer chaque jour sa police pour persécuter les membres du G8 ainsi que leurs sympathisants. Depuis que BUYOYA est convaincu qu’il n’obtiendra aucun soutien à Arusha pour garder le pouvoir, il règne à BUJUMBURA un climat de terreur que le gouvernement cherche à institutionnaliser par l’instauration d’un régime d’exception. Des informations concordantes annoncent dans les jours qui viennent des machinations en vue de jeter dans les prisons les leaders et autres personnalités qui soutiennent le Colonel Epitace BAYAGANAKANDI.

-        Ayant constaté qu’il n’a plus de base politique et sociale, le Président BUYOYA est entrain de faire une fuite en avant en imposant ses points de vue à travers les services étatiques notamment l’administration publique et les services de sécurité pendant que son gouvernement dénigre les conclusions adoptées à Arusha par la majorité des parties signataires. Par ailleurs, le Président BUYOYA a entrepris un travail de chasse aux sorcières dans la haute administration et dans les services publics. Depuis le 28/08/2000, les partisans du changement, membres du G8 sont régulièrement harcelés par le pouvoir. Certains sont limogés de leurs postes. Le dernier en date n’est autre que le Candidat Président, le Colonel Epitace BAYAGANAKANDI qui vient d’être relevé sans raison, de ses fonctions d’Administrateur directeur Général de la SODECO. Son cas a été précédé par une série d’autres destitutions dont notamment celle du Président du RADDES, Monsieur Joseph NZEYIMANA, ancien Directeur Général de la Loterie Nationale, ou celle du Secrétaire Général du Gouvernement, Mme Hyacinthe BUDOMO et bien d’autres, tous démis pour avoir soutenu le Colonel Epitace BAYAGANAKANDI.

        Excellence Monsieur le Président, 

  1. Compte tenu de ce qui précède, il apparaît évident que l’hypocrisie et le double jeu ont caractérisé la participation du Président BUYOYA aux négociations. En participant aux différentes sessions d’Arusha, le Président BUYOYA espérait utiliser les Accords pour son propre compte et non dans l’intérêt du peuple burundais. En analysant les positions de la majorité des parties signataires et les attentes des burundais, Bahutu et Batutsi confondus, l’Accord d’Arusha a été également une porte d’accès au vrai changement politique, porteur de paix et de réconciliation nationale. Le gouvernement veut fermer cette porte et mettre en ruine les espoirs des millions de burundais . La démarche du Gouvernement sera suicidaire non seulement pour le Burundi mais aussi pour toute la région.

En vue de donner des chances à une paix durable au Burundi, nous voudrions demander à votre Excellence ce qui suit : 

1.     Trouver les moyens appropriés pour contraindre le Gouvernement qui est une des parties signataires à s’inscrire dans la logique de l’application de l’Accord.

2.     Rejeter les manœuvres du Gouvernement actuel qui sont suicidaires car porteurs des dangers d’une guerre sans fin. Par conséquent, il faut le convaincre de l’urgence de la mise en place de nouvelles institutions consensuelles seules capables et mieux qualifiées pour obtenir le cessez-le-feu.

3.     Rappeler au Gouvernement actuel son véritable statut, celui d’un gouvernement intérimaire qui assure les affaires courantes dans l’attente de la mise en place des institutions de transition. Ainsi les différents actes officiels notamment les révocations ou les nominations aux hautes fonctions ainsi que certains engagements de haute importance ne lui sont pas autorisées par l’Accord d’Arusha.

4.     Diligenter des actions afin que le Gouvernement mette fin aux persécutions des membres et sympathisants du G8 et qu’il arrête les tracasseries judiciaires contre le Dr. RUGAMBARARA, Président du Parti INKINZO et porte-parole du G8.

5.     Recommander au Gouvernement de faire un jeu politique honnête, de s’interdire de politiser les services de sécurité qui sont par principe neutres et d’éviter d’instrumentaliser l’administration publique à des fins politiciennes. 

En conclusion, nous voudrions encore une fois vous réaffirmer notre position de voir les institutions de transition se mettre en place le plus vite possible conformément aux recommandations du 14e sommet des chefs d’Etat de la région et aux décisions subséquentes de la session d’Arusha du 19 mars qui ont présenté les leaders de la Transition. 

Tout retard ou toute tergiversation sur cette question de mise en place des institutions risque de porter préjudice au contenu de l’Accord et partant à l’avènement d’une paix durable. 

Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Président, l’assurance de notre plus haute considération.

 

Pour le Collectif des Partis politiques

Le Porte-parole, 

Dr. Alphonse RUGAMBARARA.

 

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