Réussir à
tout prix une " Révolution Populaire" à la rwandaise
BUJUMBURA,
27 juil (ABP) - Les pseudo-combattants de la liberté ciblent toujours
les citoyens sans défense au nom d'une certaine démocratie.
Si telles sont les méthodes de la rébellion burundaise où
le respect de la vie humaine n'a pas droit de cité, quel objectif
politique ou autre poursuit-elle? Pour mieux comprendre les visées
des mouvements rebelles, il convient de faire un flash-back jusqu'en 1959
où des événements sanglants à caractère
ethnique ont eu lieu au Rwanda. Cette date où, pour la première
fois dans la région des Grands Lacs, des Hutus accèdent au
pouvoir après avoir massacré des milliers de Tutsis et contraint
des centaines de milliers d'autres à l'exil, a valeur de symbole.
Ces événements sanglants ont, en effet, été
qualifiés de "Révolution Populaire" au Rwanda, un pays qui,
comme le Burundi, est caractérisé par une composition ethnique
disproportionnée avec, selon des statistiques approximatives et
jamais mises à jour depuis des lustres, 85 % de Hutus, 14 % de Tutsis
et 1 % de Twas.
Pour les partisans
chevronnés d'un "hutu power" radical au Burundi, l'exemple du voisin
du Nord, le Rwanda, valait la peine d'être expérimenté.
Ici comme là, il fallait, pour accéder au pouvoir, tenter
d'exterminer tous les Tutsis ainsi que les Hutus non acquis à ce
plan macabre. Ainsi était née l'idéologie du génocide,
si chère aux fameux combattants des mouvements rebelles burundais.
Lorsque le FRODEBU (Front pour la démocratie au Burundi) prend le
pouvoir en 1993, les idéologues du parti dont Léonard Nyangoma,
alors ministre de l'Intérieur, créent une milice armée
dénommée JEDEBU ( Jeunesse démocratique du Burundi).
C'est la crème
de cette milice qui se transformera plus tard en rébellion armée
du CNDD-FDD (Conseil national de défense de la démocratie
- Forces de défense de la démocratie), rejoignant dans les
maquis les ultras du FROLINA (Front de libération nationale), la
branche armée du PALIPEHUTU (Parti de libération du peuple
hutu). Les effectifs de cette rébellion ont, depuis, été
grossis par de jeunes paysans Hutus qui entendaient échapper à
la justice, après avoir massacré par dizaines voire centaines
de milliers, leurs voisins Tutsis et Hutus modérés.
abp JUIL
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