RUGAMBA-NET PRESS

Un bilan négatif d'une longue lutte dite de libération

 

            BUJUMBURA, 28 juil (ABP) - Le bilan de la lutte de libération s'avère négatif pour les milices armées du FDD (Forces de défense de la démocratie), jadis JEDEBU (Jeunesse démocratique du Burundi) de Léonard Nyangoma, après leur départ pour le maquis pour fourbir les armes contre leur pays. Quelque six ans après que Nyangoma et ses combattants aient pris le large, plusieurs centaines de milliers d'innocents tués, quelques dizaines de militaires tombés sur le champ d'honneur, plusieurs infrastructures détruites puis reconstruites, plusieurs maisons incendiées et reconstruites pour la plupart, plusieurs milliers de rebelles tués ainsi que des centaines de milliers de regroupés, déplacés et réfugiés.

Malgré leurs principales bases arrières en Tanzanie et au Congo démocratique, les rebelles burundais ne sont jamais parvenus pendant six ans de combats, et n'y parviendraient sûrement pas même si la guerre devait durer vingt ans, à occuper ne fût-ce que pendant quelques jours, un seul centimètre carré du territoire national! C'est certainement cette incapacité de la part d'une myriade de groupes rebelles qui se battent sans cause, qui fait que leurs combattants s'attaquent, en guise de complaisance, aux plus vulnérables. Cette tactique, de part sa facilité extrême, n'en a pas moins été une bombe à retardement menaçant d'exploser entre les mains des rebelles.

Une rébellion qui se targue, en effet, de combattre pour la liberté d'une population donnée a généralement la même population comme principal soutien. Mais la population burundaise, à majorité hutue, se trouve devant un dilemme. Comment peut-on, en effet, soutenir un mouvement qui déclare ouvertement chercher à vous libérer d'un joug quelconque tout en vous maintenant dans un système d'asservissement meurtrier? A Karusi (centre-est), Cibitoke et Bubanza (nord-ouest), Bujumbura rural (ouest), Makamba (sud) et ailleurs, les FDD et le FROLINA (Front national de libération) seraient aujourd'hui maîtres du terrain si la majorité des paysans ne les avaient pas désavoués. La trilogie forces de l'ordre - administration - population n'aurait jamais été opérationnelle pour faire échec aux rebelles, si ceux-ci ne s'étaient pas montrés plus comme des tueurs à gages que comme des combattants de la liberté. Imaginez un seul instant si les idéologues des mouvements rebelles étaient parvenus à rallier toute la population en leur inculquant la substance d'un projet social digne de véritables combattants de la liberté! Aucun régime n'aurait, tout simplement, pu leur résister fut-il soutenu par la plus performante des armées.

Il apparaît ainsi que le peu de soutien dont ils bénéficient ne constitue, en aucun cas, une base populaire pour leur consacrer le statut de combattants de la liberté. Un comportement meurtrier, rétrograde contraire à la morale humaine envers les mêmes populations qu'ils se targuent de défendre, les a complètement disqualifiés. Il ne reste plus que certains Burundais au nom d'intérêts sectaires inavoués qui, contre vents et marrées, tentent encore de leur conférer un statut qu'ils n'ont pas. La rébellion burundaise est, comme disait l'autre, un éléphant aux pattes d'argile ou un tigre en papier.

C'est au nom de la paix et de l'allégement des souffrances de la population civile que l'armée burundaise a accepté de négocier avec eux en souscrivant aux négociations d'Arusha. Les responsables des mouvements rebelles devraient donc oser se regarder en face. Reconnaître sa faiblesse n'a rien de déshonorant pour des gens ayant perdu tout crédit comme êtres humains dont les consciences sont entachées de tant de sang d'innocents. Qu'ils évitent le ridicule en acceptant de mettre la barre à un niveau qui leur sied, celui de tueurs à gages et non de combattants de la liberté.