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Les rebelles burundais pourraient signer un cessez-le-feu malgré eux

BUJUMBURA, 24 août (ABP) - La semaine qui vient de commencer pourrait être déterminante dans la mise en application de l’Accord sur la Paix et la Réconciliation au Burundi signé le 28 Août dernier à Arusha. Des sources proches du bureau du médiateur dans le conflit burundais indiquent, en effet, que la rébellion burundaise aurait fini par lâcher du lest et se préparer à rencontrer une délégation gouvernementale en provenance de Bujumbura. L’invitation a beau provenir du charismatique médiateur Nelson Mandela en personne, mais les raisons d’un soudain assouplissement des positions rebelles se trouvent ailleurs. C’est d’ailleurs revigoré par ces raisons que le gouvernement burundais a tapé du poing sur la table, exigeant cette fois une présence effective des chefs rebelles à Pretoria avant de dépêcher ses émissaires dans la capitale politique de l’Afrique du Sud. Bujumbura est loin, en effet, d’avoir oublié les trois rendez-vous manqués où les responsables de la rébellion avaient brillé par une absence arrogante, embarrassant du même coup le médiateur sud-africain. C’est le 20 septembre dernier que les chefs d’Etat des pays de la sous-région, réunis dans la capitale kenyane, Nairobi, ont jeté le pavé dans le marre. "Vous avez un mois calendrier pour entamer les négociations devant mener à un cessez-le-feu avec le gouvernement burundais ou faire face aux sanctions de la sous-région et de la communauté internationale", s’est fait injonctionner M. Cossan Kabura, chef du Front national de libération (FNL). Pour les Burundais épris de paix ainsi que les véritables tenants d’une paix durable au Burundi, l’ultimatum était sans équivoque. Les rebelles eux, ainsi que leurs principaux commanditaires, l’entendaient d’une toute autre oreille. Les trente jours de sursis signifiaient, ni plus ni moins, un délai de grâce pour mener à bien un plan machiavélique savamment préparé dans leurs états-majors depuis plusieurs années : la perpétuation du génocide tout en arrachant de force un territoire ou des territoires qui leur serviraient de cantonnement et leur permettraient de négocier en position de force. Mal leur en prit. C’était en tout cas compter sans l’esprit de bravoure patriotique et de détermination des forces de sécurité et de la population burundaise non encore acquise à leur propagande génocidaire. Aussi, les récentes attaques menées par les terroristes-génocidaires dans l’Est du pays, le Centre et dans les quartiers périphériques de Bujumbura allaient-elles apparemment dans le sens du tout pour le tout. Certaines mauvaises langues ne manquaient pas d’attribuer aux rebelles dans leur imagination une force de frappe quasi imparable. Pour les plus négativement optimistes parmi les adeptes de l’idéologie génocidaire, les forces rebelles risquaient d’entrer à tout moment à Bujumbura, à la manière des combattants du Front patriotique rwandais il y a 6 ans à Kigali. Autant ils étaient déterminés à jouer leurs dernières cartes, autant les forces vives de la nation étaient assidûment demeurées sur leurs gardes. Si bien qu’après quelques jours de combat et une ligne de commandement décapitée, les troupes rebelles faisaient vite de déchanter. L’esprit conquérant qui les habitait faisait rapidement place à un spectre de débandade qui continue de les hanter sur leur chemin du retour en Tanzanie et en République démocratique du Congo. Avec plusieurs centaines de tués, plusieurs armes d’équipe ou d’assaut saisies par les forces de l’ordre à Tenga (ouest), Ruyigi (est) et Gishubi (centre), les terroristes-génocidaires n’avaient plus d’alternative que de diriger leur colère contre les populations civiles. C’est ainsi que dans leur fuite désordonnée, ils n’hésitent pas à voler, violer, brûler et même assassiner des ressortissants étrangers comme cette sœur italienne dernièrement assassinée de sang froid dans la province de Gitega (centre).

Or, des informations dignes de foi indiquent que l’armée tanzanienne s’opposerait au retour des rebelles burundais sur leur territoire d’où ils ont attaqué le Burundi. D’où une véritable situation d’impasse qui leur pose un véritable dilemme : peuvent-ils continuer une guerre qui ne leur garantit plus des bases arrières certaines? La question revêt, en tout cas, une telle urgence qu’il faut à tout pris, ou accepter un cessez-le-feu inconditionnel, ou chercher de nouvelles bases arrières. L’on semble envisager les deux options dans les états-majors rebelles puisque en même temps que leurs chefs se rendront en Afrique du Sud, leurs alliés congolais tentent déjà, au moyen de bombardements aériens, de reprendre les localités de Moba et Pepa aujourd’hui occupées par les rebelles congolais du RCD Goma et l'armée rwandaise, potentiellement alliés à la cause défendue par le Burundi. Si les chefs rebelles Jean-Bosco Ndayikengurukiye et Cossan Kabura répondent au rendez-vous du 25 au 28 octobre fixé par le médiateur Mandela, ce sera plus pour des raisons de réalisme militaire et politique, que pour une quelconque volonté d’une paix durable. Car pour ces adeptes de l’idéologie génocidaire émanant de leurs sinistres frères d’armes du Rwanda, les Interahamwe, il n’y aura de répit qu’une fois tous les Tutsis et Hutus modérés rayés de cette sous-région. Les forces de l’ordre et les patriotes burundais viennent de démontrer que jamais la nation burundaise ne sera érigée en sanctuaire des adeptes de l’idéologie génocidaire. C’est en fin de compte en ordre dispersé et militairement défaits que les rebelles burundais accepteront peut-être la négociation d’un cessez-le-feu qu’ils avaient rejeté jusque très récemment.

abp OCT 00


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