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Burundi - Politique
Les politiques burundais divergent sur le traitement à réserver aux leaders rebelles
BUJUMBURA, 6 nov (ABP) - A la suite d'une demande du président kenyan Daniel Arap Moi relative à l'arrestation des chefs rebelles Jean-Bosco Ndayikengurukiye du CNDD-FDD (Conseil national de défense de la démocratie - Forces de défense de la démocratie) et Cossan Kabura du PALIPEHUTU-FNL (Parti de libération du peuple hutu - Forces de libération nationale) par les autorités compétentes sous-région révélée par un journal tanzanien "The Guardian" du 2 novembre 2000, citant des sources diplomatiques, le ministre burundais chargé du Processus de paix, M. Ambroise Niyonsaba, s'est félicité de cette "initiative qui va dans le sens du sommet de Nairobi du 20 septembre dernier". Le président du Ralliement pour la démocratie et le développement économique et social (RADDES), M. Joseph Nzeyimana, lui a emboîté le pas en affirmant que son parti se félicite de ce positionnement d'un chef d'Etat d'un pays qui a abrité le dernier sommet sur le Burundi consacré à l'examen de la cessation des hostilités.
"Que Moi ait donné le ton est une bonne chose", a-t-il dit, ajoutant: "Nous, au RADDES, on s'étonnait du silence de la région longtemps après l'expiration de l'ultimatum adressé aux groupes rebelles pour cesser les violences contre les populations innocentes". Il a demandé à la sous-région d'organiser un sommet "qui va au-delà des simples déclarations". En revanche le secrétaire exécutif national du Front pour la démocratie au Burundi (FRODEBU), M. Charles Karikurubu, a déclaré qu'il n'est pas correct d'envisager des solutions musclées avant l'épuisement de toutes les procédures pacifiques. "Je ne crois pas que les arrêter soit la solution pour le moment dès lors qu'ils n'ont pas refusé de négocier", a dit M. Karikurubu. Les chefs rebelles n'ont pas encore dit non au processus de paix, a-t-il estimé, soulignant que "la preuve est qu'ils ont déjà rencontré le médiateur Nelson Mandela sur ce dossier à plusieurs reprises". M. Karikurubu a révélé que le secrétaire général du FRODEBU, M. Domitien Ndayizeye, a quitté Bujumbura samedi pour rejoindre son président Jean Minani en Afrique du Sud où ils comptent s'entretenir avec Mandela, certes sur le cessez-le-feu, mais aussi sur les questions relatives au leadership de la transition, au blocage en cours à l'Assemblée nationale sur l'entérinement de l'Accord d'Arusha et à la mise en place de la commission de suivi. Selon le ministre chargé du Processus de paix, les leaders du CNDD-FDD et du PALIPEHUTU-FNL étaient attendus dimanche pour rencontrer le médiateur sur la question du cessez-le-feu. M. Ambroise Niyonsaba, a indiqué que le gouvernement était disposé à envoyer ses délégués pour négocier un cessez-le-feu en cas de confirmation de la présence des chefs rebelles et leur volonté de négocier la paix. D'après "The Guardian", M. Mandela a signifié aux groupes armés qu'ils ne peuvent pas prendre en otage le processus de paix en refusant le cessez-le-feu. "Le PALIPEHUTU-FNL et le CNDD-FDD pensent qu'en refusant de souscrire au cessez-le-feu, ils pourront prendre en otage l'entièreté du processus de paix, mais ils se trompent", selon M. Mandela cité par le journal tanzanien. Il a néanmoins refusé de révéler ce qu'il envisageait de faire si les groupes rebelles continuaient à paralyser le processus de paix. abp dd/dn NOV 00