RUGAMBA-NET PRESS

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"Accord-cadre pour la Restauration de l'Etat de droit au Burundi" 

 

  Lettre à l'Ambassadeur de France au Burundi.

 

Bujumbura, le 2 Novembre 2000

 

 

A Monsieur l'Ambassadeur de France

à Bujumbura

 

Objet : Demande d'intervention

            pour la libération de l'Ir. Diomède RUTAMUCERO

            emprisonné arbitrairement.

 

Monsieur l'Ambassadeur,

A la suite de la production, par l'Ambassade de France à Bujumbura, du document intitulé : "Identification des possibilités de réinsertion socio-professionnelle des démobilisés dans le cadre du conflit burundais", le Président de l'organisation anti- génocidaire PA AMASEKANYA, est séquestré arbitrairement par le pouvoir en place pour avoir dénoncé le contenu de ce document qui est, pour le moins, sujet à la critique.

Cette organisation est membre de l'Accord-Cadre pour la Restauration d'un Etat de Droit au Burundi et milite pour la promotion du PLUS JAMAIS CA. Nos organisations ont toujours critiqué la négociation avec les organisations racistes et génocidaires, car elle institutionnalise le racisme ethnique et le génocide. L'implication de votre ambassade dans la promotion et le financement de ces négociations condamnées par l'Histoire ont laissé un goût amer au sein du peuple burundais qui attend, des représentants du peuple français, le soutien actif dans la lutte contre le racisme et le génocide.

Monsieur l'Ambassadeur,

Au moment où la France milite aux côtés des nations européennes pour la promotion de la Charte des droits fondamentaux, au moment où la France a pris le leadership des nations pour faire reculer les idées qui tuent et promouvoir le PLUS JAMAIS CA dans le concert des nations modernes, au moment où votre pays se bat pour que les idéologies totalitaires et génocidaires ainsi que les régimes qu'elles inspirent soient condamnés au nom du droit et de la morale, au moment où toutes les autorités françaises militent pour tracer le cercle de l'inacceptable, il est impensable que l'ambassade de France à Bujumbura finance des études inspirées par l'unique volonté de faire reculer la conscience morale universelle et institutionnaliser le génocide dans nos pays des Grands Lacs et au Burundi en particulier.

Par ailleurs, les persécutions orchestrées par le pouvoir en place contre les organisations et les personnalités qui militent contre le génocide, pour la promotion du PLUS JAMAIS CA et la Restauration d'un Etat de droit au Burundi sont inacceptables.

Voilà pourquoi les parties signataires de l'Accord-Cadre pour la Restauration d'un Etat de droit au Burundi requièrent votre intervention pour faire libérer le Président de PA AMASEKANYA. Préconiser la démobilisation de l'armée au moment où le génocide et divers crimes se commettent à grande échelle et que certains pays de la sous-région se surarment pour soutenir les organisations génocidaires en nourrissant les ambitions d'envahir le Burundi, cela revient à prêter main forte aux ennemis de notre pays.

Cela est d'autant plus inadmissible que les négociations avec les génocidaires préconisent la venue dans la région des forces étrangères d'occupation. De même le financement d'études qui préparent le démantèlement des obstacles au génocide comme l'armée est inacceptable, et le peuple burundais réclame le droit de critiquer même ces études des consultants financés par l'Ambassade de France à Bujumbura.

Dans l'espoir que vous saisirez cette occasion pour manifester votre engagement en faveur de la lutte contre le génocide, pour la promotion du PLUS JAMAIS CA et la Restauration d'un Etat de droit au Burundi pour l'honneur votre pays la France, nous vous prions d'agréer, Monsieur l'Ambassadeur, l'expression de notre haute considération.

 

Les signataires :

- Pour  AC-Génocide CIRIMOSO :  Pr. Venant     BAMBONEYEHO

- Pour  la Coalition Contre la Dictature(CCD) : Dr. André BIRABUZA, Président (empêché)

- Pour  la J.R.R. : Raphaël HORUMPENDE, Secrétaire Général-Adjoint

- Pour  PA AMASEKANYA : Gédéon NTUNZWENINDAVYI, Porte-parole

- Pour  l'Union des Femmes Burundaises (UFB) : Concilie NIBIGIRA

- Pour  le Parti UPRONA : Charles MUKASI, Président

 

COPIE POUR INFORMATION :

          à Bujumbura (Tous)

           aux Droits de l'homme au Burundi,

          de la personne humaine (Tous)


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