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 République du Burundi Bujumbura le 23 novembre 2001
Accord-Cadre pour la Restauration
d’un Etat de Droit au Burundi

___________________________

A Monsieur Louis-Michel,
Vice-Premier Ministre,
et Ministre des Affaires Etrangères
du Royaume de Belgique

Objet : Protestation contre le soutien
de l’Union Européenne
au terrorisme et au génocide.


Monsieur le Vice-Premier Ministre,

Nous profitons de votre passage dans notre pays pour vous adresser cette lettre en votre double qualité de représentant d’un gouvernement de l’ancienne puissance tutélaire au Burundi et qui, à ce titre, est censé connaître les réalités du Burundi, et en tant que Chef de la délégation de l’Union Européenne que vous conduisez.

Il est plus que surprenant de constater que la Belgique, connue et respectée pour sa législation avant-gardiste pour la répression du génocide et des crimes contre l’Humanité, se compromette dans le soutien d’un processus qui institutionnalise le terrorisme, le génocide ainsi que les organisations et les régimes qui s’en inspirent.

Le soutien au processus d’Arusha n’est rien d’autre qu’un appui aux organisations terroristes-génocidaires, à l’immoralité et au régime en place qu’elles inspirent.

Nous sommes en droit de nous demander pourquoi une chose considérée comme inimaginable et intolérable en Europe devient normale quand il s’agit du Burundi. Le peuple burundais est pris en otage par l’alliance entre les assassins du Président Ndadaye et les génocidaires, qui, des accords de Kajaga en 1994 à Arusha, en passant par la Convention de Gouvernement et les divers partenariats, cherche à s’éterniser au pouvoir après s’être auto-amnistiés.

Nous sommes surpris de constater, qu’à l’heure où le monde entier se mobilise pour lutter contre le terrorisme, la Belgique et l’Union Européenne mobilisent, avec une rapidité étonnante des millions de dollars pour financer l’occupation du Burundi par des troupes étrangères dépêchées pour garantir l’impunité des leaders des organisations terroristes et génocidaires. Depuis que ces troupes sont au Burundi, le terrorisme et le génocide s’intensifient, du fait du soutien moral, diplomatique et militaire apporté aux organisations terroristes et génocidaires avec le concours de l’Union Européenne.

Votre pays et l’Union Européenne endossent une responsabilité historique devant les catastrophes qui découlent déjà de cette initiative de tourner le dos à la voie du droit et de la morale pour promouvoir le racisme ethnique, le terrorisme et le génocide. En plus des pogroms dont se rendent coupables quotidiennement le Frodebu et ses alliés dans le génocide et appelés pudiquement G7, nous vous transmettons un tableau comparé de la situation qui prévalait au Rwanda en 1994 à la veille du génocide. Elle est trop semblable à celle que connaît le Burundi en ce moment pour ne pas mériter toute votre attention personnelle et celle de toute l’opinion mondiale.

Ceci est d’autant plus préoccupant que le Président de la République du Burundi, son Vice-Président, leur Ministre de la Défense Nationale, le Président de l’Assemblée Nationale, des diplomates occidentaux ne se gênent plus pour dire que les Tutsi et tous les opposants au régime immoral en place seront définitivement exterminés si le pouvoir Buyoya-Frodebu venait à être menacé. Ce discours rappelle celui du régime Frodebu à la veille du génocide de 1993 au Burundi. Le même discours a prévalu au Rwanda en 1994 à la veille du génocide de 1994 et au lendemain des accords d’Arusha sur le Rwanda.

Nous saisissons la même occasion pour vous transmettre le plan de paix initié par nos associations sous le nom de l’ACCORD CADRE POUR LA RESTAURATION D’UN ETAT DE DROIT AU BURUNDI. Il s’agit de la seule voie pour remettre le Burundi sur la voie du droit et de la morale.

Il ne saurait y avoir, en effet, de la place pour le terrorisme et le génocide dans l’espace de droit que nous sommes entrain de construire. L’Union Européenne qui vient d’adopter la Charte des Droits Fondamentaux ne saurait apporter un soutien utile au Burundi en tournant délibérément le dos à la voie du droit et de la morale.

La nomination d’un Gouvernement dominé par les génocidaires par un Président et un Vice-Président eux-mêmes nommés par Nelson Mandela, en violation des principes élémentaires de souveraineté, l’impunité des cerveaux du génocide des Tutsi d’octobre 1993 à nos jours, la répartition des postes ministériels selon des quotas ethniques, la consécration du racisme ethnique en une expression politique normale, constitueraient-ils un saut qualitatif qui mérite le soutien financier de la Belgique et de l’Union Européenne ? Comment comprendre que la protection des criminels contre l’Humanité soit prioritaire, alors que la survie des centaines de milliers de sinistrés burundais qui se meurent dans les camps et les marais ne suscite pas autant de générosité de la Belgique et de l’Union Européenne ?

Nous considérons que le soutien à un processus d’institutionnalisation du terrorisme, du génocide et des organisations qui s’en réclament au Burundi alors que ces mêmes organisations sont condamnées au démantèlement par le processus de Lusaka est un acte d’hostilité et de mépris envers le peuple burundais et attirons de nouveau votre attention sur l’énorme responsabilité prise, ce faisant, par la Belgique et l’Union Européenne face aux conséquences déjà incalculables de cette initiative.

 

En vous demandant de transmettre nos vives protestations aux Chefs d’Etat et aux Chefs de gouvernement de l’Union Européenne, nous vous prions d’agréer, Excellence Monsieur le Premier Ministre, l’assurance de notre haute considération.

Les Parties Prenantes à l’ACCORD-CADRE POUR LA RESTAURATION D’UN ETAT DE DROIT AU BURUNDI :

- L’Association pour la Lutte Contre le Génocide « A-c Genocide CIRIMOSO » :

- La Coalition Contre la Dictature (CCD) :

- La Jeunesse Révolutionnaire Rwagasore (JRR) :

- Puissance d’Auto-Défense « P.A.AMASEKANYA » :

- L’Union des Femmes Burundaises (UFB) :

- Le Parti de l’Unité pour le Progrès National (UPRONA) :

 

 

ARUSHA GENERATEUR DU GENOCIDE: ANALYSE COMPAREE DE LA SITUATION ENTRE

LE RWANDA DE 1994 ET LE BURUNDI DE 2001

 

SIMILITUDES

RWANDA

BURUNDI

1.

L'organisation raciste et génocidaire MRND contrôlait les institutions.

L'organisation raciste et génocidaire FRODEBU contrôle les institutions.

2.

Le MRND au pouvoir entretenait les milices racistes et génocidaires au sein de la coalition CDR (Coalition pour la défense de la République hutu).

Le FRODEBU au pouvoir entretient les milices racistes et génocidaires au sein de la coalition CNDD (Coalition nationale pour la défense de la démocratie hutu) PALIPEHUTU, FROLINA... pudiquement appelé G7.

3.

Le Président Rwandais manipulait le processus de paix pour se maintenir au pouvoir.

Le Président Burundais manipule le processus de paix pour se maintenir au pouvoir.

4.

Agitation de la coalition CDR pour tenter de briser l'efficacité de l'opposition contre le Président Habyalimana et le MRND.

Agitation de la coalition d’ARUSHA pour tenter de briser l’efficacité de l’opposition contre le président Buyoya et le Frodebu..

5.

Agitation de la coalition CDR pour briser la résistance contre le génocide et les organisations génocidaires.

Agitation de la coalition G7 pour briser la résistance contre le génocide et les organisations génocidaires.

6.

Division des partis politiques par le pouvoir pour les inféoder au pouvoir MRND.

Division des partis politiques par le pouvoir pour les inféoder au pouvoir FRODEBU.

7.

Le gouvernement Habyalimana déclarait qu'il n'y aurait pas de paix au Rwanda sans la participation du CDR aux accords d'Arusha.

Le gouvernement Buyoya déclare qu'il n'y aura pas de paix au Burundi sans la participation des FDD et du FNL aux accords d'Arusha, alors que ces milices génocidaires sont sous le patronage direct des leaders du Frodebu.

8.

La communauté internationale a fermé les yeux sur l'activisme raciste et génocidaire du MRND et ses partis satellites au Rwanda.

La communauté internationale ferme les yeux sur l'activisme raciste et génocidaire du Frodebu et ses partis satellites au Burundi.

9.

Amalgame entretenu par

le régime MRND entre génocide et "révolution sociale".

Amalgame entretenu par le régime Frodebu entre génocide et démocratie comprise à la manière de la "révolution sociale" rwandaise.

10.

Corruption généralisée au sein du pouvoir.

 

Corruption généralisée au sein du pouvoir.

11.

Discours gouvernemental de culpabilisation et actes de persécution contre les victimes et les organisations antigénocide.

Discours gouvernemental de culpabilisation et actes de persécution contre les victimes et les organisations antigénocide.

12.

Négociations de diversion et d'endormissement à Arusha .

Négociations de diversion et d'endormissement à Arusha.

13.

Assassinats politiques.

Assassinats politiques.

14.

Parodie judiciaire.

Parodie judiciaire.

15.

Escalade de la violence.

Escalade de la violence.

16.

Les évêques et certains autres prélats de l'église catholique étaient rangés du côté des thèses du pouvoir en place dominé par l'organisation raciste et génocidaire MRND.

Les évêques et certains autres prélats de l'église catholique sont rangés du côté des thèses du pouvoir en place dominé par l'organisation raciste et génocidaire FRODEBU.

17.

Les média publics étaient monopolisés par le pouvoir MRND et ses acolytes dans un but de propagande génocidaire.

Les médias publics sont monopolisés par le pouvoir FRODEBU pour se blanchir par une propagande négationniste.

18

L'assassinat du  Président Habyalimana a été un prétexte pour exterminer les Tutsi. Ce plan avait été conçu à l'avance par le pouvoir Habyalimana-MRND et connu à l'avance de toute la Communauté Internationale

Pierre Buyoya, son Vice-Président, leur Ministre de la défense nationale et le Président de l'Assemblée Nationale déclarent publiquement que si leur pouvoir était menacé, par un coup d'Etat notamment, il y aura un génocide total contre les Tutsi; ils ajoutent systématiquement: vous avez vu ce qui s'est passé en octobre 1993...

DIFFERENCES

 

1.

Le FPR, un mouvement nationaliste de libération créé par la diaspora rwandaise, s'attaquait militairement et politiquement au pouvoir raciste et génocidaire en place à KIGALI afin de sauver des vies humaines en danger.

Le CNDD, une organisation raciste et génocidaire créée par le FRODEBU au pouvoir, sème la mort et la désolation au sein de la population pendant qu'elle abuse l'opinion en prétendant lutter pour la libération des Hutu et pour la défense de la démocratie.

2.

L'ancien parti unique MRND, était un instrument de propagande génocidaire et une machine à tuer utilisée par le régime Habyalimana pour exterminer les Tutsi.

 

L'ancien parti unique Uprona est dans l'opposition où il joue un rôle central dans la lutte contre le génocide, raison pour laquelle il est fortement combattu par le pouvoir contrôlé par l'organisation raciste et génocidaire FRODEBU.

3.

L'armée rwandaise était fortement impliquée dans la conception, la préparation et l'exécution du génocide.

L'armée burundaise est un obstacle à l'idéologie et à la pratique génocidaire. C'est pour cela qu'elle est malmenée et désorientée par le pouvoir BUYOYA-Frodebu dont la position officielle est qu'il a renoncé à la victoire militaire pour favoriser les négociations.

 

PLAN DE PAIX

POUR LA RESTAURATION D'UN ETAT DE DROIT

AU BURUNDI

INTRODUCTIO

Ce plan de paix a été initié par les forces de paix. Il ne traduit pas un point de vue ethnique. Il est l'expression de la volonté de l'ensemble du peuple burundais de renouer avec le droit et la morale universelle par la restauration d'un Etat de droit au Burundi en se référant à la Charte de l'Unité Nationale, aux lois burundaises, aux pactes et conventions internationaux, en conformité avec les engagements des autres pays de la région et du reste de la Communauté internationale

Les forces de Paix qui ont initié ce plan de paix militent pour mettre en place un nouveau pouvoir et de nouvelles institutions anti-racistes et anti-génocide. Ceux-ci animeront et conduiront ce processus pour le plus grand bonheur du peuple burundais, des peuples de la sous-région. Ainsi notre pays va renouer enfin avec la seule voie qui ne déshonore pas l'humanité: la voie du droit et de la morale.

I. CLARIFICATIONS PREALABLES

Le conflit burundais est fondamentalement un conflit de génocide.

Le racisme et le génocide ne sont pas des opinions mais des crimes contre l'humanité.

Le Frodebu est une organisation raciste et génocidaire responsable, avec les autres forces de même idéologie, du génocide perpétré contre les Tutsi d'octobre 1993 à nos jours. A ce titre il a perdu toute légitimité électorale ou autre, et il doit être impérativement dissout.

II.SUR LE PLAN NATIONAL:

Mise sur pied d'institutions anti-génocides.

Promulgation des lois d'application de la Charte de l'Unité Nationale.

Promulgation des lois de procédure sur la prévention et la répression du génocide, des crimes contre l'humanité et de la complicité avec ces crimes.

Promulgation de la loi sur la répression du négationnisme et du révisionnisme.

L'identification, la condamnation et le démantèlement des organisations racistes et génocidaires ainsi que des idéologies qui les inspirent.

L'organisation d'un débat national profond sur les principaux sujets de discorde et les dysfonctionnements majeurs de la société burundaise.

L'élaboration d'une charte de la démocratie dépouillée des idées qui tuent.

Adoption et exécution d'une politique de promotion du "Plus Jamais ça".

Réforme de la classe politique.

Mobilisation de la solidarité nationale, régionale et internationale pour lutter contre le génocide, l'immoralité et tous les autres crimes contre l'humanité.

III. SUR LE PLAN REGIONAL:

Adhésion aux accords de LUSAKA et KAMPALA sur la RDC dont l'esprit et la lettre doivent être étendus au BURUNDI. Le moment venu, le BURUNDI y apposera sa signature.

Adhésion par principe à toute initiative, accord ou engagement dont l'objectif sera de tracer le cercle de l'inacceptable dans notre région.

IV. SUR LE PLAN INTERNATIONAL:

Adhésion aux principes de gestion des Etats démocratiques modernes, à savoir: "la seule légitimité d'un Etat démocratique est d'empêcher le retour des génocides. Il s'agit d'un contrat moral entre le citoyen et l'Etat".

Adhésion à tous les pactes et conventions internationaux en rapport avec la lutte contre le génocide en vue de la promotion du "PLUS JAMAIS CA".

Prise en compte des conclusions pertinentes et des recommandations du rapport n°S/1996/682 de la Commission Internationale d'Enquête de l'ONU, notamment sur le génocide et les divers assassinats commis au Burundi.

Création d'un tribunal pénal international doté d'un parquet chargé d'instruire les dossiers et d'établir les responsabilités individuelles et/ou collectives. A ce propos, il est clair que lorsque l'ONU a déjà qualifié de génocide les crimes commis dans un pays donné, il n'est plus de mise de mettre en place de fallacieuses commissions dites "vérité réconciliation" ou d'autres commissions d'enquête sur "des actes déjà qualifiés de génocide". Ces comportements négationnistes et révisionnistes sont inacceptables.

Dénonciation des pratiques négationnistes. En cela les rapports d'Amnesty International (AI:AFR/16/01OOF)de janvier 2000, et celui de Human Rights Watch (février 2000) qui dénoncent l'amnistie des auteurs du génocide et d'autres crimes contre l'humanité commis au BURUNDI sont un témoignage précieux de la part de la Communauté internationale.

Les autres crimes contre l'humanité seront traités en conformité avec les engagements ci-haut évoqués.

Face à la coalition des forces racistes et génocidaires qui ont fait du Burundi leur sanctuaire, telle que dénoncée depuis longtemps par les forces de paix et récemment par le rapport de la commission internationale d'enquête de l'ONU n°S/1998/777, par le rapport de Human Rights Watch de février 2000, et par celui du Rapporteur Spécial des Droits de l'Homme au Burundi pour la 56ème commission de l'ONU, initiation d'une politique nationale, régionale et internationale visant à créer un observatoire chargé de démanteler les réseaux des organisations génocidaires et éradiquer les idées qui tuent.

En conclusion, l'insistance particulière portée sur la lutte contre le génocide et les organisations racistes et génocidaires se justifie par la conviction que le conflit burundais est fondamentalement un conflit de génocide et que, partant, aucun processus de paix ne peut réussir au Burundi ou dans la sous-région s'il ne résout préalablement et de manière adéquate cette équation. Les déséquilibres, les disparités et les comportements irrationnels qui caractérisent la société burundaise d'aujourd'hui sont les effets et non les causes de l'idéologie du génocide, qui fait des ravages à perte de vue.

Par ailleurs, aucune réforme dans un quelconque secteur de la vie nationale n'est envisageable s'il n'est pas entrepris une réforme de la classe politique afin de la rendre conforme aux principes du "PLUS JAMAIS CA", de la morale et des normes de gestion des Etats modernes.

Tout accord interne ou externe , basé sur un quelconque compromis avec des organisations racistes et génocidaires ne peut pas engager l'ACCORD -CADRE; encore moins le peuple burundais . Celui-ci se réserve le droit de s'y opposer par tous les moyens .

Ce Plan de Paix a été présenté au Médiateur Nelson MANDELA

le 10 juillet 2000 à JOHANNESBOURG .

 

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