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République du Burundi                               Bujumbura, le 19/10/2001

Accord-Cadre pour la Restauration

d’un Etat de Droit au Burundi 

 

Objet : Protestation contre le  

            financement des troupes                               A Son Excellence Monsieur le Premier

           d’occupation                                               Ministre du Royaume de Belgique

                                                                                  à Bruxelles 

 

Excellence Monsieur le Premier Ministre, 

          Nous vous adressons cette lettre  en votre double qualité de Chef du Gouvernement  de l’ancienne puissance tutélaire du Burundi qui à ce titre est sensé connaître les réalités du Burundi et en tant que Président en exercice de l’Union Européenne.

 Il est surprenant que la Belgique, connue  et respectée pour sa législation avant-gardiste de répression du génocide et des crimes contre l’Humanité, se compromette dans le financement d’une force d’appui aux terroristes-génocidaires.

 Nous sommes en droit de nous demander pourquoi une chose considérée comme inimaginable et intolérable en Europe  devient normale quand il s’agit du Burundi. Le peuple burundais est pris en otage depuis Octobre 1993 par l’alliance des putschistes et des génocidaires, qui, des accords de Kajaga à Arusha, en passant par la Convention de Gouvernement et le Partenariat, se renforce au pouvoir après s’être auto- amnistiée. Ce n’est donc pas elle qui a besoin de secours, mais les otages.

          En effet, Excellence Monsieur le Premier Ministre, nous sommes surpris de constater, qu’à l’heure où le monde entier se mobilise pour lutter contre le terrorisme, la Belgique et l’Union Européenne mobilisent avec une rapidité  étonnante des millions de dollars, pour financer l’occupation du Burundi par des troupes étrangères dépêchées pour protéger des terroristes-génocidaires. 

          La nomination d’un Gouvernement dominé par les génocidaires par un Président et un Vice-Président eux-mêmes nommés par Nelson Mandela, en violation des principes élémentaires de souveraineté, l’impunité des cerveaux du génocide des Tutsi d’octobre 1993, la répartition des postes ministériels selon des quotas ethniques, la consécration du racisme ethnique en une expression politique normale, constitueraient-ils un saut qualitatif qui mérite le soutien financier de la Belgique et de l’Union Européenne ? Comment comprendre que la protection des criminels contre l’Humanité soit prioritaire, alors que la survie des centaines de milliers de sinistrés burundais qui se meurent dans les camps et les marais ne suscite pas autant de générosité de la Belgique et de l’Union Européenne ? 

          Excellence Monsieur le Premier Ministre, nous considérons le financement des troupes d’occupation du Burundi par la Belgique et l’Union Européenne comme un acte d’hostilité et de mépris envers le peuple burundais et attirons votre attention sur l’énorme responsabilité prise ce faisant par la Belgique et l’Union Européenne face aux conséquences incalculables de cet acte.

En vous demandant de transmettre nos vives protestations aux Chefs d’Etat et Chefs de Gouvernement de l’Union Européenne, nous vous prions d’agréer, Excellence Monsieur le Premier Ministre, l’assurance de notre haute considération.

Les Parties Prenantes à l’Accord-cadre pour la Restauration d’un Etat de Droit au Burundi : 

- L’Association de Lutte Contre le Génocide «AC Génocide-CIRIMOSO» :

- La Coalition Contre la Dictature (CCD) : Dr. André BIRABUZA, Président  Sé

- La Jeunesse Révolutionnaire Rwagasore (JRR) : Mr. Raphaël HORUMPENDE, Secrétaire Général-Adjoint  Sé

- Puissance d’Auto-Défense «PA-AMASEKANYA» : Ir. Diomède RUTAMUCERO, Président  Sé

- L’Union des Femmes Burundaises (UFB) : Mme Concilie NIBIGIRA, Secrétaire Générale   Sé

- Le Parti «Unité pour le Progrès National» ( UPRONA) : Mr. Charles MUKASI, Président  Sé

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