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AC
Génocide Burundi
LETTRE OUVERTE
A Monsieur André GIANNECHINI
Premier Conseiller A l'Ambassade de France Au Burundi
CHER MONSIEUR ,
Nous avons pris le temps de procéder à toutes les vérifications nécessaires, et nous avons aujourd'hui la certitude que c'est bien vous, le bras droit de l'Ambassadeur de France au Burundi , que le journal télévisé du samedi 25-11-2000 a montré aux téléspectateurs, rehaussant de votre présence la réunion en Congrès des organes du parti SAHWANYA-FRODEBU .
Or, vous êtes sans ignorer que le Conseil de Sécurité des Nations-Unies s'est déclaré saisi , depuis le 24/9/1996, notamment, de la responsabilité de ce parti dans « les actes de génocide commis contre la minorité Tutsi le 21 octobre 1993 et les jours suivants ». Si jamais vous en doutez encore, lisez le paragraphe 483 du Rapport S/1996/682, sanctionnant les enquêtes menées par la Commission Internationale créée par la Résolution 1012 votée par le Conseil de Sécurité des Nations-Unies le 28/8/1995, sur demande officielle et expresse du Gouvernement du Burundi.
Si , comme nous le pensons, vous aviez cette information et que vous êtes passé outre par conviction personnelle pour afficher vos sympathies envers le FRODEBU, c'est que vous considérez sans doute le génocide des Tutsi comme un « minable détail » de la folie meurtrière qui sévit au Burundi depuis plus de sept ans déjà. Dans ce cas, nous réservons nos commentaires à une autre occasion.
Si , par contre , votre comportement relève de l'initiative de l'autorité hiérarchique, nous prenons acte de cette preuve supplémentaire comme quoi la France officielle persiste et signe dans sa gestion inqualifiable du « dossier génocide » en Afrique des Grands-Lacs , notamment au Burundi, au Rwanda et en République Démocratique du Congo .
Qu'il nous soit permis de saisir cette occasion pour vous rappeler le jour mémorable du 16/7/1995, plus de 50 ans après VICHY, date à laquelle le Président de la République Française a , enfin , sauvé l'honneur de la famille humaine , l'honneur du peuple français, à travers un aveu longtemps attendu et un engagement solennel .
« Oui, a-t-il déclaré, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français , par l'Etat français. Transmettre la mémoire du peuple juif, des souffrances et des camps. Témoigner encore et encore. Reconnaître les fautes du passé et les fautes commises par l'Etat. Ne rien occulter des heures sombres de notre histoire, c'est tout simplement défendre une idée de l'homme, de sa liberté et de sa dignité. C'est lutter contre les forces obscures sans cesse à l'Suvre. »
Le mal Burundais n'est autre que la logique génocidaire distillée et mise en Suvre par des partis et organisations intégristes dont le FRODEBU est le principal héritier . Les manSuvres de négationnisme ou de révisionnisme mal camouflées par des attitudes empreintes d'une fausse neutralité ne peuvent rien y changer. Et si l'on admet que les mêmes causes produisent les mêmes effets au Burundi comme ailleurs, la déclaration solennelle du cinquantenaire de la libération d'Auschwitz-Birkenau devrait être de rigueur : « Les crimes de génocide ne peuvent pas être oubliés, quels qu'en soient les lieux, les temps et les auteurs. Ils doivent être jugés équitablement et devenir l'avertissement pour les contemporains et les générations à venir. » Les fausses solutions imposées par la violence internationale ne feront qu'empirer la situation.
Nous vous prions , Cher Monsieur, de bien vouloir excuser la franchise avec laquelle nous vous avons fait part de la profonde déception qu'a provoquée votre comportement chez les victimes du génocide ainsi que notre espoir de pouvoir bientôt vous compter parmi les nombreux citoyens français qui, même au Burundi, font honneur à Charles Péguy, Anatole France et surtout Emile Zola, avec son fameux J'ACCUSE.
POUR AC.GENOCIDE-CIRIMOSO
Venant Bamboneyeho , Représentant Légal
