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AC Génocide Burundi ASSOCIATION BURUNDAISE DE LUTTE CONTRE LE GÉNOCIDE |
BULLETIN CIRIMOSO
Lettre aux militants
N°1 du 21 Août 2002
Le génocide des Tutsi du Burundi banalisé et amnistié
A qui incombe la responsabilité ?
Depuis le mois d'octobre 1993, les organisations racistes et génocidaires parrainées par le Frodebu commettent le génocide des Tutsi et massacrent des Hutu non acquis à cette sale idéologie sans désemparer.
D'aucun peut se demander pourquoi cette machine du génocide ne s'arrête pas et les forces qui la qui la soutenant. Sans donner les raisons exhaustives qui seront développées dans les prochains numéros, nous allons essayer de dégager les responsabilités des uns et des autres. Pour nous, la responsabilité incombe à trois catégories de gens à savoir :
1. Les pouvoirs publics contrôles par le FRODEBU
2. La communauté internationale
3. Les Burundais en général et les victimes du génocide en particulier.
La responsabilité des pouvoirs publics contrôlés par le FRODEBU
Nul n'ignore que le génocide des Tutsi et le massacre des hutu upronistes en 1993 a été reconnu et qualifié EN 1996 par une Commission Internationale d'enquête dans son rapport S/1996/682. Le parti Frodebu est pointé du doigt comme étant responsable de ce crime.
Nonobstant cette grave accusation qui fait perdre toute sa légitimité au Frodebu, les pouvoirs publics font tout pour le blanchir.C'est ainsi qu'ils n'ont rien fait pour demander au Conseil de Sécurité de faire suite au rapport ci-haut cité et mettre sur pied un Tribunal Pénal pour le BURUNDI chargé de juger les coupables.
Plus grave, ils font tout pour bloquer la justice burundaise en lui privant des moyens et des lois conséquentes pour juger les génocidaires. Ils ont refusé de voter la loi réprimant le génocide.
Ils ont inventé un vocabulaire qui adoucit la gravité des actes criminels commis par les terroristes-génocidaires alliés au Frodebu. Au lieu de les appeler par leur nom (terroristes-génocidaires), ils les ont transformé en rebelles alors qu'ils ne combattent jamais le pouvoir qu'ils contrôlent plutôt à plus ou moins 90 %.
Aujourd'hui, ils ont passé à la vitesse supérieure en qualifiant les prisonniers poursuivis pour massacre et pillage (article 417 du C.P.L. II), faute de la loi sur le génocide, de prisonniers politiques en vue d'une libération prochaine. Ne perdons pas de vue que d'autres sont régulièrement libérés sur initiative de ces mêmes pouvoirs publics. Une loi portant immunité provisoire de ces génocidaires est à l'étude à l'Assemblée Nationale, une qui est de fait en vigueur et qui va évoluer vers une amnistie générale.
Ils ont décidé de harceler par tous les moyens les personnes et les associations qui luttent contre le génocide pour faire asseoir un Etat de Droit basé sur la morale universelle du " Plus jamais ça ", en l'occurrence les personnalités et les membres de l'Accord-Cadre pour la Restauration d'un Etat de Droit au BURUNDI.
Toutes ces démarches de banalisation et d'amnistie du génocide sont bénies par la signature des Accords impies d'ARUSHA qui, au lieu de prévenir et réprimer, institutionnalisent le génocide et le racisme ethnique. Alors qu'il fallait signer les Accords de Lusaka qui traitent ces génocidaires de forces négatives, les autorités burundaises ont cherché un autre processus qui les traite de partenaires ! Bref, les pouvoirs publics Burundais ont péché par action et par omission.
Juridiquement, les présentes dispositions pourront vous aider à poursuivre ces personnalités le moment venu. Il s'agit de :
1°. L'article V de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide qui dispose que :
" les parties contractantes s'engagent à prendre, conformément à leurs constitutions respectives, les mesures législatives nécessaires pour assurer l'application des dispositions de la présente Convention, et notamment à prévoir des sanctions pénales efficaces frappant les personnes coupables de génocide ……. "
2° L'article IV de la Convention sur l'imprescriptibilité des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité qui dispose que :
" Les Etats Partis à la présente Convention s'engagent à prendre, conformément à leurs procédures constitutionnelles, toutes mesures législatives ou autres qui seraient nécessaires pour assurer l'imprescriptibilité des crimes visés aux articles I et II de la présente convention, tant en ce qui concerne les poursuites qu'en ce qui concerne la prime ; là où une prescription existerait en la matière, en vertu de la loi ou autrement, elle sera abolie ".
Les membres de ces institutions qui brillent par un négationnisme et un révisionnisme du crime de génocide seront poursuivis tôt ou tard, de leur vivant ou à titre posthume, sur base de l'article II de ladite convention qui dispose :
"……., les dispositions de la présente Convention s'appliqueront …., ainsi qu'aux représentants de l'autorité de l'Etat qui toléreraient sa perpétration. "
2. La responsabilité de la communauté internationale.
De par sa nature, le crime de génocide relève du Droit International. Ainsi, l'Assemblée Générale de l'organisation des Nations-Unies, par sa résolution 96(I) en date du 11 décembre 1946, a déclaré que le génocide est un crime du droit des gens.
Par ce fait, tous les Etats signataires de la Convention précitée se sont engagés à prévenir et à punir le génocide qu'il soit commis en temps de paix ou en temps de guerre (Article premier de la convention précitée).
Au BURUNDI, le génocide se commet sans aucune moindre indignation de la Communauté Internationale. Même l'O.N.U. qui a commandé une mission d'enquêtes qui a déposé son rapport sur le génocide des Tutsi en octobre 1993 ne lève le petit doigt.
Au lieu de réprimer les terroristes - génocidaires, les puissances et les autres pays qui composent ladite communauté internationale rivalisent d'ardeur dans ce financement du faux processus d'ARUSHA qui institutionnalise le génocide au BURUNDI.
Certains des pays vont jusqu'à armer et, à entretenir les terroristes-génocidaires et leur prêter un terrain d'entraînement pour mieux raffiner les méthodes de tuer. Cette communauté internationale ne dit et ne fait rien.
Des accords de fusion ou de coopération avec les génocidaires rwandais sont signés mais la communauté internationale continue à soutenir cette collision de génocidaires à travers les pseudo-négociations d'ARUSHA et de Dar-Es-Salaam.
Outre que la communauté internationale viole la Convention sur la prévention et la répression du crime de génocide, elle viole en plus les principes de la coopération internationale en ce qui concerne le dépistage, l'arrestation, l'extradition et le châtiment des individus coupables de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.
3. La responsabilité des Barundi en général et celle des victimes du génocide en particulier.
Le BURUNDI est un pays chrétien où 90% de la population est catholique. C'est pour dire donc que beaucoup de Burundais reçoivent régulièrement des enseignements de l’évangile. Tous ceux qui reçoivent l'enseignement biblique savent pertinemment que tuer est un péché. Sans devoir se référer à la loi pénale, les Burundais savent que tuer est strictement interdit de par la bible et la culture burundaise. Ceux qui ont massacré des gens n'ont donc aucun prétexte pour dire qu'ils ont été induits en erreur par les faux politiciens. Aussi, personne ne peut les défendre sous quelque manière que ce soit.
Plus grave encore, ceux qui n'ont pas trempé dans ce génocide ne sortent pas de leur torpeur pour le décrier et exiger le châtiment des coupables. Certains ont peur des représailles des bourreaux ou des pouvoirs publics, d'autres brillent par un comportement négationniste et révisionnistes. Ceux qui le font pour des intérêts purement égoïstes sont coupables de complicité.
Notre Code Pénal réprime les complices autant que les auteurs des crimes. Outre donc que ce génocide ne les épargnera pas, ils seront jugés pour avoir favorisé la perpétration du génocide (article 68 du C.PL.II).
Pour les victimes du génocide, la responsabilité est grande. En effet, outre qu'elles sont des rescapés provisoires, elles vivent dans le déshonneur total suite aux mauvaises conditions des déplacés. Or, malgré tous ces malheurs, toutes les victimes du génocide n'ont pas encore compris qu'il faut beaucoup pour qu'elles soient réhabilitées, que la justice soit faite et pour que ce mal s'arrête une fois pour toute.
Elles doivent savoir que leur réhabilitation dépendra de leur détermination pour instaurer un système institutionnel qui ne tue pas et qui châtie les auteurs du génocide.
" Les droits ne s'acquièrent pas mais ils s'arrachent ." Pactiser avec le système dominé par les organisations racistes et génocidaires est un suicide collectif.
Au lieu de verser dans des conditions de considérations régionalistes ou autres, les victimes du génocide devaient s'unir et s'organiser pour leur survie.
Le silence complice est coupable et est porteur de tous les dangers pour les rescapés du génocide. Il ne faut jamais céder à l'intimidation encore moins aux tentatives de corruption.
Autant le silence complice est coupable, autant la résignation est lâche. Une clairvoyance s'impose pour chercher des alliances en vue d'assurer la survie des victimes du génocide.
Les institutions en place font tout pour que les victimes du génocide oublient et se résignent. Le crime de génocide étant imprescriptible, tous les éléments de preuve doivent être soigneusement conservés pour que les victimes s'en servent aussitôt l'Etat de droit restauré. Les Gouvernement tombent mais les peuples restent. Tôt ou tard, le génocide sera puni.
Après le bref aperçu sur la responsabilité des uns et des autres dans la banalisation et l'amnistie du génocide au BURUNDI, la question fondamentale est de savoir quoi faire.
Pour nous, le plus urgent est d'instaurer un Etat de droit basé sur la morale universelle et animé d'une volonté nécessaire pour réprimer le génocide.
C'est ce système nouveau qui mettra en place une politique claire de désintoxiquer les gens des enseignements génocidaires , de cette lutte contre l'impunité en commençant par ceux qui ont trahi le pays. Rien ne sert donc de se résigner ou de céder aux pressions d'où qu'elles viennent, il faut plutôt résister et lutter d'avantage contre les terroristes -génocidaires avec leurs complices qui grouillent dans les institutions, dans les forêts burundaises et étrangères et partout ailleurs.
Unis contre le génocide , nous vaincrons.
Mesdames, Messieurs les Magistrats, trop c'est trop !
Le génocide qui emporte des centaines de milliers des Tutsi et des Hutu non acquis à l'idéologie génocidaires depuis octobre 1993, n'a pas épargné vos parents, frères et sœurs sans oublier vos amis.
Dans votre carrière vous avez eu à instruire des dossiers en rapport avec cette crise, des jugements ont été rendus et cela après un travail intense et à haut risque.
Malgré les maigres moyens mis à votre disposition, vous n'avez jamais déclaré forfait. Des campagnes de diabolisation ont été organisés contre vous mais vous avez été toujours au service.
Malgré que vous soyez du troisième pouvoir, vous avez été injuriés par les 2 autres pouvoirs qui ne regorgent que des criminels génocidaires et des gens sans moralité.
Dans la logique des Arushiens, cela n'a pas encore suffit pour venir à bout de votre corps honorable et régulateur de la société.
C'est ainsi qu'ils vont vous réformer (redynamiser d'après eux) afin de s'assurer de l'impunité du crime de génocide et des autres crimes à leur charge.
Des commissions sur commissions sont toujours mises en place pour contourner votre action. Leur composition et leurs missions ne devaient pas vous laisser indifférents.
Des criminels de sang et des génocidaires ont été transformés en prisonniers politiques pour avoir des facilités de les libérer. Cela se passe sous votre grand dam.
Pire encore, ils viennent de mettre sur pied une commission dite de " vérité et réconciliation " qui ne fera rien d'autre que de blanchir les génocidaires et leurs complices. Dans ses missions, elle aura à reformer tous les jugements et arrêts qui vous ont pris trop de temps et d'énergie. Sera-t-elle une Cour d'assise !!
N'oubliez pas mesdames, messieurs les magistrats que la réforme de l'armée et de la magistrature constituent des points forts du programme des génocidaires depuis la création du FRODEBU
Que faut-il faire alors ?
1° Etant victimes du génocide comme beaucoup de Barundi, vous devez vous inscrire dans la logique de barrer la route aux génocidaires et à leurs complices.
2° Vous devez exiger le départ inconditionnel de votre ministre au service de l’impunité et de la banalisation du crime de génocide.
3° Vous devez montrer votre ferme opposition à toutes ces mesures qui n'ont d'autres visées que le renforcement des organisations racistes et génocidaires et puis le parachèvement du génocide.
4° Enfin, vous devez vous rallier aux patriotes qui militent pour un Etat de Droit au BURUNDI et le respect du Droit et de la morale universelle pour renverser les institutions issues d'ARUSHA et doter le BURUNDI d'un système qui incarne le Droit et la Morale universelle. Votre sens de l'honneur et votre sens patriotique vous interpellent, ne soyez pas trop passifs.
Trop c'est trop !
La patience a des limites.