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AC GENOCIDE - SECTION ESTUDIANTINE - UNIVERSITE DU BURUNDI
MESSAGE
POUR UNE MOBILISATION GENERALE CONTRE LE
GENOCIDE ET SON IDEOLOGIE.
CHERS
CAMARADES,
Voilà déjà près de quatre décennies que notre
pays vit au rythme de l'incertitude et de l'insécurité totale, à cause d'une
absurde "logique génocidaire", qui n'en finit pas d'endeuiller notre
pays. La dernière barbarie à caractère génocidaire a débuté depuis le 21
octobre 1993 et sévit toujours. Plusieurs de nos condisciples ont été lâchement
massacrés, d'autres y ont échappé de justesse, mais marqués pour la vie,
notamment les rescapés de Kibimba, de Buta et bien d'autres. Presque tous, nous
l'avons subie psychologiquement. Nous sommes confrontés à cette rude épreuve.
C'est avec sérénité que nous devons l'affronter. C'est dans le souci de
partager avec vous quelques observations et de vous proposer une voie de sortie
que, par la présente, nous nous adressons à vous.
Tout le monde voit qu'il faut en finir avec cette barbarie mais personne
ne s'engage véritablement. Ceux qui ont montré une certaine ardeur l'ont fait
soit sous forme partiale, ethnique, régionale ou politicienne, qui ne pouvait
aboutir qu'à une impasse et au pourrissement de la situation, soit sous une
forme juste et franche, mais ont
manqué de soutien.
De quoi manque-t-on pour un bon démarrage vers la
paix durable ? C'est sans doute que les jeunes se réveillent de leur
insouciance pour s'engager et piloter, avec l'autre génération, la marche vers
la paix.
Nous sommes les plus nommés pour mener un combat noble contre les idéaux négatifs de génocide car nous n'avons rien à gagner ou à spéculer dans le partage du pouvoir. Mais, si nous ne nous y mettons pas, nous y perdrons quelque chose de plus cher, de très précieux et de très important : nos vies et notre avenir.
Nous devons nous engager. Cet appel est général
pour tous les jeunes. Nous avons des
potentialités immenses. "Qui dit jeune ne signifie pas enfant". Nous
avons deux atouts : l'âge et la force. Nous avons encore plus que tout
cela : la fraîcheur d'un esprit cultivé et entraîné. Nous avons encore conscience pure qu'on veut souiller, un esprit frais,
prompt à réagir.
Nous devons avoir une place autour de la table où se négocie la paix.
Pourquoi ne la réclamons-nous pas ? C'est cette place vide qui fait chavirer le
pays.
Nous sommes appelés à commencer la grande révolution socio-politique
qui entraînera un grand bond vers le progrès dans tous les domaines.
C'est une grande révolution que nous devons mener. Non pas une révolution
dans le sang comme le font les génocidaires, mais une révolution dans la
conscience et la solidarité contre le mal absolu.
Notre conscience doit s'épanouir pour discerner le positif du négatif,
ainsi vaincre l'idéologie du génocide. Le grain de l'idéologie de génocide a
été enfoui très profondément dans les esprits. Nous devons développer un
autre idéal, d'intensité supérieure pour ainsi éradiquer les idées qui
tuent.
Voilà le défi qui nous est lancé.
Comment allons-nous relever ce défi ?
Nous débuterons par une révolution psycho-sociale. Nous devons briser
le silence, nous dépouiller des tabous inutiles et négatifs, engager des échanges
sur des sujets d'intérêt général naguère non accessibles aux jeunes, nous
impliquer dans tout débat où l'intérêt de la nation est concerné.
Cette première étape de notre révolution de la conscience aura comme fruits les prémices d'un progrès qui sont :
* L'émergence d'une jeunesse plus libre, plus dynamique et plus solidaire.
* Le développement d'une jeunesse consciente de ses responsabilités et de ses droits.
* Le dévouement exemplaire de la jeunesse à la cause nationale.
Nous ne voulons plus qu'on nous approche, qu'on nous
recrute, qu'on nous manipule ou qu'on nous jette la poudre aux yeux.
Ces premiers acquits nous mèneront tout doucement vers une participation
dynamique à la conception, à la réalisation et l'évaluation des projets
salutaires pour notre société malade.
Ainsi, le pays pourra s'ébranler, mû par toutes nos forces physiques,
morales et intellectuelles, par toute notre volonté, vers le chemin long, mais
sûr, du progrès et l'épanouissement de notre peuple traumatisé.
Seront exclues de notre comportement notamment les habitudes négatives
suivantes :
* La passivité collective
* L'oisiveté
* L'irresponsabilité
* L'ignorance
* L'insouciance
* La résignation
Cultivons ensemble :
* Le respect mutuel et non la crainte
* L'amour de la patrie
* La détermination individuelle et collective à soutenir tout combat noble
* La libre expression dans le droit et dans le devoir.
* L'épanouissement de l'esprit critique positif.
* Le souci du développement culturel,
social, économique et politique
harmonieux pour notre peuple.
Enfin, c'est dans cet état de conscience que nous pourrons ériger une
barrière psychologique, sociale et politique à l'idéologie de génocide et à
bien d'autres idées dangereuses. Le génocide sera ainsi vaincu et son idéologie
déracinée de nos esprits et de notre pays.
Prenons ensemble le ferme engagement de mieux servir notre pays tant éprouvé. "Il nous jugera à nos actes, et sa satisfaction sera notre fierté.
Fait à Bujumbura, le 21 Août 2001
A.C. GENOCIDE - CIRIMOSO
SECTION UNIVERSITE DU BURUNDI
GAHUNGERE Olivier
Président.
