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ASSOCIATION POUR LA LUTTE CONTRE LE GENOCIDE

(A.C. GENOCIDE-CIRIMOSO)

A.C. GENOCIDE-CIRIMOSO

Section estudiantine

UNIVERSITE DU BURUNDI

 

DENONCIATION DE LA HAUTE TRAHISON D’ARUSHA

ET

OPPOSITION A SON DANGEREUX PROJET

D’IMMUNITE PROVISOIRE

POUR DES PERSONNALITES COMPROMISES

DANS LE GENOCIDE DE 1993.

            Les étudiants membres de l’A.C. GENOCIDE dénoncent ouvertement et publiquement la mauvaise voie d’ARUSHA, spécialement à travers la politique sournoise et honteuse dont elle a accouché, qui porte nom : « immunité provisoire », un concept inconnu dans tous les lexiques juridiques du monde. 

            Le peuple Burundais, martyrisé mais lucide n’attendait pas mieux d’ARUSHA : lâcheté, mensonges, humiliation et traités obliques dans la perspective d’un génocide généralisé.

Voilà après quatre années de balades inutiles pour le pays, ce que le peuple vient de subir, le plus dur des affronts et la Nation, l’humiliation la plus odieuse : le diktat de PRETORIA pour un pays souverain et indépendant : Onze conditions pour faire du Burundi, un protectorat condamné à mort. 

            Le peuple ne réclamait qu’un Etat de droit basé sur la Justice et l’éradication du génocide qui endeuille le pays depuis quatre décennies. Au lieu d’écouter les sages paroles du peuple, nos politiciens « sans talents ni vision » ont muselé toute conscience anti génocide. Ils ont pris le chemin de la honte d’ARUSHA pour jouer aux négociateurs avec des personnes physiques et morales compromises dans le génocide qui fait rage depuis octobre 1993. 

            Nous avons manifesté pour dénoncer cette démarche, le gouvernement et la police nous ont brutalement réprimés et étouffés. Nous ne voulions que donner notre contribution de citoyen en exprimant une autre alternative plus pacifique, fondée sur la Justice et la vérité après ce que le peuple venait d’éprouver. 

            D’autres ont brandi la hache de guerre et ont continué le génocide : le gouvernement est allé les rencontrer dans leurs retranchements avec pompe et fanfares. Ces massacreurs n’ont pas eu peu de ridiculiser le gouvernement pourtant corrupteur et flatteur, toujours à genoux devant eux. 

            Un faux processus de paix a été engagé, après qu’on ait pris soin de museler les personnes qui avaient démasqué la mascarade. Tout se passe comme si les objections non-violentes étaient plus dangereuses que les armes de guerre et le génocide. L’invention de « immunité provisoire », concept artificiel et vide, rentre dans cette logique. 

            D’autres maux peuvent être pardonnés, amnistiés. Il y a un mal qui, dans le concept des Etats modernes, est inexcusable, imprescriptible et inamnistiable : ce mal est unique, c’est le mal absolu, c’est le génocide. 

            L’opinion mal avisée a l’habitude de globaliser la problématique du génocide. La responsabilité pénale dans un génocide incombe aux concepteurs, aux planificateurs, aux organisateurs, aux superviseurs et aux exécutants. A l’origine, cette responsabilité incombe à des groupes idéologiques. Les génocidaires profitent de la globalisation ethnisante et de l’amnistie qui leur est accordée pour imposer leur logique et ainsi, le cas échéant, achever leur mission sans nom. 

            Le peuple burundais a suffisamment souffert. Il ne pas encore se laisser leurrer par des gens sans foi ni loi. 

            Nous, étudiants rescapés de ce génocide et tous les étudiants déterminés à lutter contre le génocide, ne comprenons absolument pas la tendance marquée des différents partis politiques et du gouvernement  à bafouer les règles les plus élémentaires de la morale universelle. Nous assistons aujourd’hui à l’immunisation et à la libération des génocidaires que la Justice Nationale avait condamnés. Cette immunisation et ces libérations s’effectuent sans raisons plausibles ni procédures moralement acceptables : c’est comme si l’on décrétait que leurs victimes étaient les vrais coupables. 

            Nous sommes rescapés du génocide que ces hommes ont perpétré. Nous ne portons pas des accusations gratuites car des preuves et des témoignages ont été fournis et le sont encore jusque maintenant.

Les immuniser contre toute poursuite, avec les crimes qu’ils ont commis publiquement ou les libérer ainsi gratuitement,

-   c’est aller contre les aspirations de toute conscience encore saine,

-   c’est une injure envers les nombreux burundais qui ont gardé les mains propres,

-   c’est disqualifier la Justice Nationale,

-   c’est se moquer de la morale universelle,

-   c’est profaner la mémoire des victimes du génocide,

-   c’est condamner les rescapés du génocide,

-   c’est pousser la jeunesse burundais au désespoir,

-   c’est compromettre l’avenir de la Nation burundaise. 

Cette politique n’a aucune issue positive. Le salut de la Patrie est mis en cause. Cette politique qui donne raison aux génocidaires, leur augmente la force en les établissant au pouvoir, ne peut que déclencher un nouveau génocide. Car, non seulement ils sont légitimés, mais ils sont dispensés de la moindre contrition pour les crimes passés, présents et à venir. 

      La jeunesse burundaise et estudiantine en particulier voit tout cela et même plus. Nous avons tenu à l’exprimer et à annoncer qu’elle est déterminée à suivre de près la situation du pays ; parce qu’elle observe avec inquiétude la préparation d’une nouvelle flambée génocidaire et parce qu’elle porte l’avenir de la patrie sur ses épaules. 

      La jeunesse burundaise et estudiantine en particulier ne peut et ne pourra jamais suivre cette voie et fera tout pour attirer l’attention du public encore sain de cœur et d’esprit sur les conséquences néfastes de la politique d’ARUSHA, et sur le génocide généralisé qui pointe à l’horizon. 

      Nous appelons le gouvernement et les autres acteurs politiques de ne pas chercher à mettre les génocidaires au-dessus des lois nationales et internationales pour les protéger. Nous combattrons cette politique et ses leaders seront appelés, dans un avenir proche, à répondre devant la Nation et le monde entier de cette sympathie vis-à-vis des génocidaires, si ce n’est pas de la complicité. 

      Nous interpellons les forces vives de la Nation, conscientes de la dérive de la Nation et aspirant à un avenir meilleur, de se lever, de se rassembler, de se concerter et de constituer une barrière contre ces personnes et ces institutions qui veulent cautionner le génocide. Haussons le ton contre la martyrisation de notre pays par le diktat d’ARUSHA, menons des actions de refus total contre toutes les formes institutionnelles qui en découleront. 

      Cette situation requiert du sang-froid mais aussi de la vigilance et de la mobilisation. Soyez sereins et déterminés. 

Ensemble nous vaincrons.

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