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| lundi 23 juillet
2001, 18h36
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Tentative de putsch à Bujumbura, Mandela impose Buyoya pour la transitionARUSHA (Tanzanie), 23 juil (AFP) - Le président burundais Pierre Buyoya, dont l'armée a déjoué dans la nuit une tentative de coup d'Etat, a été imposé lundi à Arusha (Tanzanie) à la tête de la première moitié d'une période de transition au Burundi par Nelson Mandela et des chefs d'Etat d'Afrique de l'Est. M. Buyoya a signé en fin d'après-midi un document l'intronisant président d'un gouvernement de transition à mettre en place avant le 1er novembre, mais contenant aussi des conditions, dont celle de quitter ensuite le pouvoir, ont confirmé des membres de l'équipe de médiation de l'ex-président sud-africain. Ont également signé le document le futur vice-président de la première phase de transition, Domitien Ndayizeye, secrétaire-général du principal parti hutu, le FRODEBU (Front pour la Démocratie au Burundi) et le président ougandais Yoweri Museveni, qui préside les sommets régionaux sur le Burundi, au nom de 14 chefs d'Etat africains invités. Seuls quatre (Burundi, Ouganda, Kenya et Tanzanie) avaient fait le déplacement lundi. Le président burundais, radieux, a annoncé que le gouvernement de transition serait installé avant le 1er novembre. Il a assuré que la situation à Bujumbura était "totalement sous contrôle" après la tentative de coup d'Etat de la nuit précédente. "Un groupe de mutins militaires qui prennent à la légère la question de la paix a essayé encore une fois d'arrêter par la force le processus de paix qui avançait", avait annoncé lundi matin le ministre de la Défense, le général major Cyrille Ndayirukiye. Au moins deux militaires ont été tués et un officier, le lieutenant-colonel Fabien Ndagijimana commandant du district de Bujumbura, a été blessé lors d'affrontements qui se sont déroulés entre 01H00 du matin locale (23H00 GMT) et 05H00, a indiqué lundi à l'AFP une source militaire. Lundi soir, la situation était calme dans la capitale burundaise. Après avoir échoué à libérer de la prison de Bujumbura les auteurs d'une autre tentative de coup d'Etat en avril, quelques 200 militaires ont quitté Bujumbura en emmenant en otage quatre officiers supérieurs burundais. Lundi après-midi, le groupe, composé d'éléments du bataillon 101 de l'armée burundaise, d'élèves officiers de l'Institut supérieur des cadres militaires (ISCAM - école d'officiers) et d'étudiants effectuant leur service militaire, était à 170 km au nord-est de Bujumbura, dans un convoi composé d'une trentaine de véhicules. M. Buyoya restera, sauf coup de théâtre, à la présidence du pays pour les 18 premiers mois de la période de transition prévue par l'accord de paix signé à Arusha le 28 août 2000 par le gouvernement, le parlement, sept partis hutus et dix tutsis. Il sera accompagné d'un vice-président hutu. Pour la seconde moitié, M. Buyoya s'est engagé à céder la place à un président hutu, la vice-présidence revenant à un Tutsi, et à renoncer au pouvoir à l'issue de la transition. Cependant MM. Museveni et Buyoya ont reconnu que tous les partis politiques signataires de l'accord de paix n'avaient pas encore paraphé le document intronisant M. Buyoya. A l'ouverture du sommet, sur les 19 signataires de l'accord de paix, au moins deux partis hutus et six tutsis radicaux clamaient leur rejet de M. Buyoya, et la position de deux ou trois autres n'était pas clairement exprimée. Les deux principaux groupes armés de la rébellion hutue, les Forces pour la Défense de la Démocratie (FDD) et les Forces Nationales de Libération (FNL), n'ont pas signé l'accord d'Arusha. La solution du maintien de M. Buyoya, annoncé publiquement le 10 juillet à Pretoria par M. Mandela comme une décision unanime des parties burundaises, avait été obtenue en fait sans l'accord de la majorité des partis politiques, qui ont ensuite contredit le médiateur. A Arusha lundi, ce dernier a finalement "imposé" sa décision soutenue par les chefs d'Etat de la région, à une majorité de la classe politique burundaise réfractaire, ont confirmé plusieurs participants au sommet et observateurs indépendants. "Mandela nous impose Buyoya, nous allons continuer de refuser et nous allons lancer un Mouvement de Résistance National (MNR)", a déclaré à l'AFP Joseph Nzeyimana, coordinateur d'une coalition de cinq petits partis tutsis radicaux. gir-br/kp |
