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Prétoria envoie 700 militaires au Burundi pour assurer la transition
PRETORIA, 26 oct (AFP) - L'Afrique du Sud va
dépêcher au Burundi quelques 700 militaires d'ici une semaine pour la force de protection des politiciens
hutus de retour d'exil, afin d'aider à respecter la date-butoir du 1er novembre pour la mise en place des institutions
de transition.
Le chef de l'armée sud-africaine, le général Siphiwe Nyanda, a indiqué à la
presse à Pretoria qu'un contingent de 240 hommes partira dimanche pour Bujumbura, un second de 240 mardi 30 octobre, et un troisième de 221
hommes le jeudi 1er novembre. Le corps sera commandé par le général Steven Kobe, sous responsabilité sud-africaine.
Le contingent sud-africain, a indiqué le général Nyanda, "doit faire partie d'une
force multinationale comprenant des militaires du Nigeria, du Sénégal et du
Ghana", trois pays qui s'étaient proposés pour contribuer à la force de protection.
Le général n'a toutefois pu préciser quand les troupes sénégalaises, ghanéennes et nigérianes
seraient déployées, sauf à dire que les Nigérians "ne
devraient pas être là avant le 1er décembre".
Les Sud-Africains, dont la durée de la mission n'a pas été spécifiée, seront
déployés sur la capitale Bujumbura. Ils comprendront du personnel du quartier-général sud-africain, des spécialistes de protection de personnalités, des logisticiens et
des blindés légers de transport de troupes.
Le général a expliqué que le déploiement de troupes par Pretoria, qui attendait un aval de l'ONU,
fait suite "à une approbation donnée par les Nations unies mardi". Même s'il n'y a, à ce jour, "pas de
mandat à proprement parler" sous la forme d'une résolution du Conseil de sécurité, a-t-il reconnu.
La Belgique, l'Union européenne et les Etats-Unis contribueront au financement de la mission.
Aux termes de l'accord de paix inter-burundais d'Arusha (Tanzanie) d'août 2000 et d'un accord en
juillet entre la quasi-totalité des signataires d'Arusha,
un gouvernement de transition doit être mis en place le 1er novembre au Burundi, partageant équitablement
le pouvoir entre ethnies hutue et tutsie.
Une force de protection pour environ 150 politiciens hutus de retour d'exil était prévue dans
le cadre de cette transition.
L'annonce du déploiement effectif a été scellé par la signature, vendredi matin à Pretoria, d'un
accord entre le ministre de la Défense Mosiuoa Lekota et son homologue du Burundi, Cyrille Ndayirukiye.
Il s'inscrit dans un forcing de l'équipe de médiation de Nelson Mandela, appuyé par le
gouvernement sud-africain, pour honorer la date du 1er novembre en dépit du refus de la participation au
processus de certains partis tutsis et du retard dans l'adoption d'une Constitution de transition.
Evoquant d'éventuelle difficultés sur le terrain pour le contingent sud-africain, Siphiwe Nyanda a
déclaré : "Nous n'envisageons pas que nos hommes se retrouvent dans un affrontement, mais il y a des dispositions pour répondre à toute situation
d'urgence".
M. Mandela doit se rendre à Bujumbura le 1er novembre au matin pour assister à la mise en place du pouvoir de transition, qui doit voir l'actuel
président tutsi, Pierre Buyoya, demeurer chef de l'Etat pour 18 mois avec un vice-président
hutu, avant de céder la place à un président hutu.
La guerre civile au Burundi oppose depuis 1993 le pouvoir et l'armée, dominés par la minorité tutsie, à
la rébellion hutue. L'accord d'août 2000 n'a jamais pu être appliqué, les rebelles hutus l'ayant rejeté et poursuivant leur lutte armée.
