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Burundi : bière et télé pour soldats sud-africains désoeuvrés
BUJUMBURA, 31 oct (AFP) - Les uns sont affalés dans des fauteuils en plastique sur les balcons de leur hôtel de Bujumbura, les autres sirotent bière sur bière au bar ou se prélassent devant la télé. Quatre soldats sud-africains seulement ne chôment pas : ils assurent la protection d'un homme politique burundais.
Arrivés en deux contingents dimanche et mardi, les 480 militaires du "Détachement sud-africain de Protection et de Soutien" au processus de paix au Burundi sont désoeuvrés, à la veille de la mise en place du gouvernement de transition, qui partagera plus équitablement le pouvoir entre Hutus et Tutsis.
Désoeuvrés, et pour cause: un seul homme politique a requis les services de cette force, approuvée par l'ONU et chargée de la protection des personnalités revenues d'exil pour participer à la transition.
Un soldat est affecté à la sécurité rapprochée de Jean Minani, président du principal parti hutu, le FRODEBU, rentré dimanche de cinq années d'exil. Les trois autres, à celle de sa résidence, explique le général Steven Kobe, qui commande le détachement.
Le reste du contingent est consigné temporairement dans un hôtel du centre ville, en attendant l'installation de leur camp de base à proximité.
Selon l'équipe du médiateur, Nelson Mandela, Bujumbura attendait 150 personnalités politiques de retour d'exil, pour la quasi-totalité des Hutus.
Selon le colonel burundais Célestin Ndayisaba, chef du bureau de coordination entre l'armée nationale et le détachement sud-africain, une dizaine de personnes seulement sont rentrées, et toutes ne justifient pas nécessairement d'une protection.
Les Sud-africains attendent encore un renfort dimanche, pour atteindre un effectif de 700 hommes et femmes. Mais pour protéger qui?
"La mise en place du gouvernement de transition jeudi devrait susciter des retours", pronostique le colonel Ndayisaba.
La présence de ces militaires, Noirs et Blancs, qui déambulent près de l'hôtel en treillis de combat, fusil mitrailleur en bandoulière, n'est pas du goût de tout le monde. Des Tutsis en particulier, dont certains dirigeants radicaux accusent les Sud-africains d'être venus soutenir le régime du président Pierre Buyoya, qu'ils honnissent pour cette transition ramenant les Hutus aux affaires.
L'un d'eux a appelé dimanche la population à "combattre", y compris physiquement, ce qu'il appelle une "armée étrangère d'invasion".
"Si nous avions voulu envahir le Burundi, nous serions venus avec des forces plus conséquentes et des moyens aériens", ironise le général à la retraite Andrew Masondo, membre de l'équipe de médiation.
"Nous sommes ici pour aider le peuple burundais", ajoute-t-il. Mais il avertit: "si quelqu'un nous attaque, il doit savoir que nous nous défendrons".
La présence de ces soldats n'est pas perdue pour tout le monde. Dimanche, deux bus complets de jeunes femmes ont traversé la frontière du Rwanda pour venir les "accueillir", indique un officier burundais.
