LA CRISE AU SEIN DU
BUREAU DE L'ASSEMBLEE
NATIONALE : LA VERITE
I . HISTORIQUE
L'Assemblée nationale
de Transition est issue du partenariat et est gérée par l'Acte
Constitutionnel de Transition du 6 Juin 1998 qui a abrogé la Constitution
de 1992.
L'actuel bureau de l'Assemblée
Nationale est composé de cinq membres dont trois sont issus du Parti
FRODEBU, un de l'UPRONA et un de la Société civile.
Dès leur entrée
en fonction en Septembre 1998, les cinq membres du Bureau se sont convenus
de travailler collégialement et dans la transparence la plus totale.
Contrairement aux habitudes
d'avant Septembre 1998, nous avons décidé que tout recrutement
se fera par appel d'offre et par concours comme cela se passe ailleurs.
Ainsi les recrutements
des Conseillers au Département Législatif ont été
organisés par le CPF, ceux des consultants payés par l'Union
Interparlementaire par une commission de l'Assemblée Nationale présidée
par le Secrétaire Général,Monsieur NSABUWANKA Stany.
Cependant d'autres recrutements
ont continué à s'opérer dans le noir, surtout au niveau
de l'Administration sans que certains membres du Bureau y comprennent quelque
chose.
En général,
le Président de l'Assemblée Nationale est revenu souvent
sur cette transparence qui honorait une institution comme l'Assemblée
Nationale qui doit être le porte flambeau de l'intégrité
et de la justice envers le peuple qui l'a mandaté et au nom duquel
elle existe.
Ce principe a été
respecté jusqu'au mois de Février 2000, où le Secrétaire
Général de l'Assemblée a tenté de recruter
une consultante sans que cela passe par les procédures convenues
à savoir: la mise en compétition des candidats et le choix
du meilleur après examen par des professionnels.
A ce moment, le Bureau
de l'Assemblée Nationale, présidé par l'Honorable
Léonce NGENDAKUMANA, dans une de ses séances a donné
les directives à suivre:
- lancer un appel d'offre
à travers les médias publics
- organiser la présélection
- organiser un examen transparent
pour départager les éventuels candidats retenus.
Après beaucoup d'hésitations,
le Secrétaire Général qui ouvre rarement la bouche
dans les réunions du Bureau a accepté la procédure
qui n'était pas du reste nouvelle.
L'appel d'offre et la présélection
ont été faits conformément à la décision
du Bureau. Une commission ad hoc a été mise sur pied et a
retenu deux personnes.
Un homme et une femme.
Dans la suite, le Secrétaire
Général a décidé de faire de ce recrutement
une affaire personnelle.
1.- Pensant que la commission
ad hoc pourrait le géner dans son plan, il l'a dissoute, en tout
cas il ne l'a plus concerté.
Resté seul, il a
convoqué les deux candidats.
Après avoir pris
à témoin le nouveau Directeur Général, il a
similé une interview qui n'était pas prévue dans les
procédures convenues au Bureau.
Et tout cela à l'insu
des autres membres du Bureau, sauf peut-être le Président
mais qui officiellement a toujours nié d'être au courant de
ce que faisait le Secrétaire Général NSABUWANKA Stany.
L'interview a consisté
en deux questions: "Combien touchez-vousaujourd'hui? Accepterez-vous de
toucher moins après la consultance?"
Tout le monde a répondu:
"On verra."
2.Avertis de ces manœuvres
qui discréditent l'Assemblée Nationale, le Bureau par le
canal de son Président, l'Honorable Léonce NGENDAKUMANA a
refusé cette procédure et a réitéré
sa décision de départager les deux candidats par un examen
organisé par des spécialistes de la bibliothéconomie.
Le Bureau a suggéré
le CPF ou l'Université.
Dans la suite, le Secrétaire
Général a informé le Bureau qu'il acontacté
le Ministre de l'Education Nationale pour qu'il lui trouve des examinateurs
dans son Ministère. LeBureau n'a jamais été informé
de la suite réservée par le Ministre.
3.Au mois d'Avril 2000,
le Secrétaire Général nous apprend au Bureau que l'Union
Interparlementaire lui a demandé les C.V des deux candidats.
Nous saurons dans la suite,
grâce à une correspondance de l'Union Interparlementaire,
que la suggestion de faire recruter son candidat par l'Union Interparlementaire
émanait de lui.
A cette procédure,
le Bureau de l'Assemblée Nationale en tête son Président
l'Honorable Léonce NGENDAKUMANAa opposé son non catégorique
et demanda de suivre les recommandations déjà faites sur
ce cas.
Dans la convention signée
avec l'Union Interparlementaire, il n'est dit nulle part que c'est elle
qui nous impose des candidats. Elle nousa laissés libres. C'est
une question de souverainété, de respect des Institutions
et de la confiance dans la capacité des partenaires.
En cette date du 24 Avril
2000, le Bureauaprès avoir entendu cette tentative qui le déshonore
a été plus que jamais clair: "Sur le recrutement d'un expert
national en Bibliothéconomie: les membres du Bureau on fait remarquer
qu'ils avaient suffisamment échangé sur cette question et
que par conséquent les recommandations formulées doivent
être exécutées scrupuleusement c'est-à-dire
faire passer un examen et retenir le meilleur candidat
(C'est moi qui souligne)
- compte rendu de la réunion du Bureau du 24.04.2000 p.2.
4.Fin Avril 2000, le Secrétaire
Général va en mission à Amman en Jordanie où
il avait fait annuler la participation de ses deux collègues burundais
qui sont pourtant titulaires parce qu'ils ont été nommés
par la Conférence Générale sur proposition du Président
de l'Assemblée Nationale lui-même.
Malgré cela, les
Honorables BARUSASIYEKO Pierre et Jeanne d'Arc ont fini par siéger.
Mais c'est une autre affaire.
Une semaine après
son retour d'Amman, le Secrétaire Général, NSABUWANKA
Stany défie alors le Bureau en signant le contrat avec un des candidats
à savoir Madame NAHAYO Claudine à l'insu de tous les autres
membres du Bureau y compris le Président qui nous aavoué
"avoir été surpris".
Le contrat signé
le 15 Mai 2000 ne nous sera connu que le 18 mai au soir.
Ce soir même, nous
signifions notre désapprobation au Président de l'Assemblée
Nationale qui, en vertu de l'article 4 de l'instruction intérieure
portant fonctionnement du Bureau "assure le suivi des recommandations issues
des réunions du Bureau"
Le Président est
stupéfait et promet de suspendre ce contrat et d'exiger la poursuite
des procédures convenues.
Pour lui: " Ce n'est pas
la première fois que le Secrétaire Général
fait à son guise et ce n'est pas la première fois qu'il aura
cassé une décision de ce Secrétaire Général".
A ce moment précis,
le Président de l'Assemblée Nationale me fait comprendre:
-qu'aucun membre du Bureau
fut-il lui-même ne peut faire fi à une décision du
Bureau sans s'être préalablement référé
à ce dernier.
- que défier le
Bureau est une faute grave du Secrétaire Général mais
qu'il est impossible de le punir parce qu'il est parlementaire.
Il va suggérer que
la question administrative soit désormais confiée à
un fonctionnaire.
que le Bureau devrait se
réunir très rapidement pour casser ce contrat irrégulier
et demander aux services d'organiser l'examen selon notre recommandations
du 24.04.2000.
II. LES SURPRISES
Après avoir passé
un week-end bien reposant et sûrement après beaucoup de conseils,
le Président change d'attitude et étonne:
- Désormais, il
n'est plus question d'annuler ce contrat mais de le gérer.
Le Secrétaire Général
affirme qu'il a organisé un examen pour départager les deux
candidats.
A la question de savoir
le genre d'examen qui 'il a donné, les points qu'ils ont obtenus,
où il a affiché cela, il répond sans ambages au Bureau:
"Les C.V. ont constitué l'examen".
le Secrétaire Général
dirige une réunion du Groupe Parlementaire FRODEBU aile MINANI.
Il demande le soutien et affirme que les membres du Bureau qui exigent
la transparence le font pour des raisons éthniques. Il invente même
des liens de parenté qui n'existent pas. Et le Groupe Frodebu tombe
dans le piège et sort un communiqué, le premier depuis le
début de l'année pour prendre position et diffamer les Honorables
membres du Bureau qui ne veulent que la transparence dans la gestion d'une
si haute Institution.
Ce communiqué est
désormais devant la justice pour diffamation et injures.
Les membres du Bureau ne
comprennent rien à la nouvelle attitude du Président de l'Institution
qui désormais prend sur son dos tout ce dossier dont le Secrétaire
Général est le seul responsable.
La plus grande surprise
est l'affirmation du Président selon laquelle le Secrétaire
Général a signé le contrat au nom de l'Union Interparlementaire.
Ici on ne comprend plus
rien.
Il est dit dans le cantrat
du 15 Mai: "Entre l'Assemblée Nationale de Transition, représentée
par NSABUWANKA Stany et Madame….."
Depuis quand l'Assemblée
Nationale de Transition du Burundi est confondue avec l'Union Interparlementaire?
A la fin il signe : "NSABUWANKA
Stany, Secrétaire Général. "y-a-il matière
à confusion?
Que cache ces maoeuvres
dilatoires?
Un dossier du Bureau, tout
de suite transmis chez Erler à Burundi Bureau pour amener les deux
membres du Bureau à tomber dans le piège des polémiques
et noyer le problème.
Pourquoi Burundi Bureau
est appelé au secours?
III. LES ANTECEDENTS
L'acte posé par
le Secrétaire Général de l'Assemblée n'est
pas nouveau. Le Président lui-même le sait.
Ce qui est nouveau aujourd'hui
est que le Bureau ne l'a pas laissé faire comme avant.
Quelques exemples
Sur instruction d'une réunion
de son Parti, au mois de Mars 2000, il propose le chambardement de l'Administration.
Le Président, sans consulter personne parmi ses collaborateurs du
Bureau, procède à de nouvelles nominations en violation flagrante
de l'article 3 alinéa 2 qui stipule que "toute décision qui
engage l'Assemblée Nationale de la Transition doit être prise
après consultation des autres membres du Bureau".
Pour des raisons de ne
pas casser l'Assemblée Nationale, les trois membres du Bureau ignorés
dans la prise de cette décision ont accepté de ne pas la
refuser et ont demandé que cela ne se répète plus.
En 1999, le Secrétaire
Général de l'Assemblée s'autorise à engager
les fonds de l'Assemblée Nationale et signe p.o. à la place
du Président.
Le Ministère des
Finances rejette le dossier et exige qu'il soit dûment autorisé.
Au lieu d'être puni, le Président régularise par une
lettre qui l'autorise uniquement pour ce cas.
Au niveau du Bureau, nous
demandons que cela ne se répète plus parce que ça
porte atteinte à notre Assemblée souvent qualifiée
de mauvais gestionnaire.
Mais le pire antécédent,
ce sont les faux rapports envoyés à l'Union
Interparlementaire et qui
ont discrédité notre Institution, même si ce n'est
pas dit à haute voix.
Jusqu'au mois de février
2000, le Secrétaire Général affirme dans ses rapports
que tout est décidé au sein du Comité de gestion de
ce projet.
La réalité
est que ce Comité ne s'est jamais réuni. Il décide
seul. Les membres de ce Comité peuvent témoigner. Ils ne
connaissent même pas ce rapports. Les membres du Bureau ne sont pas
non plus informés.
Nous avons dénoncé
cette façon de faire, mais il a continué à tout cacher.
Dans un rapport d'une mission
effectuée du 26 au 29 Février 2000, et nous envoyé
par Martin CHUNGONG, responsable de ce projet Union Interparlementaire
au Burundi, nous avons été surpris de lire à la p.6
que le véhicule acheté dans le cadre du projet par l'Union
Interparlementaire a servi :
"aux travaux des Commissions
Parlementaires. Par ailleurs, il a servi pour de nombreuses missions des
parlemantaires à l'intérieur du pays".
Le Secrétaire Général
a transmis un rapport d'utilisation où il affirme que ce véhicule
a effectué "une vingtaine de déplacements à l'intérieur
du pays en plus des déplacements dans Bujumbura".
Ce gros mensonge couvre
malheureusement l'Assemblée Nationale et le Bureau n'a pu savoir
cela que grâce à ce rapport de mission. Sinon comment peut-on
mentir sur des choses aussi flagrantes?
Quel parlementaire a utilisé
ce véhicule qui a été d'ailleurs gravement accidenté
dans une mission personnelle du Secrétaire Général
à l'intérieur du pays?
En envoyant ce faux rapport,
il a oublié que l'Union Interparlementaire a ses Réprésentants
sur place et que suite à la mauvaise gestion de ce véhicule,
on a bloqué l'envoi des autres véhicules promis.
Et si même ils étaient
débloqués, il seraient "remis à la délégation
qui les mettra à la disposition de l'Assemblée Nationale
sur base d'un programme d'utilisation détaillé et motivé".
Avec cela, comment peut-on
demander aux membres du Bureau de garder le silence et laisser continuer
des situations semblables.
Tous les parlementaires
devraient avoir honte de ces comportements qui déshonorent toute
l'Institution.
Beaucoup d'autres exemples
existent, le rapport de la commission du parlement nous en dira long.
L'Alibi éthnique
C'est une honte de voir
qu'à nos jours il y a des gens qui pensent qu'on peut refuser quelqu'un
à un poste parce qu'il est de telle éthnie. Et ce n'est surtout
pas à l'Assemblée Nationale qu'on peut avancer cet argument.
Un membre influent du Frodebu
Minani est entré dans un bureau de travail le 23 Mai 2000 à
10 heures et m'a dit : " Nous allons utiliser l'argument éthnique
et si vous n'acceptez pas, vous aurez toute l'Assemblée nationale
contre vous".
Je lui a répondu
que ce genre d'argument est dépassé. Toutes les éthnies
sont intellectuellement égales. C'est pourquoi aucune ne peut avoir
peur de concourir". Il m'a dit : " Nous avons peur que la dame Hutu n'échoue.
" Je lui ai répondu: "Elle réussira si elle est la meilleure.
Elle échouera si elle ne l'est pas."
Je voudrais aussi rappeler
que le partenariat qui a mis en place cette Assemblée Nationale
de Transition met en avant les critères de compétence et
de compétition. Nous devons donc faire respecter cela et non plus
nous réfugier derrière les critères dégradants
de l'éthnisme. Hutu, Tutsi ou Twa.
C'est le meilleur qui doit
gagner!
Sinon à Kigobe on
recrute toutes les éthnies. Peut-être ce qui fait mal aux
gens aujourd'hui est que le recrutement n'est plus basé sur l'éthnie
comme ça a été dans le passé. C'est un changement
qu'ils doivent accepter.
L'Assemblée Nationale
de Transition doit être comme les autres Institutions et travailler
dans la transparence.
QUE SOUHAITENT LES
MEMBRES DU BUREAU?
Que l'Institution à
laquelle ils appartiennent soit gérée dans la transparence.
Ils n'accepteront jamais d'être taxés de mauvais gestionnaires
comme dans le passé à cause d'un quelconque membre.
Que les décisions
du Bureau soient appliquées scrupuleusement et qu'aucun membre n'agisse
à sa tête impunément. Les examens doivent se faire
comme prévus
Que le Président
comprenne que les décisions doivent être collégiales
et qu'il n'existe pas de figurants au Bureau.
Par conséquent
il a l'obligation de consulter tout le monde et non le seul Secrétaire
Général de l'Assemblée;
Que l'Assemblée
Nationale soit gérée au Palais de Kigobe et non dans les
réunions du Parti Frodebu, aile Minani ou ailleurs
Que toutes les irrégularités,
en commençant par le dernier recrutement d'un agent de la Bibliothèque,
soient corrigées par les mécanismes prévus et qu'un
contrat non fraudé soit signé après une compétition
transparente.
Que le Bureau soit réellement
considéré dans son entiéreté et qu'il s'acquitte
de ses attributions constitutionnelles et réglementaires.
Que le Président
de l'Assemblée ne force plus à accepter des erreurs graves
sous le prétexte fallacieux de "gérer".
Que plus jamais, on n'utilise
les méthodes d'intimidation comme les menaces, les communiqués,
les presses étrangères comme Burundi Bureau et autres pour
contraindre les gens à ignorer les erreurs et les manquements des
uns.
Seule la concertation doit
prévaloir, le reste est futile.
Le 1er Vice-Président
de l'Assemblée Nationale de Transition
Hon. NGENZEBUHORO Frédéric.
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