
|
|
|
|


Mondialisation : Le Burundi va-t-il devenir une île ?
Par Apollinaire Ninyibuka.
Au moment où le monde est devenu un village planétaire;
Au moment où les nouvelles technologies de la communication ont révolutionné le monde entier;
Au moment un simple clic sur Internet fait visiter le monde par le Word Wide Web (WWW) ou par le courrier électronique;
Au moment où l’humanité entière se mobilise contre le racisme, les crimes contre l’humanité, le génocide, l’exclusion, le terrorisme et le SIDA;
On ne peut s’empêcher de s’interroger si le Burundi va devenir une agglomération des déchets que l’humanitéest entrain de décortiquer. Aujourd’hui, le Burundi marche sur un génocide impuni. Il est le seul Etat du monde où plus de 200.000 personnes de même ethnie peuvent être massacrées pendant moins d’une semaine sur ¾ de son territoire avec les mêmes méthodes et vouloir continuer comme si rien ne s’est passé. N’en déplaise à Aldo Ajello le représentant de l’Union Européenne qui croit que le génocide de 1993 commis au Burundi et approuvé par les enquêtes de l’O.N.U. « se trouve dans la tête de Charles MUKASI ». Non, Monsieur le Diplomate, le génocide contre les Batutsi a été commis au Burundi en 1993, nous n’en sommes pas fiers de le dire mais c’est une réalité malheureuse et incontournable. En demandant que les génocidaires soient jugés, nous savons que ce n’est pas cela qui fera ressusciter nos morts mais c’est pour éviter que les frustrations des uns et l’impunité des autres engendrent d’autres problèmes dans l’avenir. Au lieu de se cantonner sur les accords inéquitables et incomplets d’Arusha, le respectable représentant de l’Union Européenne devrait aider les Burundais à combattre les génocidaires et Dieu seul sait combien ils sont nombreux et surtout dans les rangs de ce parti qu’il protège : le FRODEBU et dans ce qu’ilappelle les « Bandes armées ».µ
Comme l’a bien dit le
chercheur Jean-Pierre Chrétien : "Le Burundi fera école pour les accords de paix sans
cessez-le-feu : en général les expériences étaient inverses (des cessez-le-feu sans
paix)". Non, le Burundi est mal parti. Avant de faire les négociations, il fallait
commencer à juger « les actes de génocide commis par les responsables du FRODEBU » en 1993, les assassins du
Président NDADAYE et par après permettre aux Hutu et aux Tutsi innocents de discuter de l'avenir de
leur pays. La forme de cette discussion pouvait être la négociation entre les
Hutu et les Tutsi ou une sorte de conférence souveraine. L’offusquation du génocide de 1993 a fait
que les négociations arrivent sur des résultats erronés et a
permis à nos politiciens d’en abuser pour leurs intérêts mesquins. On a par exemple vu que quand le G6
Tutsi s’est entendu avec le G6 Hutu pour désigner NDAYIZEYE Domitien du FRODEBU comme
Président de la République pendant les 18 premiers mois de la transition et comme
Vice-Président Monsieur BAYAGANAKANDI, le "brave" politicien représentant de l’UPRONA a contesté et a
qualifié le FRODEBU de génocidaire. Mais quand MANDELA a imposé le Président Pierre BUYOYA comme
Président de la République et comme Vice-Président le même Domitien NDAYIZEYE pendant les
18 premiers mois de la transition pour que ce dernier devienne Président pendant les 18 derniers mois de la
transition, le même "brave" représentant de l’UPRONA et conseiller du Major Buyoya a
applaudi.
Le Burundi est mal parti, disais-je, aujourd’hui c’est l’un des rares pays du monde qui est dirigé par un puchiste impopulaire, marchant sur un génocide impuni, demain il peut être le seul Etat du monde dirigé par un génocidaire. Le Burundi va donc devenir un Etat qui passera en dehors de la modernité et de la fierté des peuples. Il sera l’un des pays où le mal aura triomphé contre le bien.
Apollinaire Ninyibuka.-
