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ASADHO
B.P.16737
KINSHASA 1
R.D. Congo
Association Africaine de Défense des Droits
de l’Homme
COMMUNIQUE DE PRESSE N°007/ASADHO/2002
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MASSACRES DES POPULATIONS CIVILES ET FOSSES COMMUNES PRES DE KISANGANI |
L'Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme, Asadho, est profondément préoccupée par les informations faisant état d'attaques systématiques dirigées contre la population civile du territoire de Ubundu, au sud de Kisangani, dans la Province Orientale, par les soldats du mouvement rebelle RCD/Goma et les troupes d’occupation rwandaises.
Le caractère systématique de
ces attaques, menées sous le couvert de la
lutte contre la résistance May-May, a été confirmé par de nombreux
témoignages recueillis sur place par une mission d’enquête de l’Asadho.
D'après les témoins, une tension de plus en plus forte marque les rapport entre la population locale et les troupes rwandaises APR depuis plusieurs années. Les autochtones ont dû créer des milices d’autodéfense populaire pour « résister à l’occupation et aux abus des militaires rwandais », ont signalé les sources locales interrogées par l’Asadho.
Dans le but d’anéantir le mouvement de résistance May-May, le RCD-Goma oriente des attaques aveugles sur les localités contrôlées par ces milices, occasionnant des graves violations des droits de l’hommes, précisent les mêmes sources.
Des négociations ont été entamés au courant de l’année 2001 entre dirigeants communautaires locaux et officiers rebelles et rwandais dans le but de mettre fin aux attaques contre la population civile. C’était le cas de la série de discussions entre le notable du village de Masimango, localité sous contrôle du leader May-May nommé Koffinabo ou « Koffi » et les autorités militaires du RCD/APR basées à Ubundu et représentées par le Commandant « Frank » de l’Armée rwandaise. Le Commandant de bataillon RCD, un Congolais connu sous le nom de « Jésus », ainsi que le Commandant de Compagnie connu sous le nom de « Issa », un Rwandais, avaient pris part à ces discussions.
Mais, d'après les témoignages
recueillis par l'Asadho/Kisangani, le
RCD/APR a brusquement rompu ces négociations en lançant une attaque sur
la localité de Masimango dans la nuit du 18 au 19 Septembre 2001. Cette
attaque dirigée par le Commandant « Frank » a abouti à la capture
du chef May-May « KOFFI » qui s’est évadé quelques jours plus
tard, d’après les mêmes sources.
Depuis, le cycle de violence a été relancé de plus belle avec des dégâts énormes sur la vie des populations civiles ainsi que sur leurs biens.
Les témoins interrogés par l'Asadho ont dénoncé l’ampleur de ces dégâts en signalant l’existence, dans divers endroits du Territoire, de fosses communes recueillant des corps de civils tués lors d’affrontements successifs entre troupes RCD/APR et résistants May-May fidèles à Koffi.
Au moins cinq de ces fosses
communes ont été identifiées par l’Asadho.
Ainsi, dans la parcelle même du père de Koffi, à Masimango, plusieurs corps
ont été trouvés dans des latrines (WC), entassés très probablement par les
militaires du RCD/APR Dans la même parcelle, des corps évalués à plusieurs
dizaines ont été trouvés dans un puits d’eau.
Dans la parcelle du chef notable
Fataki, non loin d’un moulin de presse d’huile de palme, les habitants ont
trouvé, après une attaque du RCD/Goma, plusieurs corps des civils massacrés
par les militaires rebelles et leurs alliés rwandais lancés à l’assaut de
la localité de Masimango. Les corps des victimes étaient couverts de débris
de noix de palme.
A Lowe où sont basés les militaires du RCD/Goma, une autre fosse commune a
été trouvée contenant de nombreux corps de civils tués lors de combats à
Kamambi.
Au moins trois villages ont été
décimés par les militaires du R.C.D/GOMA
qui n’ont pas hésité à mettre du feu sur les maisons d’habitation civile.
Les villages concernés sont Mutabala, Banisoba et Banabio, toujours dans le
Territoire d’Ubundu.
Par ailleurs, les affrontements successifs entre APR/RCD et May-May ainsi que les expéditions militaires contre les villages de la région ont contraint des milliers d’habitants à l’état de déplacés de guerre.
L'Asadho appelle le mouvement rebelle RCD-Goma et le Rwanda en tant que puissance occupante, à s’abstenir de la logique de représailles contre des civils sans défense respectant ainsi leurs obligations en vertu des Conventions de Genève et des Accords de cessez-le-feu signés en juillet 99 à Lusaka.
L'Asadho lance également un appel pressant aux agences humanitaires pour qu’elles viennent au secours des populations en détresse.
Fait à Kinshasa le 4 mars 2002
Dave Banza Ngenda
Président
