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Les propos qui vont faire du bruit…
S ' il y en a qui reçoivent des gifles, c' est bel et bien le président Buyoya. Le Major aura apparemment du mal à se faire pardonner du coup d' Etat de juillet 1996. " Il a accepté d' être soit le président du putsch, soit un président limité dans ses pouvoirs par les gens qui ont fait le coup d' Etat." Il a déçu, dit le diplomate, gâché le plan de Nyerere : "Buyoya était l' homme sur lequel le sage tanzanien comptait pour le futur ". Et de là, l' émissaire
européen, qui a toujours défendu l' embargo au grand dam des ONGs et des
diplo-maties nationales occidentales, nous donne sa version des sanctions
: ce n' était pas pour punir Buyoya, mais pour lui donner une chance
(…)," une carte à jouer pour lui sortir du piège de l'
embargo,(…)pour qu' il prenne des distances vis-à-vis des personnes qui
l' avaient amené à la présidence par la force. " Aldo Ayello arrive plus loin, quand il attaque Buyoya sur ce qui doit rester de plus cher et de plus intime dans sa vie d' homme d' Etat : le processus de démocratisation de 1993 . "Il s' est laissé piégé dans un processus qui ne tenait pas compte de l' histoire, de la culture, de la tradition et de la composition socio-ethnique. Il crû de façon naïve qu' il allait gagner les élections, et il les a perdues. Et dès après ces élections, la situation a commencé à se déstabiliser ." Et d' ajouter que ce processus a été l' origine du désastre burundais. L' émissaire européen
explique par ailleurs que Buyoya reste à la solde d' un cabinet secret
qui dirige le pays. Au risque de tomber parfois dans un amalgame de clichés,
selon des commentaires d' un journaliste français, il parle de ses
gens ( à Buyoya), ou des gens purs et durs de l' Uprona et de
certains petits partis tutsis, ou encore une minorité qui veut s'
emparer du pouvoir et le garder … Par ailleurs, Ayello
croit savoir que le cabinet secret ne peut pas compter indéfiniment sur
le soutien de l' armée. " La guerre a changé les termes du problème.
Le prix que l' armée continue de payer est devenu trop élevé et elle a
tout intérêt à arriver à un accord. C' est pour cela qu' aujourd'hui
un dialogue est possible avec l' armée, à condition de ne pas l'
humilier." Des solutions aussi
en ce qui concerne le génocide. Ayello propose des garanties
institutionnelles " indis-pensables comme contre-partie à la minorité
tutsie qui ne pourrait garder le pouvoir militaire et politique à 100%
pour assurer sa survie." Dans sa réflexion
sur l' armée, et la transition, Aldo Ayello revient et tire encore une
fois sur Buyoya. Pour diriger la transition, " (...) on a besoin d'
un président qui soit accepté par la majorité hutue et aussi par l' armée. Dans Aldo Ayello,
cavalier de la paix , ce qui va sans doute irriter plus d' un lecteur,
c' est que l' émissaire européen parle du début à la fin des extrémistes
tutsis. Jamais à aucun moment le diplomate n' évoque directement ou
indirectement les extrémistes hutus, ceux que les Nations Unies accusent
pourtant d' avoir commis des actes de génocides en 1993 ; ceux là même
qui n' ont jamais caché leur alliance militaire et donc idéologique avec
les génocidaires rwandais Interahamwe. Un livre de toute façon intéressant, d' abord même de par les polémiques qu' il va susciter. Mais surtout car il s' agit d' une opinion relevant d' une stratégie d' un diplomate mandaté officiellement par l' Union Européenne pour faire la paix au Burundi. Aldo Ayello exerce depuis le début un poids considérable dans l' évo-lution du processus de paix inter-burundais, un processus qui aujourd' hui en arrive à son stade crucial. Si des observateurs relèvent déjà des clichés flagrants et des contradictions intellectuelles dans la position d' Ayello, tout le monde est unanime : le diplomate reste cohérent dans sa stratégie. Aldo Ayello est un vendeur de la paix, et sa diplomatie le marketing. Michel Rocard qui postface le livre rappelle par ailleurs : "L' Histoire, intellectuellement, relève plutôt de l 'ordre de la justice que de celui de la réconciliation et de la paix. Or les deux sont largement incompatibles… " En plus des gens et des questions du conflit, Aldo Ayello nous révèle indiscrètement quelques confidences de palais ou des coulisses diplomatiques, des petits faits et gestes qui ne manqueront pas de faire date dans l' histoire de la réconciliation burundaise. On apprend que Nyerere a espéré jusqu' à la dernière |
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