RUGAMBA-NET PRESS

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Appel à la lutte contre le génocide au Burundi et pour le redressement national

 

Par le Colone Janvier Baribwegure

Citoyen Burundais

La morale du loup nous dit : " Gémir, pleurer, prier, est également lâche. Fais énergiquement ta longue et lourde tâche dans la voie où le sort a voulu t'appeler, puis comme moi souffre et meurs comme moi sans parler "(A . de Vigny).

J'ai l'impression que le peuple burundais meurtri par cette longue guerre en est là. La classe d'intellectuels qui devrait mettre ses capacités dans la recherche de solutions viables pouvant redresser de façon significative notre Nation en détresse ne fait que gémir et se plaindre tout incapacité à venir à bout de la rébellion etc ; tout cela se passant dans les bistrots autour d'un verre pour noyer les soucis et partager les peines avec d'autres car "la consolation d'un damné, c'est de ne pas mourir seul "

Au lieu de concentrer toutes les énergies et capacités intellectuelles sur les agissements d'un individu, disons - nous que nous avons tout vu et qu'il faut maintenant passer aux actes. Pour cela, je propose la démarche suivante aux intellectuels déterminés à lutter pour arrêter le génocide et redresser le pays ;

1°. Dans chaque quartier de la Mairie et des Centres urbains de l'intérieur, constituer des comités de lutte contre le génocide et de redressement de la Nation. AC. GENOCIDE - CIRIMOSO et l'Accord Cadre prendrait l'initiative de les créer.

2°. Tenir des réunions de réflexion 1 ou 2 fois par semaine pendant deux heures pour faire ensemble le point de la sécurité dans les quartiers et dans le pays (tout élément, même anodin, toute rumeur sur la sécurité doivent être signalés), analyser la situation politique et économique, mettre par écrit des propositions d'amélioration de la situation dans ces 3 domaines pour les soumettre au Gouvernement et au Parlement en mettant l'accent sur l'organisation pratique de la défense civile.

3° Mettre sur pied un plan d'action pour l'opération " Mains propres " c'est-à-dire :

- Relever toute déclaration, tous écrits, faits et gestes des personnalités politiques et administratives renfermant des incitations à la haine ethnique, au génocide, à l'exclusion, ou manifestant un appui quelconque à la rébellion et les dénoncer fermement à travers les média.

- Réunir des informations au sujet des membres du Gouvernement, du Parlement et de l'administration provinciale et communale, des responsables dans la fonction publique, la justice, l'armée, relatives à leur part de responsabilité dans la conception, la préparation, l'incitation et l'exécution du génocide de 1993 à nos jours, ou l'omission de le prévenir, le dénoncer, l'arrêter et punir les coupables. Réunir également des informations sur leur part de responsabilité dans les malversations économiques et financières et dans la corruption. Constituer ainsi des dossiers pour la saisine des juridictions compétentes et exiger la démission de leurs fonctions.

- Constituer un réseau d'information et de communication entre les différents comités des quartiers de la Mairie et des Centres urbains et le Comité Directeur qui se situerait à Bujumbura et serait choisi lors d'une Assemblée Générale de ces comités. Avec le temps, ces comités devraient être étendus à toutes les communes et zones du pays. Le Comité Directeur devrait élaborer mensuellement un programme d'activités et des thèmes à soumettre aux comités de lutte, au besoin les mobiliser pour des actions de manifestations publiques. Il est plus que temps que toutes les forces positives ouvrent les yeux pour voir et qu'elles se décident à marcher tête haute contre les forces négatives quel qu'en soit le prix.

- D'ores et déjà, constituer des dossiers juridiques pour génocide et crimes de guerre à charge du CNDD-FDD, des FNL-PALIPEHUTU et du FROLINA qui continuent le génocide, tuent, volent, violent et brûlent tout à travers tout le pays. Pour cela, partout où il y a des attaques des rebelles, s'informer sur le(s) mouvement(s), le nombre des tués et des blessés (si possible avec le relevé des noms et leurs localisations), le témoignage des rebelles capturés etc. Le travail semble ardu mais il est nécessaire et serait fait par ces comités s'ils étaient créés. Dresser la liste des criminels exilés et leurs adresses exactes et les dénoncer pour être fichés.

4° Travailler sur la tenue d'un Débat national des cadres et de la société civile pour débattre de la problématique de la paix au Burundi , en mettant l'accent sur l'arrêt de la guerre, le choix d'un leadership convenable, l'abolition de l'ethnisation des institutions, la lutte contre le génocide et l'impunité. Impliquer l'armée qui doit savoir refuser des ordres qui ne sont pas légitimes et légaux.

Nous pourrions chercher l'appui de la Communauté Internationale pour sa pression et son plaidoyer auprès du Gouvernement. La C.S.A serait sensibilisée et invitée à s'impliquer, sinon lancer un appel de soutien international pour une telle conférence.

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