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Allocution du Colonel Epitace BAYAGANAKANDI, Président-Fondateur du Mouvement National de Résistance Pour la Réhabilitation du Citoyen (MRC).

(Assemblée Constituante du 25/08/2001)

 Mesdames, Messieurs, 

1.   Il y a plus de 10 mois, la majorité des parties prenantes aux négociations d’Arusha, membres du G10, lançaient un mouvement de changement politique, qui a été largement soutenu par les forces vives de notre pays. Par la suite, les différentes péripéties du processus de paix ont confirmé le caractère irréversible de ce mouvement qui a rencontré les aspirations profondes du peuple burundais. 

2.  Aujourd’hui samedi 25 août 2001, ce mouvement qui était jusqu’alors animé à travers les partis et les associations, vient de naître et de prendre forme officiellement en acquérant une personnalité propre en même temps qu’une identité. Il s’agit du Mouvement National de Résistance pour la Réhabilitation du Citoyen, le MRC RURENZANGEMERO. 

3.   L’Assemblée Constituante du Mouvement National de Résistance pour la Réhabilitation du Citoyen (MRC) vient d’adopter les statuts et d’élire les organes dirigeants. C’est donc pour moi l’occasion de remercier vivement les partis politiques, les associations et les nombreuses personnes qui viennent de me témoigner encore une fois leur confiance en me portant à la tête de ce mouvement dont je vais désormais assurer la présidence. Je voudrais ainsi proclamer haut et fort mon engagement à porter plus loin les objectifs de ce mouvement. J’ai grande conscience des enjeux du processus politique actuel. C’est pourquoi, je suis déterminé à faire de ce mouvement, une véritable force de rassemblement des citoyens qui luttent pour la souveraineté nationale, contre le génocide, l’exclusion, les divisions et les dictatures de toutes formes. Ce mouvement a l’ambition de réformer le paysage politique burundais par la réhabilitation de la vérité et de l’institution d’ubushingantahe, la cohabitation pacifique des communautés, la promotion de la Femme et la réhabilitation de la Jeunesse. 

Le MRC va se doter de tous les organes à travers tout le pays. Son organisation sera caractérisée par la concertation et la fermeté dans ses engagements. 

A ce sujet, je voudrais saisir l’occasion pour féliciter les membres du Comité Directeur qui viennent d’être élus et qui seront les véritables animateurs du mouvement sur toute l’étendue du territoire. L’engagement, le dévouement et l’esprit d’abnégation des membres du Bureau Exécutif et du Comité Directeur seront la véritable force du MRC. Je ne doute pas, de leur patriotisme et de leurs qualités de leader ; c’est pourquoi le mouvement compte beaucoup sur leur disponibilité et leurs compétences.  

Mesdames, Messieurs, 

4.  Je voudrais à ce niveau faire une mise au point pour que l’opinion comprenne bien notre option politique : Notre résistance exprime le refus de renoncer à l’espérance dans un pays, où la perte de souveraineté nationale et la menace de génocide et les exclusions de toutes sortes incitent souvent au découragement des citoyens. 

En effet, nous constatons que depuis une dizaine d’années, certains burundais notamment les jeunes générations, commencent à s’interdire toute aspiration à un idéal et à un avenir heureux. Ils sont gagnés par la résignation jusqu’à être tentés par les choix extrêmes de l’exil, de la soumission ou de la passivité. Le MRC  ne peut pas rester indifférent face à cette descente aux enfers. Il a déjà mesuré la gravité et les enjeux de cette situation. C’est pourquoi il a l’ambition de restaurer d’urgence les valeurs et les idéaux qui ont fait la fierté de la nation burundaise : l’esprit nationaliste et l’exigence patriotique.

La résistance va nous permettre de maintenir en éveil ces idéaux. En effet, Nous ne pouvons pas capituler devant les dangers de désintégration de la nation, nous ne pouvons pas non plus baisser la garde devant les perspectives d’une explosion sociale consécutive à l’impunité, aux mauvaises gestions et à une pauvreté généralisée.

Il importe donc que les choses changent, que le citoyen soit réhabilité  pour faire valoir ses droits, et que son épanouissement soit au centre de toutes les politiques gouvernementales. 

Mesdames, Messieurs, 

5.  Pour réussir sa mission, le MRC ne va pas s’enfermer dans une dénonciation stérile ou dans un militantisme béat. Il va initier un certain nombre d’actions politiques avec la volonté de fixer définitivement ce qui aura été acquis et d’en faire le tremplin de nouveaux progrès.  

En clair, le MRC se veut être un mouvement politique dont la vocation finale sera d’agir, de bâtir et de réaliser. Il entend être une force pacifique, mais politiquement solide.

6.  A ce sujet, nous voudrions indiquer que la participation dans les institutions de transition par le G6 sera fonction d’un certain nombre de conditions, lesquelles doivent respecter les principes d’équilibre et être en phase avec les objectifs de notre mouvement.  

7.  Dans tous les cas, le MRC entend, que ce soit dans le cadre des institutions ou en dehors de celles-ci, promouvoir un nouvel ordre politique susceptible de résoudre les questions fondamentales qui sont nées  de la crise burundaise. 

8.  Enfin, en cette période où les opportunismes et les manipulations risquent encore une fois de créer des confusions, je voudrais indiquer qu’un tel mouvement exige une discipline interne exemplaire, ainsi qu’un engagement à toute épreuve. Je profite de cette occasion pour lancer une campagne d’adhésion au MRC sur tout le territoire national en insistant sur cet appel à la résistance qui s’adresse à tous les patriotes de toutes les ethnies, de toutes les régions et même de tous les partis politiques. Il s’agit en réalité d’une résistance positive qui invite les burundais à un double combat : celui de la survie de la nation et des communautés ainsi que celui de la réhabilitation des droits du citoyen. Ni périr, ni trahir, voilà en gros les principes qui vont redonner l’espoir de vivre aux millions de burundais. Le Burundi a besoin de vivre pour se développer. Le MRC veut lui en donner les moyens. C’est sur ce vœu et cet appel que je clôture les cérémonies de l’Assemblée Constituante de notre mouvement. 

Je vous remercie.

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