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Brève Nouvelle n°661 Bujumbura / Bonn , 20 /07/2000
 

Burundi-Négociations
Le PRP, le RADDES et l'INKINZO haussent le ton et menacent

Après la lettre du 14 juillet adressée au Médiateur Mandela par six partis politiques ( MSP-INKINZO, ANADDE, RADDES, PRP, PIT, PSD) faisant état des "préalables à remplir avant toute signature de l'accord de paix ( cessation des massacres des populations civiles innocentes, cessation des hostilités et la reconnaissance du rapport du Conseil de Sécurité sur les événements survenus depuis le 21 octobre), trois de ces partis ont organisé une conférence de presse ce mercredi soir afin d'xpliciter leur position.

Ont présidé cette conférence de presse les présidents des partis INKINZO, PRP et RADDES, respectivement Dr Alphonse Rugambarara, Mathias Hitimana et Joseph Nzeyimana. Ces derniers ont clairement laissé entendre qu'il n'y aura pas de signature d'un accord aussi longtemps qu'il n'y aura pas de reconnaissance formelle du "génocide de 1993 perpetré contre les tutsi en 1993". " S'il y a d'autres génocides, on est d'accord qu'une enquête soit effectuée, sinon les Tutsi ne survivront pas, à moins qu'on ne les mettent dans les parcs tanzaniens" a indiqué le président du RADDES, Nzeyimana Joseph qui estime que, comme on l'a fait pour les nazis hitlériens, cela devrait s'appliquer aussi pour le Burundi.

Alphonse Rugambarara a estime que le projet de protocole d'accord n'a pas donné de réponse au génocide, mais que par contre, une réponse à l'exlusion a été donnée, ajoutant qu'il ne saurait question de créer une autre commission d'enquête puisque la précédente avait fait un bon travail.

Répondant à la question de savoir ce que ferait ces partis si leurs revendications n'étaient pas tenues en considération, Nzeyimana Joseph a indiqué que si on veut les forcer la main, " nous ferons en sorte qu' à l'intérieur cet accord ne soit jamais appliqué et nous en sommes capables, ce qui pourrait faire une guerre sans fin". " Nous avons des stratégies pour cela, nous retournerons chez-nous et nous verrons où cet accord sera appliqué" a indiqué M Nzeyimana. Sur la question, M Rugambarara a indiqué que la facilitation est responsable de cette situation, car n'ayant pas tenu compte de leurs revendications. " Les stratégies que nous allons utiliser seront de nature à faire revenir la facilitation sur ses décisions" à indiqué M Rugambarara.

A la question de savoir à qui la faute si le rapport d'enquête du Conseil de Sécurité n'a pas été retenu dans le draft du protocole, Mathias Hitimana a indiqué que la faute est à la médiation et à la facilitation. IL a aussi fait remarquer que le rapport a été sorti après le coup d'Etat de 1996 et non avant car " si on avait sorti le rapport avant le putsch, c'était poussé les militaires à précipiter le putsch. Après la consommation du putsch malgré tout, l'on s'est dit qu'on pouvait le sortir, car on n'avait pas peur d'un autre putsch". Il a jeté la responsabilité sur le pouvoir qui n'exploite pas le rapport comme il faut avant de conclure :" il faut extirper les génocidaires et les putschistes de notre société, et ces derniers n'ayant pas été mandatés, ils doivent payer eux-même les pots cassés.

Mais pour M Nzeyimana, la faute n'est pas seulement à la facilitation, mais au processus lui même càd à la méthodologie. il a indiqué que au delà des problèmes de génocide et de l'arrêt des hostilités, ils ne sont pas d'accord sur bien d'autres points. " Nous devons nous passer de l'équipe de la facilitation car elle a un parti pris, elle est partie prenante au conflit et Mandela doit le savoir" a fait savoir M Nzeyimana. " Nous ne voulons pas des miettes, et si des gens pensent venir à Bujumbura à l'issue de cet accord, nous les attendons" à menacé M Nzeyimana.

Les 3 partis ayant organisé cette conférence de presse avaient organisé à maintes reprises des journées villes mortes depuis janvier 1994, ayant abouti à l'épuration ethnique de la ville de Bujumbura. Par la terreur, Alphonse Rugambarara et Joseph Nzeyimana ont réussi à forcer leur entrée dans le gouvernement Ntaryamira-Kanyenkiko du 11.02.1994.

Ce jeudi 20.07.2000 sont annoncées des conférences de presse dont celle du major Pierre Buyoya et celle de Jean Bosco Ndayikengurukiye, chef du CNDD-FDD. [Jeudi, 20.07.2000]
 

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