RUGAMBA-NET PRESS

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LE COLONEL BAYAGANAKANDI DEMENT AVOIR ENVOYE UN MESSAGE A JACQUES CHIRAC

(26/12/200)

Par Burundi Today


Le message dont il est question se trouve être hébergé dans la queue d'un  document de 7 pages signé le 15 décembre par Alphonse RUGAMBARARA, président d'un des 6 petits partis promoteurs de la candidature du colonel à la  présidence de la transition. Il est adressé au président français Jacques  Chirac à l'occasion de la conférence des donateurs sur le Burundi à Paris le  11 décembre dernier.

Ce message a-t-il été réellement écrit de la main du colonel Bayaganakandi  ou par son conseil de régence qui mâche la besogne.

Il serait surprenant qu'un Colonel, quelles que soient ses ambitions, accepte de jouer dans la division inférieure, en laissant le soin à 6 partis marginaux, dont la bienséance publique est loin d'être le point fort, de manager son image de candidat. Ces partis avaient pour habitude de  fonctionner comme des roues de secours dans des coalitions politiques,  aujourd'hui, ils se sont offerts un Colonel.

Le document en question au lieu de vendre les qualités du colonel candidat  qui en a bien besoin, est une insulte au président Pierre Buyoya. Ce qui ne  sied pas ici comme ailleurs, à l'ethique d'un officier sénior de l'armée,  qui est de surcroît est encore en activité.

D'autre part, si réellememnt le colonel Bayaganakandi a envoyé un "message  personnel" à Jacques Chirac, pourquoi son porte-parole Alphonse Rugambarara l'a-t-il annexé dans les bas de page de son propre discours: "nous ne  saurions terminer ( c'est nous qui soulignons) sans vous faire part du  message personnel du colonel Bayaganakandi libellé en ces termes".

On se demande si ce fameux message était écrit ou oral, public ou personnel,  et pourquoi n'a-t-il ni queue ni tête. Sans introduction et sans civiltés  d'usage, il commence intempestivement ainsi: " J'en appelle à la France et à  l'ensemble de nos partenaires pour soutenir le peuple burundais dans ses  choix fondementaux.......Je veux également remercier la France pour abriter  et organiser cette conférence, décisive pour mon pays." Faut-il préciser ici  que le colonel Bayaganakandi était à Bujumbura et non à Paris en ce moment  qu'il qualifie de "décisif "pour l'avenir de son pays.

Et il continue: "les négociations d'Arusha ont durablement remodelé le  paysage politique, de nouvelles exigences sont apparues, le désir de  renouvellement politique est profond". Ici aussi, on a beau interroger le  fichier informatique, son nom est toujours classé inconnu dans la boîte de  dialogue de l'ordinateur. On ne va pas quand même pas dire que c'est le bog  de l'an 2001. Pour quelles raisons pourrait-il dès lors revendiquer, lui qui  n'y a jamais mis les pieds, "les négociations d'Arusha qui ont durablement  remodelé le paysage politique" (?) L'album photo du paysage politique  d'Arusha ignore tout de son visage. Décidemment, notre futur président n'est  jamais présent aux rendez-vous "décisifs pour l'avenir de son pays".

Le document présente en plus le Colonel Bayaganakandi comme un véritable  phénomène. Et on lui donne pour chaussures les pantoufles de Melchior  Ndadaye: "pour la première fois depuis les élections de 1993 , un homme  receuille un soutien manifeste de larges franges de la populatuion  burundaise.....c'est une chance inestimable pour notre pays."

Cela ne manque pas d'intérêt même si ça sent "le Grand Leader Bien Aimé".  Vérification faite, on découvre qu'il y a dans ce discours, de la fraude et  de l'imposture.Un beau mensonge qui vient de loin. Les milieux civils et  politiques à Bujumbura le décrivent tout simplement comme un enfant mineur,  avec pour Alphonse Rugambarara dans le rôle de la Reine-Mère. C'est vrai  qu'il prend trop d'ombre pour des ambitions qui exigent de l'envergure. On  le dit un peu taciturne d'ailleurs. Mais ceux qui le fréquentent nous ont  aussi assuré qu'il veut réellement être quelque chose. Mais on a rien encore  appris de sa propre bouche.

En parcourant le texte, 4 pages sur 6 accusent le président Buyoya d'avoir  créé le partenariat initié des négociations, fait des "compromissions". En  réalité, ils exposent en grande surface leurs propres handicaps,  caractéristiques des courants de périphérie. Ce qui ne donne pas à Jacques  Chirac ou aux autres partenaires du Burundi, une image de partenaires  potentiels, fiables et ouverts au dialogue.

Pour les 6 partis, "la mise en place d'un partenariat avec le seul Frodebu  en exluant les autres du dialogue n'a donné que de mauvais résultats sur  tous les plans." On sait pourtant que les six partis sont tous représentés  au parlement de partenariat.

On les sent aussi caresser le chantage (ou le terrorisme) politique: "les  Burundais sont parfois sages et disciplinés, ils s'exprimeront en temps  opportun et de manière appropriée". (C'est nous qui soulignons). On n'a pas  encore oublié que les six partis sont associés aux purges sanglantes et aux  pillages qui ont visé les Hutu dans les quartiers de Bujumbura entre 1994 et  1995.

On ignore aussi s'ils sont pour ou contre Arusha. Plusieurs fois, ils sont  pris en flagrant délit, brouttant l'herbe verte des terres des anti-Arusha. 

Ainsi, ils écrivent que leur candidat "reçoit tous les jours des 
manifestations de soutien, de la part des associations de la société civile,  écartée du Forum d'Arusha...." Mais ici, ils peuvent bien tenter de chasser  sur le terrain de AC-Génocide Cirimoso ou de Charles Mukasi, mais les gens  préfèreront toujours l'originale à la copie comme dirait Jean-Marie Le Pen.

Enfin, ils accusent le président Buyoya de diviser leurs partis. Le parti  Uprona et le Frodebu, parti majoritaire à l'assemblée nationale, seraient  composés d'ailleurs de pro et d'anti-Buyoya. On n'apprend pas à Jacques  Chirac qu'il existe toujours des divisions au sein des grandes familles  politiques. Va-t-on dire que c'est lui qui divise la droite française ?

Il en va autrement des petites entreprises uninominales et anonymes,  indivisibles par deux ? Les Burundais savent bien que ces partis se  ramènent à l'échelle d'un homme. Et de sa femme quelques fois. Et qui était  Ministre des Partis tout ce temps des divisions: le Colonel Epitace  Bayaganakandi ! Soyons donc sérieux.

Et comme pour ne rien cacher de leur amateurisme politique, ils reprochent à  Buyoya d'avoir diligenté une enquête lorsque furent abattus à Muzye  (Rutana), Luis Zuniga Représentant Résident de l'Unicef, et Mme Saskia,  Chargée de logistique au PAM. Les deux d'ailleurs sont qualifiés avec  légéreté dans le texte de "deux expatriés blancs". Cet attentant perpétré  par la rébellion Hutu avait failli décapiter tout le système des  Nations-Unies représenté au Burundi. Le tort ici serait de ne pas  diligenter la même enquête, chaque fois que le Fnl-Palipehutu ou le Cndd-Fdd  tuent des Burundais. Le g6 a-t-il vraiment besoin de preuves comme  l'exigeait la communauté internationale, pour être convaincu que les deux  groupes sont les auteurs des massacres qui se commettent tous les jours au  Burundi ?

Et comme pour montrer qu'ils n'évoluent pas dans le même registre, Jacques  Chirac a salué le président Buyoya, comme "un homme de dialogue, qui aspire  à offrir à son pays les conditions d'un nouvel élan." Nous venons  d'apprendre que le Colonel Bayaganakandi aurait décliné la paternité de ce  message, et le Docteur Rugambarara vient d'admettre sur les ondes de la BBC,  que c'est lui seul qui l'avait fabriqué au nom du g6. C'est encore une autre  fraude.


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