Bujumbura 4
avril 2002 (burundinet). Ce samedi, il y aura exactement huit ans que
le président Ntaryamira est mort dans le même avion que le dictateur génocidaire
rwandais, Juvénal Habyalimana. Ils rentraient d'une même mission de Dar es
Salaam, où ensembles ils avaient sollicité l'appui de leurs pairs
africains dans le démantèlement de l'armée burundaise...
Pierre Buyoya
est le dernier ouvrier de cet héritage des organisations terroristes et génocidaires.
Comme ses prédécesseurs dans cette tache, le seul reproche que Pierre
Buyoya formule contre l'armée burundaise serait qu'elle ne rassurerait pas
les Hutu qui massacrent régulièrement les Tutsi, et que cette armée
serait composée entre autres d'éléments Tutsi.
Premièrement,
cela est entièrement faux; l'armée burundaise n'est absolument pas
majoritairement Tutsi. Dans le fond, elle est même anti-tutsi, puisqu'elle
est régulièrement sollicitée pour persécuter les rescapés du génocide
que commet le G7 contre les Tutsi... Et elle est obéissante!
Sans cette armée,
Ndadaye n'aurait jamais gouverné une seule journée, Ntaryamira n'aurait
jamais pris le pouvoir, Ntibantunganya non plus, encore moins Pierre Buyoya.
Les observateurs attentifs révèlent en effet que c'est l'armée qui
reconnut la régularité des élections avant les partis politiques qui
avaient participé à ces élections.
Le chef d'Etat
Major de l'armée déclara en effet que l'armée homologuait les élections
alors que les partis qui y avaient participé accumulaient les nombreux cas
de fraude et d'irrégularité. Dans son livre Mission Possible, Pierre
Buyoya parle du "ralliement de l'armée" (Mission possible, page
97), mais nulle part il ne fait état du moindre ralliement de l'Uprona au
nouveau pouvoir; jusqu'à ce jour de 2002, les organes officiels du Parti
Uprona n'ont jamais pris acte de cette réalité de la victoire d'une
organisation raciste, terroriste et génocidaire...
Sans doute obéisseurs
jusqu'au bout, ce sont les mêmes soldats burundais qui enfermèrent les
politiciens à l'hôtel "Club des Vacances" exigeant d'eux
l'investiture inconditionnelle de Ntaryamira Cyprien comme successeur de
Ndadaye... Les mêmes soldats firent pression sur les mêmes partis
politiques pour que Ntibantunganya soit inconditionnellement leur Commandant
suprême... Plus tard, ils exigèrent le retour de Buyoya... Même le jour où
cela fut évident que plus personne ne voulait de Buyoya, même au sein de
l'armée et d'Arusha, des soldats déclarèrent au nom de l'armée que le même
pouvoir, pourtant entrain de détruire la même armée devait s'éterniser...
Comment définir
ce paradoxe? Tous ces dirigeants que l'armée s'obstine à se donner comme
commandants suprêmes ont juré la mort physique de cette armée! Ndadaye
avait fait désarmer et fait exhiber nus des soldats à Kamenge...
Ntaryamira mourut entrain de mobiliser la planète pour enterrer cette armée...
Ntibantunganya prononça son discours le plus solennel à Arusha pour exiger
des soldats étrangers pour consacrer la honte qu'il avait de cette armée
qui pourtant continuait de lui courir après...
Pierre Buyoya
marquera l'histoire du Burundi comme ayant confondu la paix avec la
destruction des obstacles au génocide dont l'armée; son gouvernement
poussa même l'insolence jusqu'à déclarer qu'il a définitivement renoncé
à la victoire militaire pour favoriser les négociations avec les
terroristes génocidaires...
Comment
comprendre que, le 26 juillet 1996, après la trahison d'Arusha par l'équipe
Ntibantunganya-Nduwayo, ce fut le porte-parole de l'armée qui monta au
premier plan pour déclarer que les déclarations du Président du
Parti Uprona, condamnant le complot de démantèlement de l'armée par le
sommet d'Arusha, étaient contraires aux véritables engagements du Parti,
comme si le Colonel Porte-parole semblait maîtriser les orientations
politiques du Parti mieux que le Représentant Légal de l'Uprona?...
Comment
comprendre que l'armée burundaise continue d'être traitée de putschiste
alors qu'elle le meilleur protecteur de ses propres détracteurs? Le monde
n'y comprend rien... Ou plutôt si. Le stratagème est simple: il faut faire
détruire l'armée par ses propres éléments; cela paraît moins suspect,
et quand il s'agira de s'en rendre compte, ce sera espère-t-on trop tard...
Pour cela on crée
la diversion. Sans cela, personne ne comprendrait comment des organisations
aussi monoethniques, terroristes et génocidaires de surcroît, que les G7
se donnent le droit de traiter de monoethnique une armée qui est tout sauf
monoethnique! Comment exiger le démantèlement d'une armée qui n'a rien de
monoethnique sans faire le moindre reproche à des organisations
monoethniques, racistes, terroristes et génocidaires? Comment déclarer que
l'armée burundaise ne rassure pas, comme si les FDD, FNL, Palipehutu, et
divers Frodebu rassuraient qui que ce soit au Burundi?...
Pierre Buyoya
lui-même qui a déclaré dans son émission fétiche, "FOCUS",
que les soldats sud-africains sont au Burundi pour protéger ceux que l'armée
burundaise ne rassure pas, serait Tutsi. Pourtant personne ne parle de
le réformer! Et pourtant, personne ne dit qu'il rassure les Tutsi... De même
qu'il ne rassure point les Barundi qui l'ont rejeté formellement, tellement
que pour bénéficier d'une prolongation transitoire de 18 mois comme Président,
il n'a plus pu que recourir aux services d'un retraité
sud-africain...
Sans cela,
personne ne comprendrait comment l'armée burundaise a réservé un accueil
très chaleureux à des soldats sud-africains venus prouver au monde que
cette armée ne rassure pas les génocidaires... A croire que l'armée
sud-africaine serait majoritairement composée de génocidaires, pour que
les génocidaires aient plus confiance dans l'armée sud-africaine alors
qu'ils détestent la seule armée grâce à laquelle ils sont au pouvoir...
Sans cela,
personne ne comprendrait comment le Ministre de la défense soit le
signataire de la "lettre d'invitation" de ces soldats
d'occupation,ni comment il ose encore déclarer publiquement que son
gouvernement serait entrain de négocier le cessez-le-feu... Pourtant la vérité
a déjà éclaté au grand jour: personne ne veut du cessez-le-feu; mais
tout le monde arushien est intéressé par la mise à mort de cette armée
grâce à laquelle le Général est membre du gouvernement... La même
armée lui rend les honneurs alors qu'il ne lui dit pas la vérité...
Car en termes de
cessez-le-feu, l'Accord d'Arusha dit explicitement ceci: "Le
cessez-le-feu, tel que défini à l'article 25 du Protocole III de l'Accord
entre en vigueur à la date de la signature de l'accord", c'est-à-dire
le 28 août 2000... De même, aux termes de l'Accord d'Arusha, cela fait
plus d'une année que les signataires d'Arusha devraient être plutôt en
campagne contre les milices terroristes et génocidaires...
Le cessez-le-feu
n'est donc qu'un alibi, personne n'en veut, tout comme le gouvernement dont
est membre le ministre de la défense ne veut pas de la victoire militaire,
puisqu'il a pris l'option de renoncer définitivement à la victoire
militaire pour mieux favoriser la négociation. Que négocie-t-on alors? La
mise à mort pure et simple de l'armée...
A moins que,
comme le gouverneur Gunungu, le ministre ignore totalement cette position
gouvernementale ainsi que cette disposition de l'accord impie d'Arusha
instituant le cessez-le-feu à la date de la signature de l'Accord
arushien...! Après le lancement des séances d'explications du même
accord, Monsieur Gunungu, gouverneur de Makamba, paria avec Zénon
Nicayenzi, contre 50.000 FBU, que cette disposition décrétant que le
cessez-le-feu devait entrer en vigueur le jour de la signature de l'accord
ne figurait pas dans le même accord d'Arusha...
Pari perdu, Zénon
justifia son nom de parfait connaisseur, car cette disposition figure en
toutes lettres dans le Protocole V, article 5, point 7, (a), du document
transmis officiellement par le gouvernement du Burundi et dont Gunungu est
le représentant gouverneur dans sa province... Malgré cela, le gouverneur
refuserait d'honorer son engagement... Il est difficile d'être un homme de
parole lorsqu'on est pro-arushien, sauf s'il soutient un accord qu'il
ignore...
Pour revenir à
l'armée, depuis deux ans, le pouvoir en place n'a même plus l'hypocrisie
de célébrer la fête de l'unification de l'armée, tellement il a honte de
cette armée... Un jour, Buyoya et les siens regretteront, trop tard
certainement, cette ingratitude qui les pousse à scier en permanence
l'arbre sur lequel ils sont pourtant assis! Il n' y a pas que l'armée qui
subit cette terrible ingratitude dans la douleur de l'humiliation. Le Peuple
Burundais qui entretient Buyoya et tous les autres dirigeants jusqu'à
satisfaire leurs besoins les plus élémentaires, ne reçoit rien en retour,
sinon que subir leurs lois de la destruction...
En attendant,
c'est plutôt grâce à la même armée que le Burundi continue d'être
gouverné par les organisations terroristes et génocidaires comme le
Frodebu. Ces organisations qui contrôlent toutes les institutions du pays
commettent le génocide et le terrorisme depuis octobre 1993 à nos jours