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L'Agence "Net Press" dans le collimateur de l'Uprona négociateur

Chers internautes visiteurs du site "Rugamba", depuis quelques jours, le parti Uprona, tendance Rukingama a entrepris une véritable campagne de diffamation contre l'agence d'informations "Net Press" qui est, selon lui, entrain de s'ériger en "un véritable médium de la haine". A vous de juger, chers internautes! Nous vous donnons à cet effet l'intégralité du "rectificatif" que M. Raphaël  Bitariho continue à envoyer à ses très nombreux correspondants, malgré sa publication in extenso (comme il l'exigeait) dans les dépêches de "Net Press" du 28 octobre 2001. Nous vous livrons aussi notre note de la rédaction.

Burundi - Parti politique.

L'Uprona, aile Rukingama, réagit à plusieurs articles récemment parus dans "Net Press".

Bujumbura, le 28 octobre 2001 (Net Press). Dans sa livraison du 23 octobre 2001, la rédaction de "Net Press" a fait état des inquiétudes dans la gestion du patrimoine de l'Uprona négociateur (dispersion des documents, location des permanences de l'Uprona, ...). Ce parti, ainsi que le concerné, M. Jean-Baptiste Manwangari, viennent de nous faire parvenir réagir leurs réactions. Le secrétaire national permanent de l'Uprona négociateur, M. Joseph Sinabwiteye, écrit : "Le parti Uprona reconnu par la loi burundaise a pris, dans le cadre des directives du comité central, un tran de mesures destinées à améliorer sa gestion. C'est ainsi que la permanence nationale Kumugumya va être progressivement réhabilitée et son occupation nationalisée. Voilà pourquoi, comme partout, on sort les meubles avant de ravaler les murs. Voila pourquoi on élague les objets inutilisables ou obsolètes et inutiles. Un travailleur qualifié est à pied d'oeuvre pour cette dernière tâche.

Le reste des propos tenus par l'auteur de cet article, (qui a choisi de cacher son identité et pour cause!) relève des insultes et de la diffamation auxquelles les détracteurs du parti Uprona, parti de l'indépendance et de l'unité nationale nous ont habitués. Nous déplorons ces comportements, gestes et de haine et de désespoir".

A propos de la permanence de l'Uprona de Buyenzi, M. Manwangari indique qu'elle fait l'objet de location depuis longtemps et que "le nouveau locataire ne devrait pas faire l'objet de plus d'attention". En outre, poursuit M. Manwangari, l'Uprona "met en location cet immeuble pour mieux le rentabiliser". Enfin, selon toujours M. Manwangari, l'occupation de ce local n'a pas faite par abus quelconque, faisant suite à une convention régulière avec l'Uprona, propriétaire de l'immeuble.

De son côté, le secrétaire national chargé de la communication de l'Uprona négociateur, M. Raphaël Bitariho, écrit, à la suite d'une publication de deux articles intitulés "Les dessous d'un débat vital révélés à Kigobe" et "La tension monte d'un cran à la veille de la mise en place des institutions de transition" : "Il apparaît que cet organe d'expression est entrain de s'ériger en un véritable médium de la haine avec toutes les conséquences dommageables qui peuvent en découler. D'entrée de jeu, Net Press affirme que les sensibilités G7 et G10 sont des "euphémismes qui cachent une misère politique qui s'exprime en termes ethniques". Ici, le lecteur croirait que le rédacteur est un citoyen bien imbu de l'unité de la nation. Plus loin, on déchante. L'auteur vire en effet à 180°.

Ainsi, l'Uprona qui est quasiment l'unique parti dont l'action est constamment fondée sur l'unité de la nation, serait aujourd'hui traversé par un courant "hutiste Monronvia des années 60" d'après les affirmations du médium en question! 

De même, dans le chef de Net Press, l'Uprona est supposée représenter les seuls Tutsi. Il déplore en effet "l'inconscience des députés tutsi qui ne font rien pour représenter leur communauté ethnique à la menace d'une dérive ethnique imminente." (sic). Et d'ajouter : "l'inquiétude est d'autant plus grande chez les Tutsi que ceux-ci se retrouvent non représentés dans les débats qui se font un peu partout (...); les 4 (députés) semblent peu préoccupés par les questions de survie des Batutsi qu'ils représentent". Ceci est une projection de mauvaise foi.

Le parti Uprona voudrait ici réaffirmer sa foi et son engagement à défendre l'unité de la nation, celle-ci ne pouvant pas exister sans celle-là; à défendre la primauté de la citoyenneté et de la nation sur l'ethnocentrisme d'où qu'il vienne. Il voudrait en conséquence porter ce qui suit à la connaissance de l'opinion :

1. L'Uprona a toujours défendu Bahutu et Batutsi épris de paix contre la violence et le terrorisme ethniques. Et beaucoup d'upronistes hutu et tutsi sont tombés sur le champ d'honneur en défendant la cause de la paix et de l'unité. Ils ont été et continuent à être des victimes du génocide.

2. Nous avons la nette impression que l'unité de l'Uprona est une source de désespoir pour les milieux politiques tribalistes qui s'expriment dans certains médias et qui ont entrepris de calomnier notre parti. Au lieu de se désespérer, les gens devraient comprendre que sans unité point de nation, et qu'en dehors de la nation point de salut. Et par conséquent fonder leur action sur le rassemblement de tous les Barundi de toutes les provenances. Ainsi, ils s'inscrivent dans l'esprit de l'Accord de Paix dont certaines dispositions qui ne sont que conjoncturelles et transitoires font dire à l'auteur des articles de Net Press (sûrement un amateur des lectures rapides et superficielles) qu'il a "instituionnalisé les quotas ethniques".

3. Il est regrettable qu'un organe de presse comme Net Press fasse de la spéculation sur des matières aussi dangereuses. Il annonce en effet "une dérive ethnique imminente" et une confrontantion "dont on ne s'est pas qui sortira vainqueur" (sic). C'est tout simplement adopter le cheminement des médias de la haine de sinistre mémoire. Et c'est plus que dangereux pour une nation dont les citoyens essayent péniblement de vaincre les démons de la division nés, entre autres, des comportements de cette nature.

4. Net Press adopte une attitude manichéenne tendant à présenter les uns comme mauvais et les autres comme bons. Attitude négativement globalisante s'il en est. A l'Uprona, nous estimons que chaque ethnie possède ses mauvais citoyens qu'il faut redresser par des mesures approriées; et de nombreux honnêtes citoyens désireux de vivre en paix.

5. En clair et n'en déplaise aux sirènes de la division, le devoir du militant de l'Uprona est de défendre les intérêts de chaque citoyen, à quelque groupe qu'il appartienne. Et dans les débats en cours à l'assemblée nationale, les députés de l'Uprona, hutu et tutsi, se battent main dans la main pour faire triompher la cause de la nation, pour faire triompher les idéaux d'unité et de réconciliation nationale".

Note de la Rédaction

La rédaction de l'Agence "Net Press" remercie M. Raphaël Bitariho, secrétaire national chargé de la communication à l'Uprona (aile Rukingama) pour ce rectificatif qu'il lui a fait parvenir, ainsi que les deux autres responsables du même parti. 

Cependant, certains éléments ont retenu l'attention de la rédaction de "Net Press" et méritent une clarification : M. Bitariho affirme que Net Press adopte "une attitude manichéenne tendant à présenter les uns comme mauvais et les autres comme bons". Il ajoute que Net Press est "en train de s'ériger en un véritable médium de la haine". 

Nous voudrions rassurer M. Bitariho et ceux qui pensent comme lui que l'Agence "Net Press" ne saurait en aucune façon s'engager dans une telle dérive et qu'une analyse suffisante du contenu des dépêches et des documents diffusés sur son site web n'ont rien à voir avec cette conclusion hâtive et gratuite de M. Bitariho. Au delà de l'information, Net Press fait plutôt la promotion du pluralisme d'idées et d'opinions si bien que des citoyens Bahutu, Batutsi, (toutes tendances confondues), étrangers et même les leaders des mouvements terroristes qui endeuillent chaque jour le Burundi, ont un espace d'expression. Il s'agit notamment de la rubrique "Agora" qui leur est réservée sur le site internet de Net Press, de même que ses dépêches quelques fois.

Quant aux concepts G7 et G10, ce n'est pas une invention de Net Press. C'est plutôt une "recette" des négociations d'Arusha et l'Agence Net Press n'y a jamais été pour influencer quoi que ce soit. C'est pourquoi dans l'esprit de l'accord de paix d'Arusha et du médiateur Mandela, les partis du G7 représentent les Hutu et ceux du G10 représentent les Tutsi. Il reste à savoir si les Batutsi se sentent réellement représentés par les Bahutu et les Batutsi de l'Uprona, aile Rukingama, comme le voudrait bien l'accord d'Arusha. Nous préférons soumettre la question aux concernés. Pour ce qui est des quotas ethniques, ce n'est pas non plus une création de Net Press puiqu'ils ont été consacrés par l'accord d'Arusha.

Quant à l'évolution actuelle du processus de paix, nous sommes d'accord avec M. Bitariho que la situation est délicate et que la presse doit jouer son rôle tout en évitant d'étouffer certaines réalités dont les gestionnaires de la transition pourraient tenir compte demain pour éviter des surprises et des explosions. L'Agence Net Press est disposée à recevoir de M. Bitariho des suggestions plutôt que de s'engager dans une polémique fébrile et inutile. 

Pour terminer, nous nous réjouissons que l'Uprona (aile Rukingama) soit "l'unique parti dont l'action est constamment fondée sur l'unité de la nation". Nous l'encourageons dans cette voie tout en souhaitant qu'il commence par reconstituer son unité perdue avec l'autre aile (Mukasi) pour prouver qu'il en fera autant pour toute la nation.

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