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Major
BUGEGENE Déo
Bujumbura, le 03/09/2001
B.P. 1362
Tél : 231952
Mob : 0925566
BUJUMBURA.
Copie
pour information à :
- Son Excellence le Président de la
République avec les assurances de ma
plus haute considération;
- Son Excellence le Premier Vice-
Président de la République avec les assurances de ma très
haute considération
à
Bujumbura.
A Monsieur le Ministre de la Défense Nationale
à
Bujumbura.
Monsieur
le Ministre,
J’ai l’honneur d’exprimer par la présente, ma profonde indignation
face aux traitements humiliants dont j’ai été victime le samedi 11 Août
2001 de 9h30 à 13h30 de la part du Lt-Col NIJENAHAGERA (Commandant Groupement
Gendarmerie) et du Major NIMENYA (Commandant 1er Bataillon
d’Intervention).
Ce jour là, je passais d’habitude prendre mon journal "Net Press"
au siège du journal situé à l’étage d’un immeuble se trouvant à la
Chaussée Prince Louis RWAGASORE, quand à la sortie de cet immeuble et sur
ordre du Commandant Groupement, trois gendarmes se sont précipités sur moi.
L’un d’eux m’a saisi par le poignet, un deuxième m’a littéralement
arraché mon "Net Press" de la main droite et ils m’ont conduit vers
les deux officiers cités plus haut qui étaient assis dans une Jeep en face de
l’entrée de l’immeuble.
En réponse à mes appels répétés pour obtenir des explications des
deux officiers, ceux-ci m’ont intimé l’ordre par deux fois en kirundi
"URIRA" sur un ton sec et brutal.
Comme je persistais à demander la raison de mon interpellation, un des
deux officiers a crié l’ordre suivant en Kirundi "MWURIZE". Pour éviter
de subir éventuellement des brutalités physiques, je me suis résigné à
monter dans la Jeep.
Face au mutisme des deux officiers, je leur ai expliqué qu’ils
commettaient une bavure s’ils voulaient m’associer à la marche-manifestation
du PARENA qui était prévue ce jour-là.
A un certain moment, l’ordre a même été donné de me faire embarquer
la camionnette dans laquelle étaient entassés d’autres personnes déjà arrêtées
alors que mon véhicule était garé à côté.
Finalement le Commandant Groupement s’est ressaisi et a résolu de me
laisser partir et c’est à ce moment que le Major NIMENYA m’a interpellé en
me disant que je n’avais pas de raison de me mettre en colère et que si cela
était le cas, je le cite " n’abandi barashobora gushavura".
Face à cette intimidation, je lui ai rétorqué que j’avais des
raisons de me fâcher et sur ce, très en colère, il cria : "n'ivyo
uvuze ?" et au gendarme qui était à côté de lui "Mutware muri
BSR" (Bureau spécial de recherche).
J’y fus conduit manu militari. J’y ai passé quatre heures pour enfin
être libéré sans la moindre explication quant à mon arrestation.
Il importe également de souligner et de déplorer l’attitude de
l'officier en l'occurence le Col. NZOBONIMPA. En effet, celui-ci qui est hiérarchiquement
supérieur aux deux officiers concernés, est passé à côté de la jeep mais
n’a pas voulu simplement demander les raisons de l’interpellation d’un
autre officier supérieur comme lui et son promotionnaire de surcroît.
Je peux aussi affirmer sans risque de me tromper que les deux hommes
savent pertinemment que je ne suis pas membre ni du PARENA ni d’aucun autre
parti. Par ailleurs, si cela était le cas, j’assumerais et je ne m’en
cacherais pas. J’ai toujours assumé mes propos et mes actes.
En conclusion, jusqu’à ce jour, je ne m’explique toujours pas les
mobiles réels de l’attitude provocante, de la volonté manifeste de
m’humilier gratuitement.
Je saisis donc cette occasion pour protester avec toutes mes énergies afin que cesse ce genre de comportement qui blesse profondément l’honneur d’un homme et à fortiori d’un officier supérieur en présence des sous-officiers et des gendarmes et qui entâche le Corps de l’Armée et de la Gendarmerie en particulier.
Major
Déo BUGEGENE.
Sé
CPI
à :
- Monsieur le Chef d’Etat-Major Général
de la Gendarmerie
- Col. NZOBONIMPA
- Lt.-Col NIJENAHAGERA
- Major NIMENYA.
