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CONFERENCE DE PRESSE PAR Dr. J.P. BARAFUTA

Maison de la Presse  9/1/2000

 

Concernant l’urgence de la mise sur pied des institutions.

L’article 5&3 chapitre II, Protocole I de l’accord de paix d’Arusha exige en mesures de politique générale : « La mise en place rapide des institutions ».

L’article 12,&1 chapitre II, stipule : « La transition prend effet...après un délai de 3 mois à compter de la date de la signature, et au plus tard 6 mois après cette date ...».

14,& 2 du même chapitre et même chapitre et même protocole stipule « Les premiers Président et Vice-Président de la République de la Période de transition sont désignés à Arusha.

Aussi, l ’article 3&1 protocole I, chapitre I sous-entend qu’il est nécessaires d’écarter des institutions nouvelles les personnes qui ont tout au long des différents régimes, plusieurs phénomènes se sont constamment produits, qui ont donné lien au conflit qui persiste jusqu’à ce jour : massacres délibérés, violence généralisée et exclusion ».

Donc, l’accord d’Arusha exhorte les personnes qui ont été à la Commande de ces régimes de se retirer des équipes qui auront à diriger la transition. Il les qualifie implicitement.

D’ailleurs certaines de ces personnes se seraient retirés d’office en signant elles-mêmes cet accord sans aucune réserve sur les paragraphes que nous venons de citer.

L’Etat est sclérosé pour deux raisons, il faut le dérouiller

A. L’Etat sclérosé.

1. Pendant près de 14 ans, les postes de responsabilités sont occupés par les mêmes personnes. La même personne occupe un poste où il doit gérer une institution vitale pour la nation pendant une plus ou moins longue période, elle dilapide ce qu’elle y trouve, --- l’incompétence se révèle trop manifeste ; le pouvoir la déplace pour un autre poste aussi juteux sinon plus que le premier, le cycle recommence et ainsi de suite. Et ce au mépris du principe universel de la circulation des élites moteurs du développement. Maintenant presque tout est à refaire, le pays est ruiné. Un petit retard dans le changement risque de précipiter la nation dans un gouffre dont il sera très difficile de l’en tirer. Les écoles publiques jadis creuset de l’intergentia rundi sont dans ressources, le système de santé est en panne ( des hangars sans médicaments). On assiste à une quasi liquidation du pays, les autorités se partagent les dividendes tant pis la populace! Demandez à combien s’élèvent les bénéfices des liquidateurs!

2. Qui pensent et gouvernent le pays ? L’image la plus nette est donnée par l’actuelle assemblée nationale; des maçons... Pour se pérenniser au pouvoir, plusieurs méthodes sont empruntées y compris le culte de la médiocrité qui a la principale qualité de ne pas déranger et de mal inspirer. N’est-il pas par mauvaise inspiration que l’autorité a proposé le principe de « Kwiyungunganya » en réponse à l’insuffisance des salaires? Proposition sujette à maintes interprétations dont la généralisation des malversations de différentes natures. N’est-ce pas par des conseils mal documentés que le génocide n’a pas été évité? D’autres catastrophes peuvent survenir à cause de la lecture inadéquate faits sociaux.

B) Il faut dérouiller l’Etat.

Si nous proposons à la nation notre candidature à la présidence de ses destinées, c’est qu’elle m’a suffisamment bien préparé pour la servir avec compétence. Notre formation est multidisciplinaire (juriste, démographe, sociologue et administrateur-manager). Il faut que nous lui rendions les fruits de ses investissements et ce en respectant les principes universels base du développement durable que nous maîtrisons.

La politique générale du pays est mal orientée il faut une boussole adéquate.

Depuis un certain temps d’aucuns se convainquent qu’il nous faut un homme accepté par la communauté internationale, chose facilement compréhensible mais porteuse de deux vices fondamentaux; d’abord celui de chercher la légitimité du pouvoir à l’extérieur hypothéquant en conséquence le principe sacré de souveraineté nationale. Le second vice est la tendance subséquente de chercher les modes de survie et de développement à l’extérieur alors que cela est impossible, donc il maintient le peuple dans l’illusion inactive.

Il faut plutôt que la politique interne porte des ressorts lanceurs de la politique extérieure et non l’inverse.

Il est urgent d’extirper du pays les mauvais germes récemment semés qui sont à la base de sa « pourriture ». Ce sont le culte du mensonge, l’ethnisme et l’ impunité.

Concernant la sécurité et la paix.

Nous avons fait le tour du pays même dans les coins les plus reculés du pays (Bubanza, Cibitoke, Bujumbura Rural, Makamba, Rutana, Rumonge, Cankunzo, Ruyigi, Muyinga, Karuzi....) et nous avons constaté que le peuple a déjà signé la paix. La guerre n’est entretenue que par de faux policiers qu’il suffit d’écarter pour que la guerre cesse dans deux mois au plus tard. Il est urgent d’instaurer la vigilance populaire et ses attributs (GASOPO : garde solidaire de la population)

Concernant l’économie du pays.

L’Etat n’offre plus aucune orientation à l’économie nationale. Le peuple est laissé à lui-même et survit vaille que vaille. Le pays se meurt et il n’y a pas de palliatif. Il faut une politique économique volontariste qui tend à stimuler et encadrer la population pour l’accroissement soutenu de la production. Une fois à la tête du pays, nous constituerons une Equipe Gemoir de Projets (EGP) qui aurait pour mission de concevoir et élaborer des projets de toutes envergures (micros, petits, moyens et grands) à soumettre aux banques pour financements sûrs. Dans le même ordre d’idées, la mission principale de nos diplomates à l’extérieur serait celle de Courtier Général cherchant les clients de nos excédents et les meilleures sources d’approvisionnement.

Concernant les candidatures qui n’ont pas été à ARUSHA

La question est souvent posée mais elle est sans fondement logique. En effet, quand le pays a délégué ses fils et filles à Arusha en négociations, c’était une mission comme tant d’autres que la nation confie à ses citoyens. Ils ne négociaient pas pour eux mais pour le peuple burundais. Maintenant que l’Accord d’Arusha est rapatrié et entériné par l’Assemblée Nationale, le peuple en a fait sien et il déléguera qui il veut pour sa mise en exécution. C’est d’ailleurs sans doute la raison pour laquelle l’accord de paix d’Arusha n’a pas expressément prévu les modalités de la mise sur pied des institutions de la Transition. C’est donc ouvert à toutes les compétences auxquelles le Burundi voudra bien confier les hautes responsabilités de la gestion de la Transition. Nous pensons que la sagesse a bien inspiré les négociateurs délégués à Arusha parce qu’ils constataient malgré tout que les vraies compétences que le Burundi a ne sont pas à Arusha.


DECLARATION N°003/BUR

Constatant que la nation burundaise a éclaté sous l’effet d’un leadership inadéquat

Constant que le tissu social du Burundi est gravement déchiré,

Constatant que l’intérêt général a été fortement miné,

Considérant l’incurie de l’administration publique par la fameuse table tournante des mêmes personnes aux postes de responsabilité,

Constant de louables des efforts parsemés partout au Burundi de redécouverte de nouvelle voie rassurante pour tous,

Constatant un besoin ardent et profondément répandu d’un nouveau leadership déterminé à remettre le pays sur le train de la paix, de la sécurité et du développement durable,

Considérant que l’adage colonial « diviser pour régner » jalousement pratiqué a entraîné un ethnisme à outrance devenu à son tour principe de gouvernement,

Constatant que certains leaders ont cherché la paix par son contraire l’impunité,

Constatant qu’il est devenu consensuel que le Burundi mérite un leadership qui n’a pas trempé dans les événements qui ont provoqué le blocage de la société et les ruptures de la nation (Accord d’Arusha, protocole I, art.3)

Considérant que le retard dans le changement des leaders à la tête des institutions risque de compromettre gravement le retour à la paix et à une coopération sincère et généreuse,

Considérant que le bien le plus cher aux Barundi en l’occurrence la souveraineté

nationale, est entrain de leur échapper et ce à cause d’un leadership mal éclairé,

Il est urgent et essentiel que les Barundi se dotent d’un nouveau leadership dans lequel ils reconnaissent tous et de nature à inspirer confiance, à susciter l’adhésion des populations peuplent le Burundi.

Il faut un leadership fortement engagé pour la cause de la paix et non pour un programme de la paix.

Docteur Jean-Paul BARAFUTA, Candidat de la majorité silencieuse à la Présidence de la République en période de transition propose à la nation son programme d’urgence en 12 points :

1. S’approprier les points consensuels et positifs de l’Accord de paix, rapatrier larecherche effective de la paix.

2. Mettre fin à la guerre et enrayer la criminalité, éradiquer l’impunité,

3. Mettre sur pied les institutions dans le respect de l’intérêt général et dans le but d’intégration nationale

4. Mettre sur pied une diplomatie nationale et responsable

5. Inventorier et promouvoir les valeurs fondamentales qui doivent guider la société (symbolise entre les valeurs culturelles nationales et les valeurs universelles).

6. Réinstaller les sinistrés intérieurs et rapatriés les réfugiés

7. Revigorer et restructurer les forces de défense et de sécurité.

8. Associer la population à sa propre auto-défense solidaire.

9. Organiser la lutte contre le génocide, l’exclusion et les divisions de toute nature par une vraie justice indépendante et impartiale.

10.Consolider la réconciliation nationale par la Commission Vérité et Réconciliation

11. Alléger la misère de la population pour un programme de relance économique vigoureux passant par la reconstruction nationale.

12. Restructurer les fonctions de l’Etat et procéder au placement par concoursrespectant l’accès égal pour tous.

 

 

 

Docteur Jean-Paul BARAFUTA Candidat à la Présidence de la République

en période de Transition (Majorité silencieuse)


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