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BURUNDINET

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Responsable : Charles MUKASI

 

LA SEMAINE QUI S'ACHEVE ...

Bujumbura 7 janvier 2002 (burundinet). La semaine qui s'achève a apporté une nouvelle preuve que le pouvoir Frodebu-Buyoya est incapable de répondre aux aspirations des citoyens autrement que par les matraques de la police municipale et le simplelaisser aller ...

Le conflit de l'Onatel s'enlise comme s'il n'y avait personne pour le régler et l'abattoire de Bujumbura ne fournit plus de viande, parce qu'il est en conflit ouvert avec les BAYANGAYANGA ...

Pendant ce temps, les Ministres ont pris leur congé annuel, comme si tout allait bien et après seulement deux mois de prestations; l'Etat leur a payé ces vacances "bien méritées", et ils en ont profité pour tourner le dos à ces conflits sociaux auxquels ils n'apportent, de toute façon, pas de réponse ...

Tenga n'a pas été libéré, puisque le Chef de l'Etat a affirmé, dans son discours de fin d'année, que les occupants de Tenga "errent" toujours sur le territoire national... Pire, leur Etat-Major contrôle les institutions. On ne peut pas, en effet, parler de libération d'un territoire sans envisager une victoire sur l'ennemi, ni la neutralisation de son Etat-Major ...

Seulement voilà, qui est ennemi de qui dans cette situation? A chacun désormais sa réponse; difficile de mobiliser un peuple qui n'a plus de leaders nationaux dans un pays où l'on n'a plus que des chefs d'ethnies autoproclamés... "Ni umugambi w'amahoro", commente-t-on partout ...

La sécurité va plutôt très mal dans le pays administré par le pouvoir Frodebu-Buyoya... Jeudi dernier, l'on a observé, vers midi, un léger mouvement de population de Kinama fuyant vers Buyenzi... Interrogées, ces personnes ont confié qu'ils craignaient une attaque sur Kinama ...

Quelques jours avant, à la sortie de la capitale, sur la Nationale 1, après la barrière douanière située juste après le rond point de sortie de la ville en allant vers Bugarama, les milices du G7 au pouvoir ont tiré sur de paisibles citoyens et ont rançonné les survivants passagers d'un minibus en partance pour Bugarama ...

Il s'agirait, semble-t-il, d'une autre forme de partage du pouvoir entre partenaires ... Il semblerait, en effet, qu'au delà de 15 h 30, il faut payer pour franchir la barrière qui se trouve à la hauteur des dernières stations de carburant avant la sortie de la ville, celle-ci est contrôlée par les gendarmes; les milices du G7 estiment qu'elles doivent également percevoir leurs taxes sur la circulation des retardataires ...

Ailleurs sur la route Bujumbura-Cibitoke, à la hauteur de la localité de Gihanga, donc à environ 15 km du centre de la capitale Bujumbura, tous les occupants d'un minibus ont complètement été dépouillés par les miliciens du G7 au pouvoir, ne gardant que leurs sous-vêtements ...

En plus du génocide qui continue, il va falloir s'habituer à d'autres fléaux ... Le vol et le trafic du bétail se poursuivent au grand jour et en toute impunité. Cette semaine, pareil vol a été commis en face des bureaux de la zone Gihosha... Alors que des troupeaux de vaches traversent le pays de part en part vers la capitale sans problèmes (il semble qu'il faut malgré tout payer une cotisation régulière pour éviter les incidents malheureux), c'est dans la capitale que le bétail se fait enlever et disparaître sans aucune forme d'explication ... Peut-être veut-on contraindre le citoyen de la mairie à payer également pour avoir le droit de circuler dans cette cité ... L'on se croirait dans Chicago et New York d'Al Capone, ou alors dans l'Italie de la mafia sicilienne ...

Pendant que l'Union Européenne présentait au monde entier sa fierté résultat de l'unité européenne, la monnaie unique et forte, le Burundi affichait le fruit de la désunion: un billet de 2.000 francs, nouveau prélude et symbole de la déchéance économique en cours. L'on n'accusera pas la pauvreté du sous-sol burundais, puisque les étrangers eux ont compris à quel point le Burundi est riche, au point d'imposer, à ce pays laissé à lui-même, les troupes militaires d'occupation sud-africaine, pour mieux contrôler l'exploitation ou la non-exploitation future de ces richesses ...

En matière de stabilisation économique, la théorie formulée en 1969, par un professuer néerlandais du nom de Trifon, est la suivante : "La valeur de la monnaie est garantie par la sagesse des gouvernements et la façon dont on gère le budget, les affaires monétaires, et non pas par les réserves d'or".

A preuve, sous l'empire du Maréchal Mobutu, une bouteille de limonade de 29 cl coûtait 1.000.000 de zaïres à Gatumba sur la frontière avec le Burundi ... Si donc la monnaie burundaise dégringole au point d'inventer le billet de 2.000 francs, en attendant celui annoncé de 10.000 francs, en attendant surtout, pour un partage bien équitable, la monnaie des Hutu et celle des Tutsi, c'est que ... Relisez la théorie ... Il y a seulement 14 ans, le dollar américain vallait 200 francs bu; aujourd'hui il vaut 1.300 FBU ...

Au cours de la même semaine, l'on a appris qu'un soldat sud-africain était retrouvé mort à Kinama (Mairie de Bujumbura) ... Avant même d'avoir su qu'il s'agissait d'un assassinat, car toute personne qui meurt à Kinama ou ailleurs, n'est pas nécessairement victime d'un meurtre, un porte-parole de la population de cette localité a tôt fait de déclarer que les gens de Kinama n'étaient pour rien dans ce meurtre ... Ce qui signifie que l'auteur de cette déclaration aurait une indication précise pour affirmer, d'abord qu'il s'agit d'un assassinat, et que l'assassin, si assassin il y a, n'est pas de Kinama ... En l'absence de toute autopsie, la presse a annoncé que la victime serait morte par strangulation ... Le cadavre aurait été retrouvé dans une maison dite abandonnée ... Qu'allait faire dans une maison abandonné celui qui a découvert le cadavre ... En plus, déposer un cadavre dans une maison abandonnée suppose une parfaite connaissance du terrain pour savoir quelle maison est occupée ou non ... Des questions auxquelles il ne faudra apporter également aucune réponse ...

Car, l'on ne connaîtra probablement jamais la vérité ... Habituellement, les plus hautes autorités du pouvoir Frodebu-Buyoya se contentent de dire à l'opinion : cela est normal, nous sommes en guerre ... Mieux ou pire, aux termes de l'accord signé par le Ministre de la défense du Burundi autorisant les troupes sud-africaines à envahir ce pays, il est interdit à l'administration et aux policiers burundais de mener des enquêtes sur ce genre d'incident. C'est l'Etat sud africain qui mène ses propres enquêtes! Même lorsqu'il s'agit d'un accident de circulation, les policiers burundais sont tenus de rester en dehors de l'affaire ... Authentique! ... Et comme le gouvernement sud-africain n'a pas de comptes à rendre au peuple burundais ... Lire le détail de cet accord sur le site burundinet dans la rubrique "La marmite" (www.geocities.com/burundinet/news/lamarmite/ ).

Cette semaine toujours, la Cour Constitutionnelle a déclaré régulière la désignation des candidats députés au parlement dit de transition ... Les observateurs se demandent s'il y a encore une constitution dont il faut garantir l'application dans un pays où des organisations non agréées, pirates, clandestines, terroristes et génocidaires transmettent officiellement, au Ministre de l'intérieur et aux magistrats de la Cour Constitutionnelle, des listes de députés, de membres de gouvernement, sans doute des sénateurs ... et que cette opération est décrite comme étant régulière ... Au Burundi la loi de référence est définitivement devenue l'absence de loi ...

Ce qui a été déclaré régulier, c'est la nomination à la représentation parlementaire des délégués des mouvements terroristes et génocidaires avérés, de Madame, les enfants, tonton, tantine, neveux, nièces, frère, soeur, divers parents proches des signataires d'Arusha de préférence ...

Comment en arrive-t-on là? C'est très simple: au détour d'une conversation, le chef d'une organisation signataire de l'accord impie d'Arusha s'adresse à son interlocuteur et lui demande s'il n'a pas envie d'être député. Le candidat surpris déclare qu'il n'appartient à aucun parti politique, et que s'il fallait être partisan ce ne serait pas au sein de cette formation; "et puis je ne saurai jamais affronter le débat parlementaire", précise le "déjà" candidat ...

"Pas de problème", réplique le recruteur! "L'essentiel n'est pas là! Il s'agit uniquement d'encaisser un demi million de francs bu chaque mois! Quant au débat parlementaire, il n'y en a pas; cela est inutile: les décisions se prennent toujours en dehors du parlement... Et en guise de débat, les décideurs envoient les uproniste amuser la galerie, KUVUGA IGIFARANSA, et il y a toujours en face d'eux d'anciens upronistes pour répondre à leurs éternels refrains: "NI KO BIMEZE; BIRAGARAGARA; NI UMUGAMBI W'AMAHORO...", ne vous en faites pas, eux ont l'habitude; ils ne s'en plaignent pas!"... O tempora, O mores ...

Enfin, Pierre Buyoya a présenté, cette semaine, ses voeux de nouvel an au peuple burundais, ce qui en reste, et aux étrangers ...

En peu de mots, les observateurs ont compris ainsi le message présidentiel: l'année qui commence sera pire que l'année qui s'achève, puisque les mêmes causes produiront nécessairement les mêmes effets ... En effet, a affirmé le Chef de l'Etat, le gouvernement fantoche poursuivra avec détermination la mise en application de la même politique qui a été incapable de restaurer la sécurité, l'économie, le droit et la morale ...

Au moment où l'Afrique disait adieu à un digne fils du continent, le Président et homme de lettres Léopold Sédar Senghor, les professeurs de littérature chercheront en vain dans le discours présidentiel burundais des modèles d'illustration en matière d'équilibre et de composition littéraires ... Depuis Bossuet jusqu'à Senghor, en passant par De Gaule, la qualité d'un discours réside dans l'harmonie entre le fonds de la pensée et la forme qui l'exprime. Il y a donc toujours, dans un discours vrai, une harmonie entre le fond et la forme, car le cerveau ne ment jamais ...

Ce 31 décembre, il y a eu, de nouveau, distorsion entre la pensée et les mots prononcés par Pierre Buyoya, notamment lorsqu'il a déclaré que si, au cours l'année 2001, le Burundi a pu faire face utilement aux perturbateurs de la paix que furent les bandes dites armées, les putschistes destabilisateurs des institutions et quelques politiciens qui ont tenté d'engager la population dans des manifestations fortuites qui ne débouchent jamais, ce fut grâce à l'action hautement louable et louée des forces de l'ordre et de sécurité ...

Comment Pierre Buyoya a-t-il alors mis en avant, dans le même discours, en guise de reconnaissance et de remerciements, l'engagement de son gouvernement à poursuivre avec détermination une politique qui désavoue, humilie et démantèle ces mêmes forces de l'ordre et de sécurité au bénéfice des bandes armées que ces forces sont pourtant félicitées d'avoir combattues? Serait-ce pour annoncer que les derniers obstacles aux perturbateurs de la paix vont être définitivement levés, ou faut-il comprendre que les rédacteurs du Président ne font plus attention aux contradictions sémantiques? ...

De même, l'on apprend, par le discours présidentiel, que "le pays est suffisamment nanti de moyens pour combattre la rébellion"! (sic). En d'autres termes, c'est ce que l'auditeur a compris, le pays est suffisamment nanti de moyens pour vaincre définitivement et militairement les milices génocidaires ...

Pour une fois, le chef de l'Etat n'aurait pas menti! C'est vrai, reconnaissent tous les observateurs, le pays est nanti de ces moyens, il lui manque uniquement un gouvernement, des institutions et une morale pour les mettre au service de la paix. Le gouvernement en place a, en effet, déclaré avoir pris l'option de renoncer définitivement à la victoire militaire pour favoriser les négociations avec les organisations terroristes et génocidaires qu'il a inutilement baptisées rebelles ...

Parce que le Burundi est gouverné par ces mêmes organisations terroristes et génocidaires comme le Frodebu. Ces organisations qui contrôlent toutes les institutions du pays commettent le génocide depuis octobre 1993 à nos jours.

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