RUGAMBA-NET PRESS

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COALITION CONTRE LA DICTATURE (CCD)
ASBL agréée par ordonnance N° 530/120 du 6 juin 1994
 
 


Déclaration du  9 Août 2000

Le Dimanche 6 Août vers 18H, s’est produit à  Nyabiraba, le lâche assassinat de 34 innocents dont 27 officiers et élèves officiers rentrant d’une compétition sportive.  Il s’agit d’un forfait parmi
beaucoup d’autres perpétrés par une « rébellion » dont les parrains siègent  dans les hautes institutions du partenariat et que le Gouvernement cajole tant et tant qu’il n’a même pas osé postposer les entretiens de Pretoria prévus avec les criminels, qui eux se payent même le luxe de poser  des préalables.

Ce que Radio France Internationale (RFI) appelle «  la plus grosse perte jamais reconnue par l’Armée burundaise », a été présenté sur les ondes de la radio nationale comme un vulgaire fait divers et après deux ou trois phrases, on est passé sans transition à autre chose … notamment la poursuite des négociations à Arusha.  Et aucune déclaration d’une haute autorité quelconque n’a été entendue.

Ce paradoxe  apparent  est très significatif de problèmes de fonds :

1° Tout se passe comme si l’Armée burundaise n’appartenait à personne, à aucun pouvoir et pour
preuve, elle négocie parallèlement au Gouvernement, comme s’il s’agissait d’une entité autonome, ce qui ne s’est vu nulle part au monde. En fait les structures génocidaires qui dominent le Gouvernement du partenariat, n’ont jamais reconnu cette Armée comme sienne et s’emploient à la démanteler après l’avoir empêché par diverses astuces de combattre à fond et l’avoir placée sur la défensive.

2° On parle ouvertement  de démobilisation d’une Armée avant  qu’elle soit battue ou que les accords soient signés, ce qui constitue déjà une démobilisation morale.

3° Cette Armée qui, malgré son patriotisme et son professionnalisme avérés, est accusée de tous les péchés d’Israël, sans que le Gouvernement  (et surtout sa diplomatie)  lève le bout du doigt pour la défendre, doit combattre sur tous les fronts et même garder les vaches.  Dans le même temps, les soi-disant rebelles se meuvent comme un poisson dans l’eau , y compris dans la capitale, protégés par des dignitaires du pouvoir, sécurisés à leur tour par la même Armée honnie.
Et quand ces criminels massacrent des innocents, on s’empresse d’affirmer qu’il faut accélérer les
négociations pour qu’ils prennent  tout le pouvoir et achèvent leur sale besogne.
Et personne ne crie « au voleur » ou « à l’assassin », pas même les spécialistes des droits de l’homme ou la Communauté internationale déifiée sous nos cieux !
Mais même les membres de la communauté  terrassée régulièrement  par le génocide, sont comme frappés d’apoplexie, anesthésiés qu’ils sont  par 34 ans de dictature obscure couronnée par le partenariat avec les génocidaires.  C’est un exploit technique, même s’il est moralement abjecte, d’avoir réussi un tel abâtardissement du citoyen burundais, hier si fier, et aujourd’hui déresponsabilisé et craignant son ombre. Nous sommes tombés tellement bas, que nous ne sommes même  plus capables de nous fâcher !

Avec une fatalité exemplaire, nous attendons le coup de grâce d’Arusha, l’aboutissement d’un processus de béatification des génocidaires et du renvoie de l’indépendance à l’expéditeur.  Ce fameux processus, marqué par la contrainte intérieure et extérieure, caractérisé par le viol des principes sacrés, nous ramène  43 ans en arrière.  En effet, le projet d’accord de la médiation qui se contente de transcrire tous les caprices du G7, pourrait se résumer, malgré son grand volume, par une seule phrase : «Recolonisez-nous, mais débarrassez-nous des Tutsi ».

Cela nous rappelle le Manifeste du Parmehutu rwandais de 1957 qui disait : "Les Belges sont nos amis, débarrassez-nous des colonialistes tutsi".
Ainsi,  d’après ce projet d’accord, le Burundi serait piloté par une autorité coloniale supra-nationale dénommée « commission d’application »  commandant  des troupes  étrangères  (pendant que notre Armée serait démantelée) et aurait une assemblée territoriale dominée par le G7 et un Gouvernement fantoche avec des pouvoirs ne dépassant pas ceux de l’équipe CIMPAYE en 1961, sous la Tutelle belge.  C’est dommage de constater que nos amis du G7 n’ont pas évolué d’un iota depuis 43 ans, et en sont encore au Manifeste du Parmehutu comme bible politique !

La Coalition Contre la Dictature (CCD), constate que le processus d’Arusha comporte en lui-même les germes de  destruction de la Nation burundaise et que le projet d’accord n’est pas une copie corrigible.  C’est toute la philosophie de base qui est mauvaise et le fait même de confier le soin de rédiger un projet d’accord à un médiateur est une aberration.   Le médiateur  facilite les débats et ce sont les parties au conflit qui concluent  leurs compromis et les coulent dans un accord.

Le Gouvernement qui s’est employé à nier le caractère ethnique du conflit, devrait admettre qu’avec la constitution des blocs ethniques G 10 et G7 à Arusha, la vérité des faits reprend ses droits.   Mais en terme de représentation ethnique ou autre, les partis politiques tels que nous les connaissons au Burundi ont très peu de crédibilité et il vaudrait mieux élire des Parlements communautaires, qui négocieraient entre eux la cohabitation pacifique des composantes de la
Nation burundaise et une paix des braves qui passe par le bannissement préalable  des structures génocidaires et l’affirmation de la souveraineté nationale.

La Coalition Contre la Dictature (CCD) présente  ses condoléances les plus émues aux Forces Armées et aux familles  des victimes et condamne  avec la dernière énergie la barbarie des terroristes – génocidaires et l’hypocrisie de tous ceux qui les soutiennent  de près ou de loin.

La CCD réaffirme sa foi dans le génie du peuple burundais qui finira par réussir un sursaut salutaire,
pour que cessent les humiliations qui lui sont imposées par l’incurie de dirigeants qui foulent aux
pieds les principes sacrés et la médiocrité d’une classe politique myope et amnésique.

La CCD réaffirme son opposition au faux processus dit de « paix » d’Arusha, sa condamnation de la banalisation du génocide, son exigence du bannissement des structures qui  l’ont planifié et exécuté et son attachement au pluralisme vrai, qui diffère comme le jour et la nuit de la dictature du nombre.
 

Vive le Burundi  !
 

 
                                                      Pour  la  Coalition  Contre  la  Dictature  (CCD)
                                                      Dr  André  BIRABUZA,
                                                      Président