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BURUNDINET
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Responsable: Charles MUKASI
 

 

ENSEIGNEMENT: LA VRAIE MANIPULATION...

 

Bujumbura 25 juin 2002 (burundinet). Les interrogations naissent à partir de Gitega, sans doute plus tôt pour les esprits plus perspicaces. Lundi dernier, Pierre Buyoya, à titre de Président du Burundi, s'envole pour imposer comme gouverneur à la population de Gitega un homme que la même population avait chassé dans la honte et le déshonneur pour s'être compromis dans les massacres des populations innocentes de BUGENDANA, il y aura six ans dans moins de trente jours.

Le Président de la République estime que c'est ce genre d'hommes qui méritent d'être placés à la tête de l'administration territoriale, tellement que le Chef de l'Etat s'est personnellement déplacé pour apporter tout son appui et exprimer toute sa sympathie et confiance en cet homme...

Mais Pierre Buyoya aurait également fait le déplacement pour lancer sa campagne contre l'enseignement et les enseignants, à partir de cette ville dont la concentration scolaire est des plus fortes. Le Président burundais attaqua avec violence et injustement les enseignants.  Injustement, car personne ne comprit les raisons de la colère présidentielle, puisque des ordonnances ministérielles que Buyoya brandit, pour accuser les enseignants, aucune n'a pour objet les questions soulevées par les enseignants en grève, c'est-à-dire en activité. Toutes réglementent les conditions d'intégration d'une catégorie spéciale d'enseignants à recruter prochainement et qui n'ont donc encore rien à voir avec les syndicats en place, car n'en étant pas encore membres...

C'est à partir de là que les observateurs commencèrent à se poser des questions. D'abord parce que Buyoya parla de cinq ordonnances signées par son gouvernement fantoche alors qu'il n'en présenta que quatre. Quelle est la cinquième?

Ensuite, les mêmes observateurs se précipitèrent pour chercher le véritable contenu de ces ordonnances devenues d'intérêt stratégique, au point que Buyoya était au bord des larmes en constatant que les enseignants ne voulaient pas d'elles...

La première ordonnance ministérielle accorde des avantages immédiats aux administratifs de l'enseignement, inspecteurs, directeurs et préfets des études. La deuxième ordonne qu'il sera ajouté trois mois de salaire, sur le budget 2003, aux enseignants qui seront recrutés au mois de septembre prochain. La troisième ordonne que ces nouvelles recrues bénéficieront automatiquement des avantages d'une ancienneté équivalente à six ans de carrière. La quatrième ordonnance traite des questions de la double vacation. La Cinquième est introuvable...

Première observation: ces décisions ne répondent nullement aux questions soulevés par les enseignants en grève; elles concernent des futurs enseignants, ceux qui seront recrutés plus tard. Les grévistes ont donc raison de dire que le gouvernement se moque d'eux...

Deuxième observation: la colère présidentielle ne semblait, néanmoins, pas  feinte de la part de Buyoya, un peu comme si quelque chose de vital avait été contrarié par la décision des enseignants de considérer ces ordonnances ministérielles comme une non réponse à leur grève. Car Buyoya a déclaré presque les larmes aux yeux qu'en refusant de tenir en considération ces ordonnances, les enseignants tombaient sous la manipulation des anti-Arushien. Sur le moment, personne ne comprit quel pouvait être le lien entre cette grève des enseignants et le processus arushien...

En termes de manipulation, voici ce qui pourrait être réellement en jeu et qui aurait justifié la colère présidentielle, celle d'un pouvoir qui a pensé avoir été démasqué (YICUZE AMABINGA...). Les trois mois de salaire dont il est question concerneraient le salaire du premier trimestre de l'année scolaire 2002-2003 pour les prochaines recrues; il sera répercuté sur le budget annuel 2003. Jusque là, rien d'anormal.

En septembre 2002, Buyoya annonce donc qu'il opèrera un recrutement important, spécial au point de faire l'objet d'une ordonnance ministérielle particulière, contrairement aux recrutements ordinaires. Probablement que les nouvelles recrues remplaceront une partie des grévistes accusés sans raison d'être anti-Arusha. Quelles devraient être ces recrues: ceux qu'on appelle les "assaillants", ceux qui ont commis le génocide et que le Frodebu a structuré en milices génocidaires appelées aujourd'hui rébellion, selon la Ligue ITEKA. Ce programme serait à l'ordre du jour du marchandage arushien...

Souvenez-vous: le 23 février 1996, le Président de la Ligue des droits de l'homme ITEKA lance un appel public pour une "ACTION URGENTE SUR LES MILICES ET BANDES ARMEES BURUNDAISES". La première partie du document est consacrée à "La milice INTAGOHEKA ou FDD (Forces pour la Défense de la Démocratie) du CNDD (Conseil National pour la Défense de la Démocratie". La description est sans équivoque: "La milice INTAGOHEKA est notamment une structuration des éléments qui ont organisé, encouragé et/ou exécuté le génocide contre les Tutsi, au mois d'octobre 1993... Les milices INTAGOHEKA sont surtout implantées dans les zones purifiées ethniquement en octobre 93."

Quatre mois plus tard, l'ONU publie le rapport de la commission internationale d'enquête établissant que "les éléments de preuve dont elle dispose suffisent à établir que des actes de génocide ont été perpétrés au Burundi contre la minorité Tutsie le 21 octobre 1993 et les jours suivants à l'instigation et avec la participation de certains militants et responsables hutus du Frodebu, y compris au niveau des communes". § 483

"La Commission considère que les éléments de preuve indirecte dont elle dispose l'autorisent à conclure que certains membres haut placés du Frodebu avaient planifié à l'avance une riposte face à l'éventualité bien réelle d'un coup d'Etat de l'armée, que cette riposte consistait notamment à barrer les routes et à armer les Hutus, à prendre en otages des hommes et des jeunes hommes tutsis et que ce plan avait été connu d'avance de certains membres locaux du Frodebu occupant des postes de responsabilité, y compris au niveau des communes". § 485

Qui furent les encadreurs génocidaires sur terrain, "y compris au niveau des communes"? Essentiellement des enseignants et des agronomes; de même que les leaders génocidaires de l'administration Frodebu étaient d'anciens propagandistes du Frodebu, enseignants ou agronomes.

Quant aux six ans d'ancienneté dont fait état l'ordonnance, elles correspondraient à l'évolution d'une carrière normale dans la fonction publique depuis la création de ces milices en novembre 1993 à l'hôtel Club des Vacances sous la direction de NTIBANTUNGANYA. Les FDD seront officialisées le 1er juillet 1994...

Normalement, tous les trois ans, un bon fonctionnaire monte de grade. L'année prochaine devrait alors intervenir une nouvelle régularisation pour parfaire les 9 ans de carrière passées au services des milices génocidaires Frodebu depuis 1993. A moins que les six ans d'ancienneté ne soient calculés à partir du 25 juillet 1996, date du retour de Buyoya au pouvoir, il y aura six ans, dans trente jours...

Le pouvoir en place profiterait alors de la grève des enseignants pour chasser les indésirables et réintégrer les terroristes génocidaires qui continueraient ainsi à vivre aux dépens du contribuable burundais. Les primes et augmentations accordées aux administratifs, directeurs des écoles et préfets des études sont un appel à participer à la répression contre les grévistes devenus candidats à la démobilisation scolaire pour faire la place aux "anciens Barundi qui rentrent", selon l'statement utilisée par le pouvoir dans un document de réforme de la magistrature...

Séduits par ces primes et diverses augmentations salariales, les inspecteurs, directeurs et préfets devraient participer à cette entreprise arushienne, à la manière de ces généraux et divers colonels, responsables des partis politiques, ministres et autres cadres qui pour une poignée de dollars n'ont pas hésité à trahir et détruire leurs divers corps et associations, afin de rendre plus opérationnelle l'institutionnalisation du racisme, du terrorisme, du génocide et de l'impunité...

Voilà pourquoi Pierre Buyoya aurait rapproché le rejet des ordonnances de son ministre de l'éducation du rejet d'Arusha... Ces ordonnances n'étaient pas une réponse aux questions posées par les enseignants, mais une applications des tractations arushiennes...

C'est ce genre de manipulation qui a prévalu au sein de l'armée où des comploteurs ont fait assassiner un Chef d'Etat et d'autres hauts responsables sans jamais apparaître ni prendre le pouvoir... A la suite de cet acte manqué, l'armée est montrée du doigt, et ce sont les responsables administratifs de la même armée qui sont utilisés pour organiser son démantèlement, au grand bonheur des terroristes et génocidaires...

A la suite d'une autre manipulation, le gouvernement fantoche vient ainsi de chasser définitivement de l'armée les candidats officiers de l'ISCAM attirés dans le faux putsch de NTAKARUTIMANA et ceux également attirés dans l'autre traquenard de l'également faux putsch intervenu plus tard, sans que les enquêtes révèlent réellement les véritables dessous de ces affaires qui ont malgré tout fait rêver plus d'un... Ainsi quatre promotions de l'ISCAM sont démantelées, c'est-à-dire les candidats officiers pour le commandement de l'armée burundaise pendant plus de trente ans, pour le bonheur des terroristes génocidaires...

Mais souvenez-vous également: ce sont les opérateurs économiques qui ont soutenu contre toute logique l'immoralité d'Arusha; à l'époque, ils se prénommaient société civile. Aujourd'hui l'économie est mise à plat et ce sont eux les premières victimes qui auront contribué à tuer leur propre économie en la soumettant aux caprices des génocidaires dont le programme est pourtant connu: détruire le pouvoir économique...

Ailleurs, le G10 a contribué à sa propre mort. A Arusha, le G10 a signé pour légitimer les organisations terroristes et génocidaires. Hier, le G10 accusait les élections coupables d'avoir promu au pouvoir les organisations terroristes et génocidaires comme le Frodebu, le RPB, le PL, le PP... Aujourd'hui, ces organisations dominent les institutions promues par la signature en âme et conscience du même G10; désormais, les batutsi n'auront plus qu'à s'en prendre à eux-mêmes... Bientôt, les représentants théoriques des victimes du génocide devraient faire campagne en faveur des lois d'impunité au bénéfice des génocidaires, pour le grand bonheur des terroristes génocidaires...

Le Parti UPRONA a été utilisé pour soutenir l'avènement d'une démocratie raciste et génocidaire et c'est sous le nom de l'UPRONA que Buyoya entretient les organisations que ce parti avait pourtant la mission de combattre. Le même parti qui chassait Minani Jean de la présidence du parlement vient de faire campagne pour son investiture... Ainsi après lui avoir fait renoncer à son idéologie, le pouvoir mène, contre le Parti UPRONA, une guerre administrative sans précédent, pour le grand bonheur des terroristes génocidaires... Qui a dit que c'est NDADAYE qui avait planifié la destruction de l'UPRONA? Heureusement que des UPRONISTES eurent le réflexe de s'éloigner du BUYOYA...

Il y a peu, l'université du Burundi fut soumise à la même manipulation. Le gouvernement tendit un piège en annonçant la destruction des campus, coupa les budgets et annonça la fermeture du service social. Les étudiants étaient supposés entrer immédiatement en grève; et le gouvernement en aurait profité pour fermer ces campus qui abritent les opposants à Arusha... Heureusement, le syndicat a vite compris le sens de la manipulation et limité les dégâts. Le gouvernement n'a pas renoncé, l'affaire a été remise à plus tard...

Car on se souvient que quelques jours plus tôt, lors d'une de ces grèves suspectes à l'université du Burundi, le vice-Recteur avait informé les cadres universitaires que la police présidentielle souhaitait que les campus restent fermés...

Voilà pourquoi, selon les propres déclarations de Buyoya lui-même, celui-ci n'est "pas de ceux à qui on demande de combattre le Frodebu"; voilà pourquoi, toujours selon ses propres dires, le génocide c'est plutôt "la démocratie qui s'est défendue"; voilà pourquoi il affirme qu'il "ne se reproche de rien" et pourquoi "cela ne l'empêche pas de dormir". Voilà pourquoi le Président du Burundi ne s'inquiète nullement de la destruction du pays qu'il gouverne; voilà pourquoi il prend l'avion sans remords au moment où ses alliés bombardent aveuglement la capitale et massacrent des citoyens innocents sur les routes du même pays qu'il est supposé gouverner, sans qu'il fasse la moindre déclaration de condamnation de cette barbarie...

Le pouvoir a donc vite brandi le spectre de la manipulation pour empêcher les enseignants de se poser la question de savoir pourquoi le gouvernement édictait, au nom des enseignants, des mesures qui ne faisaient pas partie de leurs revendications. En se posant la question, les enseignants auraient découvert le sens d'une véritable manipulation...

La seule porte de sortie pour les enseignants sera de le comprendre et de défendre les intérêts de l'enseignement et non les intérêts arushiens. C'est ainsi que l'Université du Burundi a gagné la partie, de même que le syndicat de l'Onatel. C'est ainsi que l'Uprona pourrait gagner la bataille de l'opposition; c'est ainsi que l'armée pourrait être réhabilitée...

Mais le pouvoir en place pourrait être lui-même victime de son propre stratagème. Le Burundi et le reste de l'opinion mondiale ont appris à comprendre ce qu'était le pouvoir Buyoya-Frodebu. Ce pouvoir pourrait mourir des effets retour de ses propres manipulations...

En attendant, le Burundi continue d'être gouverné par les organisations terroristes et génocidaires comme le Frodebu. Ces organisations qui contrôlent toutes les institutions du pays commettent le génocide et le terrorisme depuis octobre 1993 à nos jours.

 

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