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Allocution du chef de délégation du CICR à l’occasion du séminaire sur la chirurgie de guerre organisé à Bujumbura les 11 et 12 juillet 2002
Monsieur le représentant du ministre de la Santé,
Messieurs les chirurgiens,
Mesdames, Messieurs,
L’honneur et le plaisir m’échoient de m’adresser à vous ce matin à l’occasion de l’ouverture de ce séminaire sur la chirurgie de guerre. Chose peu aisée n’étant moi-même pas du tout de la profession. Je ne me permettrai donc pas d’aborder un quelconque sujet chirurgical ou médical.
Permettez-moi toutefois de vous faire part de quelques sentiments qui m’habitent, construits au gré de mes dix années au sein de cette institution dans des contextes tels que la Somalie, la Bosnie, l’Angola, le Rwanda, le Caucase où j’ai côtoyé cette notion de chirurgie de guerre et ses spécificités.
Il est ainsi toujours triste de devoir parler de la chirurgie de guerre puisque cela présuppose la guerre. Et il n’y a pas de jolies guerres, pas plus au Burundi que dans les pays mentionnés plus haut ou ailleurs. La guerre sera toujours un testament de l’échec des hommes. Néanmoins, elle pose un défi majeur aux professionnels de la santé que vous êtes et pour qui la guerre ne doit pas représenter un échec par rapport à l’exercice de votre profession.
La guerre est ancienne, la chirurgie de guerre étant probablement sa contemporaine. De formidables avancées technologiques ont facilité l’exercice de cette chirurgie comme pour les autres aspects de la médecine. Toutefois, ce qui m’a souvent frappé, étant souvent confronté de près à la guerre, c’est que l’avancée technologique dans le domaine chirurgical n’était pas le seul élément garant de la réussite d’une intervention. En effet, il faut d’abord que le patient arrive sur la table d’opérations, ce qui n’est de loin pas évident en temps de guerre. Raisons liées au conflit et au non respect du droit, problèmes logistiques mais également transfusion sanguine et anesthésie ont une part prépondérante dans la réussite d’une opération.
Ainsi vous proposons-nous, avant d’entrer dans le vif du sujet chirurgical, une petite présentation sur le droit des conflits armés, notamment sur les dispositions les plus directement liées à l’exercice de cette profession.
Mais avant cela, permettez-moi de rappeler brièvement les interventions du CICR en matière médical au Burundi. Il fournit une assistance régulière en médicaments et en matériel médical aux services de chirurgie de sept hôpitaux ; il approvisionne huit centres de santé en médicaments qui profitent à la population civile et aux détenus. Par ailleurs, le CICR mène un programme de lutte contre le sida dans quatre villes du pays.
Des travaux de réhabilitation des structures médicales ont également été entrepris ces deux dernières années, tant dans la capitale qu’à l’intérieur du pays.
Monsieur le représentant du ministre de la santé,
Messieurs les chirurgiens,
Mesdames, messieurs,
Le CICR organise des séminaires comme celui-ci dans de nombreux autres pays où il est actif. Ceux-ci se veulent être principalement des échanges d’expériences entre professionnels. Ainsi, ne s’agira-t-il pas de cours magistraux mais bien plus d’une opportunité offerte aux uns et aux autres de profiter d’être ensemble pendant deux jours pour débattre des problèmes et de leurs solutions à travers un échange franc et constructif tenant compte du contexte prévalant au Burundi.
Je souhaite que ces deux jours soient fructueux et bénéfiques pour tous et vous remercie de votre participation.
