
DECLARATION
PUBLIQUE DU CONSEIL
NATIONAL
DE LA COMMUNICATION
Le Conseil
National de la Communication s’est réuni en session extraordinaire ce
mercredi 11 avril 2001 pour faire le point sur l’environnement médiatique
actuel, et a décidé de rendre publique la déclaration publique
suivante :
Le conseil est très préoccupé par la recrudescence de la propagande et de la
manipulation à caractère divisionniste, véhiculées à travers certains
médias.
A titre d’exemple, l’hebdomadaire « UMUNYWANYI-INFOP » vient de
publier dans son édition du 6 avril 2001 des écrits faisant la propagande de
la haine raciste et de la xénophobie, accusant pêle-mêle les Belges,
Allemands, Canadiens, Italiens et Suisses, de collaboration avec l’ennemi et
de financer l’entreprise d’extermination de tous les Tutsi de la région des
Grands-Lacs.
Il va sans dire que compte tenu du contexte de passion et de violence ambiant,
ce genre d’écrits sont susceptibles de porter atteinte à l’intégrité non
seulement morale mais aussi physique des personnes identifiées à travers les
communautés nationales mises à l’index.
Le bimensuel « LA LUMIERE » de son côté mélange depuis quelques
jours fausses informations et
rumeurs, insinuations et suggestions divisionnistes, manipule l’opinion avec
des faits déformés, amputés ou réels.
Ceci est particulièrement visible dans ses numéros deux dernières éditions
de février et mars 200, dans lesquelles il manipule habilement la corde
régionaliste pour déstabiliser et créer la zizanie dans la société.
Le Conseil National de la Communication condamne les deux périodiques et leur
demande de faire preuve de responsabilité.
La
liberté de presse doit être entendue et exercée de manière positive, dans l’intérêt
bien pensé du respect de la vie privée des individus, de l’entente entre les
hommes et de la réconciliation nationale.
Il félicite et encourage tous ces journalistes qui s’emploient chaque jour à
promouvoir l’image de la presse au Burundi pour lui rendre ses titres de
noblesse.
De son côté, le Conseil réaffirme son engagement à défendre la liberté de
presse et invite les associations des professionnels des médias à s’opposer
contre tous ceux qui seraient tenté d’exploiter négativement la violence et
les divisions de quelque nature que ce soit, sous le couvert de cette liberté.
Pour
les aider, le Conseil vient de prendre des mesures visant à protéger cet
espace de la liberté au Burundi pour que le métier de presse soit exercée
uniquement par des professionnels qui acceptent pour référence les principes d’éthique
et de déontologie.
Enfin, le Conseil porte à la connaissance des médias et de l’opinion, qu’il
prendra des mesures de suspension ou d’interdiction pour rendre la presse
saine et propre à la consommation du public.
Fait à Bujumbura, le 12/04/2001
Par le Président du Conseil National de la Communication
Apollinaire NCUTINAMAGARA.