RUGAMBA-NET PRESS

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Cabinet du Coordinateur Général et
Président du Bureau Politique .




LETTRE OUVERTE A MONSIEUR KOFFI ATA ANNAN, SECRETAIRE GENERAL DES  NATIONS-UNIES SUR LA CONFERENCE DE PARIS SUR L'AIDE 
INTERNATIONALE AU BURUNDI.



Monsieur le Secrétaire Général,



Le Peuple burundais en armes rassemblé au sein du Conseil National  pour la Défense de la Démocratie - Forces pour la Défense de la  Démocratie( CNDD-FDD) a appris que le 11 et le 12 Décembre 2000 se  tiendra à Paris une Conférence Internationale sur l'aide à  accorder au BURUNDI sous le haut patronage du Médiateur MANDELA et  sous la présidence de l'ONU et de la Banque Mondiale.



Le CNDD-FDD juge urgent de s'adresser à la communauté internationale à  travers cette Lettre Ouverte vous adressée pour la mettre en garde des  dangers qui guettent le processus en faveur de la paix et du  retour a la démocratie au Burundi par l'organisation d'une conférence  sur l'aide internationale au Burundi.

Cette Conférence des bailleurs de fonds s'organise dans un contexte  politique extrêmement chaotique et incertain . En effet durant plus de deux années, une vingtaine de partis  politiques et de représentants de la junte militaire au pouvoir  par la force de l'épée ont négocié âprement sous les auspices de feu l'ancien président de la République Unie de Tanzanie, S.E. Julius K.  NYERERE. Ensuite, sous couvert de la médiation de l'ex président  sud-africain et prix Nobel de la Paix S.E. Nelson R. MANDELA.

Ces négociateurs burundais ont abouti à un texte, le 20 Août 2000 à  Arusha en Tanzanie qui devrait être la matérialisation d'un accord  politique duquel devait sortir un nouveau pouvoir transitoire devant mener  le pays vers la paix et des institutions démocratiques pérennes.



Il n'est un secret pour personne que, malgré le prestige du président  MANDELA, malgré la présence des plus Hautes autorités africaines et  même de celle du président des Etats Unis d'Amérique en personne  William CLINTON, la classe politique burundaise présente à Arusha n'est  pas parvenue à un accord politique.

Les mille et une réserves que les uns ont tenu à émettre sous leurs  signatures ont très vite été suivies par des amendements au même texte  proposés par ceux qui avaient préalablement signe l'accord sans  restriction.



Monsieur le Secrétaire Général,

A moins de verser dans l'hypocrisie ou la myopie politique et  intellectuelle, nul ne peut décemment nier qu'il n'y a pas eu  d'accord entre les partenaires politiques burundais le 28 Août 2000 à  Arusha en République Unie de Tanzanie.



Aussi étrange que suspect, ce sont les mêmes qui ont été incapables  d'aboutir à un accord politique véritable à Arusha après plus d'une  trentaine de mois qui reprochent avec véhémence au Peuple en armes de  torpiller le processus de paix burundais. Toute honte bue, ils n'hésitent pas à exiger de la communauté  internationale de poursuivre et neutraliser notre mouvement seul  responsable des malheurs du Burundi, selon eux.



Le CNDD-FDD n'y aurait vu que gesticulations si une partie de la  communauté internationale ne semblait emboîter le pas à ces errements  politiques préjudiciables à un retour rapide à une paix durable et une  véritable démocratie dans notre pays.

 

Très régulièrement, notre mouvement CNDD-FDD est insulté par des Chefs  d'Etat de la sous- région des Grands Lacs africains, très régulièrement  l'Envoyé Spécial de l'Union Européenne fustige de Bujumbura notre mouvement  et ceux qui le dirigent.


Il incite la communauté internationale à prendre des mesures draconiennes  à notre endroit. Il est le seul Envoyé Spécial de la communauté  internationale à n'avoir jamais jugé bon rencontrer un seul des dirigeants  de notre mouvement CNDD-FDD. Il est néanmoins le plus prompt à nous vouer  aux gémonies...



Le CNDD-FDD est particulièrement perplexe face à l'initiative consistant à  organiser une conférence sur la relance de la coopération  internationale avec le Burundi qui se tiendrait à Paris les 11 et 12  Décembre 2000.


Organiser une telle Conférence c'est reconnaître et vouloir imposer  au peuple burundais le texte de projet d'accord d'ARUSHA qui non  seulement n'est pas encore un Accord politique mais aussi  contient des éléments de fond dont l'essentiel a été imposé par  l'oligarchie militaro-civile de Bujumbura et relègue aux  oubliettes la Constitution votée par référendum populaire le 09  Mars 1992 ; consacre l'ethnicisation de la vie politique par  l'institutionnalisation des quotas ethniques reniant ainsi la  charte de l' Unité Nationale votée également par référendum le 5  Février 1991.

Reprendre la coopération tous azimut avec le Burundi, c'est faire fi de  l'assassinat de la démocratie au Burundi par une junte militaire qui s'est  imposée par la violence et l'oppression de son peuple.

Ouvrir les enveloppes d'aide en faveur du régime en place à Bujumbura,  c'est dire aux millions de réfugiés et personnes ségrégées dans les  camps-mouroirs de type nazi que leur sort compte pour menu fretin sur  l'échiquier politique mondial.

Une telle table-ronde des bailleurs de fonds est la reconnaissance  définitive et sans ambages d'un pouvoir honni par son peuple, mais que la  communauté internationale impose au nom d'intérêts obscurs de la haute finance internationale.



Le CNNDD-FDD serait en revanche favorable à une conférence qui évaluerait les dégâts et les conséquences directes et indirectes de la crise  burundaise. Ces assises s'attaqueraient alors aux mesures d'urgence à apporter aux  fléaux qui frappent un peuple déjà meurtri par sept ans de guerre et  d'oppression.

Notre mouvement serait prêt à participer à une telle conférence pour  apporter sa contribution sur les questions relatives à la santé des  populations pauvres , à l'éducation de jeunes oubliés des camps de  concentration et des camps de réfugiés, au droit humanitaire  international qui protège les civils innocents en temps de conflits  armés et aux droit de la personne humaine en tout lieu et toute  circonstance. Enfin, cette Conférence devrait d'une part contraindre  le régime de Bujumbura à respecter les droits fondamentaux de la personne  humaine en mettant rapidement fin à la violation massive des droits de  l'homme et d'autre part l'amener à entamer de véritables et sincères  négociations entre les belligérants en vue de parvenir à une paix juste et  durable .

Monsieur le Secrétaire Général,

Notre mouvement voudrait saisir cette occasion pour remercier tous  les dignes représentants de la communauté internationale qui œuvrent en  toute objectivité pour la réconciliation des burundais pour une  paix véritable au sein d'institutions démocratiques avérées.

Nous saluons la mémoire des personnes œuvrant sous la bannière des Nations Unies ou non qui ont perdu leur vie dans l'exercice de leurs nobles fonctions. Que leur famille et leurs amis trouvent ici l'expression de notre profonde  sympathie.



Le CNDD-FDD réitère son engagement à la recherche de la paix et à la  restauration de la Démocratie au Burundi.
Il invite par conséquent , la Communauté internationale à s'investir aussi  dans cette même logique. Il encourage le Médiateur Son Excellence  Nelson MANDELA à poursuivre l'œuvre commencée par feu Mwalimu Julius  NYERERE et l'achever dans l'intérêt de la paix pour tous, la justice pour 
tous et la démocratie comme seul mode de gouvernement.
Le CNDD-FDD renouvelle sa volonté de dialoguer avec le pouvoir en  place afin d'aboutir , sans pressions ni menaces ,à des solutions tant  politiques que militaires et résoudre ainsi définitivement le conflit  burundais.



Vive l'Organisation des Nations Unies
Vive la fraternité entre les peuples
Vive le Burundi démocratique.


Fait à VUGIZO le 27/11/2000
Le Coordinateur Général et Président du
Bureau Politique du CNDD-FDD
Jean-Bosco NDAYIKENGURUKIYE, Colonel.


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