RUGAMBA-NET PRESS

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REPUBLIQUE DU BURUNDI

CONVERGENCE NATIONALE POUR LA PAIX

ET LA RECONCILIATION

"C.N.P.R."

URUNANI RW'AMAHORO

 

BUJUMBURA - BURUNDI

 

 

DECLARATION INTRODUCTIVE A LA CONFERENCE DE PRESSE TENUE A L'OCCASION DE LA CELEBRATION DU 1ER ANNIVERSAIRE DE LA CNPR

(Bujumbura, 8 Octobre 2000)

 

 

Le 2 octobre 1999, les partis politiques ANADDE, SAHWANYA-FRODEBU, MSP-INKINZO, PIT, PL, PRP, PSD, RADDES et UPRONA se constituaient en un vaste rassemblement dénommé Convergence Nationale pour la Paix et la Réconciliation, CNPR-URUNANI rw'AMAHORO.

 

Moins d'une semaine plus tard, le CNPR enregistrait le ralliement de l'ABASA, portant ainsi à dix, le nombre de partis politiques fondateurs de ce ressemblent.

 

Une année après sa fondation, la CNPR est heureuse de souhaiter un joyeux anniversaire à tous ses partis membres et aux nombreuses associations de la société civile qui partagent ses idéaux de paix, de réconciliation, de démocratie et de développement.

 

Depuis sa création, la CNPR - Urunani rw'Amahoro, a inscrit à son actif un bilan encourageant.

 

Sur le plan politique, la CNPR a combattu avec toutes ses énergies les extrémismes de toute nature. Nous nous sommes en effet engagés à mettre en veilleuse les compétitions et les confrontations politiques pour reconstruire ensemble la nation burundaise. Nous n'avons cessé de condamner les massacres de populations innocentes. La CNPR est en effet plus que jamais convaincue que la meilleure voie de solution du conflit burundais n'est pas celle de la violence, mais celle du dialogue et de la négociation. En somme, au niveau de nos partis politiques membres de la CNPR, nous avons signé un accord de cessez-le-feu politique.

 

Sur le plan socio-économique, la CNPR a toujours eu le souci d'être aux côtés des populations sinistrées qui souffrent de la faim et de la maladie. Elle s'est également positionnée en censeur infatigable de la fraude, de la corruption, des malversations financières et des spéculations de toutes sortes.

 

En ce qui concerne le processus de paix, la CNPR a apporté une précieuse contribution aux négociations inter-burundaises de paix. La CNPR se réjouit donc et se félicite que la célébration de son 1er anniversaire intervient au moment où les négociations d'Arusha ont abouti à la signature de l'Accord de paix, le 28 août 2000.

 

Cet événement marque une étape importante dans la recherche de la paix. Aussi la CNPR ne ménagera-t-elle aucun effort pour que cet Accord soit réellement porteur de paix.

 

Pour ce faire, la CNPR va mobiliser toutes ses forces pour qu'un certain nombre de questions importantes qui restent en suspens soient rapidement résolues, dans l'intérêt bien compris de la paix et du peuple burundais.

 

Ces questions sont au nombre de trois.

 

PREMIEREMENT : la question du cessez-le-feu.

 

La signature de l'Accord de paix, le 28 août 2000, a suscité dans toutes les couches de la population burundaise, l'espoir légitime de retrouver enfin la paix.

 

Malheureusement, cet espoir risque d'être gravement compromis par les massacres aveugles et les violences de toutes sortes qui continuent à être perpétrés contre des populations innocentes.

 

La CNPR, dont l'idéal premier est de restaurer la paix et d'oeuvrer en faveur de la réconciliation nationale ne peut que condamner toutes les violences d'où qu'elles proviennent.

 

En ce qui concerne particulièrement les groupes armés, aujourd'hui que le peuple burundais s'est doté d'un accord de paix et de réconciliation nationale, aucun prétexte ne peut plus être évoqué pour justifier de telles atrocités.

 

En effet, personne ne peut continuer à verser le sang de citoyens innocents sous le prétexte que l'armée burundaise serait mono-ethnique, alors que l'Accord de paix instaure une égale représentation des principales ethnies dans cette institution.

 

La guerre ne peut plus continuer de manière tant soit peu crédible, soit disant pour la défense de la démocratie, dès lors que l'Accord de paix a tracé la voie vers la démocratisation totale de la vie politique burundaise.

 

Les groupes armés n'abuseront non plus de personnes pour faire croire qu'ils luttent pour faire respecter les droits de la personne humains alors qu'ils ne cessent de tuer des femmes et des enfants, qu'ils ne cessent de commettre des viols, qu'ils incendient les maisons, les écoles et les centres de santé, qu'ils détruisent le bétail let les récoltes et pillent tout sur leur passage.

 

A tous ces groupes armés qui risquent de rater définitivement la voie de la paix, la CNPR lance un vibrant appel et leur demande instamment de s'inscrire dans le processus de paix. Faute de ce faire, la CNPR n'aura de choix que de demander aux pays voisins et à la communauté internationale, conformément à l'article 2 du dispositif de l'Accord de paix, de prendre les mesures nécessaires pour interdire, démobiliser, désarmer et, le cas échéant, arrêter, détenir et rapatrier les membres de ces groupes et, en outre, de prendre toutes les mesures appropriées, contre ceux qui encouragent ou soutiennent leurs activités.

 

DEUXIEMEMENT : la négociation de compromis sur les réserves.

 

En procédant à la signature de l'Accord de paix, le 28 août 2000 et aux dates ultérieures, les partis politiques membres de la CNPR qui ont pris part aux négociations d'Arusha ont publiquement émis des réserves et spécifié que celles-ci font partie intégrante de l'Accord et devront continuer à être négociées.

 

Face à cette question, la CNPR souhaite que les négociations nécessaires soient organisées au plus tôt pour que les réserves puisent être levées dans les meilleurs délais.

 

Ce faisant, la CNPR dénonce les manoeuvres des partis politiques et mouvements membres du G7 visant à faire obstruction à la discussion des réserves. Les prétendus amendements apportés à l'Accord de paix avant que ce dernier ne soit même signé ne peuvent que traduire le refus d'aller de l'avant dans le processus de paix.

 

TROISIEMEMENT : la question de la Transition.

 

La CNPR estime avec les forces éprises de paix qu'il n'est pas avisé de réduire l'importante question de la Transition à la seule personne de celui qui sera appelé à présider aux destinées de la nation durant cette période.

 

En effet, la problématique de la Transition fait appel à toute une série de questions non moins pertinentes comme le programme d'activités à mener dans ce laps de temps, une durée raisonnable que doit couvrir cette période, les institutions à mettre en place et, enfin le leadership proprement dit de la Transition.

 

Toutes ces questions se tiennent. C'est pourquoi, la CNPR a des difficultés réelles à comprendre la campagne fiévreuse dans laquelle certains partis ou groupements politiques se sont engagés, comme si on était à la veille d'élections générales.

 

La CNPR ne comprend pas davantage qu'à la magistrature suprême, il y ait tant de candidatures, les unes plus inopportunes que les autres, comme si les négociateurs allaient se transformer subitement en un corps de grands électeurs.

 

Pour la CNPR, les questions liées à la Transition doivent être abordées dans la sérénité. Elles doivent être abordées avant toute chose, dans l'intérêt de la paix.

 

A cet effet, il faut d'abord fixer les missions et le programmes à accomplir durant cette période, de manière à conforter le retour à la paix, notamment en mettant fin à la guerre et en enrayant la criminalité, à amorcer l'oeuvre de réconciliation, à rapatrier les réfugiés et à réinstaller les sinistrés intérieurs. La Transition n'aura également d'intérêt que si, au cours de cette période, le pays jette les bases solides d'une lutte conséquente contre l'idéologie de génocide. Ce sera également le moment privilégié pour reconstruire et tenter de relancer l'économie nationale.

 

La réalisation de ce programme nécessitera forcément une durée suffisamment longue.

 

Les délais de la Transition doivent donc être fixés en fonction des missions à accomplir.

 

Ils ne doivent pas l'être en fonction des ambitions démesurées de certains politiciens pressés à occuper un fauteuil présidentiel qu'ils ne sauraient pas ou ne sauraient plus valablement tenir.

 

L'accomplissement de ces missions nécessitera également que la Transition soit conduite sous le signe du changement dans la continuité.

 

Pour faire face aux nombreuses défis qui lui sont lancés, le Burundi devra en effet se chercher les équilibres nécessaires. Pour réussir, une telle entreprise nécessite un minimum de paix et de stabilité. Comme dans toutes les négociations qui conduisent à une paix réelle, le processus en cours au Burundi devra faire en sorte que tout le monde gagne et non qu'il y en ait qui gagnent là ou d'autres perdent.

 

En terminant cette note introductive à la présente conférence de presse, nous aimerions rappeler que la CNPR est née de motivations politiques profondes partagées par les partis politiques qui en sont membres.

 

En créant la CNPR, nous avons d'abord refusé les visions politiques qui se fondent sur des regroupements à caractère ethnique et sectaire susceptibles d'aboutir à une rupture et non à une réelle réconciliation des Burundais.

 

En créant la CNPR, nous nous sommes ensuite engagés à combattre solidairement les idéologies et pratiques de génocide, les intégrismes ethniques et régionalistes et l'exclusion sous toutes ses formes.

 

En créant la CNPR, nous nous sommes enfin engagés à créer un vaste rassemblement pour la paix, la réconciliation, la démocratie et le développement. Nous avions pour objectifs le retour de la paix et de la confiance entre Burundais et l'instauration d'une démocratie véritable, consensuelle et intégrative où les intérêts et les droits de chaque citoyen seront pris en compte.

 

Un tel rassemblement doit s'inscrire dans la durée.

 

En effet, la CNPR ne saurait en aucun cas être une association momentanée. Compte tenu des nobles idéaux de paix, de réconciliation, de démocratie et de développement qui sont les siens, elle est appelée à remodeler l'échiquier politique et à engager durablement la classe politique burundaise dans une oeuvre de longue haleine.

 

Je vous remercie.


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