RUGAMBA-NET PRESS

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Lettre ouverte à Nelson Mandela sur le leadership de la transition

 

Excellence Président Nelson Mandela, Médiateur dans le conflit burundais

Johannesburg, Afrique du Sud.

Excellence Président,

Permettez-nous de nous adresser à vous pour une deuxième fois depuis le début de cette année en vue de vous faire part de nos préoccupations sur les récents développements politiques dans notre pays, le Burundi.

Il vous souviendra que, dans notre dernière lettre datée du 12 janvier 2001, nous avions réaffirmé notre foi dans la perspective d'une "bonne gouvernance, fondée sur la démocratie authentique et le strictp> respect des principes fondamentaux des droits de l'homme et des Peuples" dans notre pays.

Notre appel tenait dûment compte des réalités sur le terrain que vous avez certainement bien constatées à travers notre description des incohérences qui caractérisent le pouvoir en place à Bujumbura ainsi que l'incapacité notoire du Major Buyoya d'assumer avec autorité et clairvoyance, les responsabilités de Chef de l'Etat".

Nous avions jugé opportun de nous faire l'écho de très fortes et convergentes opinions de l'intérieur comme de l'extérieur du pays pour

demander que le Major Buyoya cède "la place à un leadership responsable et capable d'assurer la sécurité du peuple, de ramener la paix et de restaurer la concorde nationale."

En ce faisant, nous avions à l'esprit votre vision combien juste sur le fait que "le problème du Burundi est en très grande partie lié à l'absence de dirigeants d'envergure, capables d'apporter la paix et l'unité dans le pays et qui soient en mesure de sauver les civils innocents qui sont actuellement massacrés."

C'est dans cette logique que s'inscrit notamment la prise de position des 14 sur les 19 parties signataires de l'Accord d'Arusha qui, dans leur lettre en date du 13 janvier 2001 vous ont clairement indiqué

qu'elles rejetaient "le major Pierre Buyoya comme Président de la période de transition", et qu'elles s'engageaient " à trouver dans les plus brefs délais un leadership de la transition". Depuis lors, deux autres parties signataires de l'Accord d'Arusha se sont jointes aux 13 parties signataires dudit Accord pour s'opposer à la direction de la transition par le Major Buyoya.

Aujourd'hui que 15 sur 19 parties signataires se sont clairement prononcées contre la direction de la Transition par le Major Buyoya et

ont annoncé qu'elles sont prêtes à s'accorder sur un Leader deconsensus, nous vous demandons avec la plus grande insistance de rester vigilant pour vous assurer que le processus démocratique, s'agissant en particulier de la recherche d'un candidat pour la transition, se déroule avec toutes les garanties nécessaires de transparence et d'objectivité.

C'est dans ce contexte que nous souhaitons rappeler que le Colonel Epitace Bayaganakandi a été plébiscité par une large majorité des parties signataires de l'Accord d'Arusha comme le Leader de la Transition et qu'il mérite, de ce fait, votre particulière attention et celle de la communauté internationale, dans l'intérêt du peuple burundais.

A la lumière du présent appel et des diverses prises de positions qui vous parviennent très certainement de l'intérieur comme de l'extérieur du Burundi, vous aurez de toute évidence compris que le peuple burundais, toutes communautés et tendances confondues, considère que le Major Buyoya constitue présentement l'un des obstacles majeurs auretour à la paix, à la sécurité et à l'Etat de droit.

En tant que médiateur dans le conflit burundais, l'une de vos principales préoccupations est, à n'en pas douter, le respect de lavolonté du peuple burundais qui est le premier responsable de sa destinée. C'est

une réalité qui constitue aussi le leitmotiv des Nations Unies, de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) et de l'ensemble de la communauté internationale.

A cet égard, vous avez eu vous-mêmes à déclarer, dans le passé, que l'avenir du Burundi dépendra de la volonté des négociateurs d'Arusha que vous vous êtes engagé à respecter.

C'est pour toutes ces raisons que nous vous demandons instamment d'accorder la plus grande attention à ces appels et prises de positions qui traduisent clairement la volonté du peuple burundais de se débarrasser d'un leadership dépassé et peu méritant afin de se doterd'une nouvelle direction honnête, responsable et capable de conduire, avec droiture et objectivité, la Transition appelée à préparer de solides institutions répondant aux nouveaux défis.

Espérant une suite satisfaisante à ces sollicitations, nous vous prions d'agréer, Excellence Président, l'assurance de notre très haute considération.

 

Dr Ir Jean Bosco Kazirukanyo, Président de AC- Génocide Benelux

Dr Juvénal Nduwimfura, Président de AC- Génocide Suisse

Dr Salvator Nsengiyumva, Président de AC- Génocide Canada

Ambassadeur Tharcisse Ntakibirora, Secrétaire aux Relations Extérieures de AIPGCanada

Au nom des membres et Sympathisants d'Afrique, d'Amérique et d'Europe.

 


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