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SYNDICATS DES TRAVAILLEURS DU BURUNDI

Bujumbura, le 14/8/2002

 

LETTRE OUVERTE A SON EXCELLENCE
MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA
REPUBLIQUE DU BURUNDI

BUJUMBURA

 



     Excellence Monsieur le Président de la République,

Les syndicats des travailleurs du Burundi viennent de prendre connaissance de l'imminence de la promulgation d'une loi d'interdiction et de restriction du droit de grève au Burundi.

Une telle loi ne pourrait s'inscrire que dans le droit fil de la violation des conventions de l'Organisation internationale du travail (OIT) en particulier les conventions numéros 87,98 et 144 et remet en cause la liberté syndicale et la protection du droit syndical, le droit d'organisation et de négociation collective ainsi que les consultations tripartites relatives aux normes internationales du travail.

Une telle loi ne signifierait ni plus ni moins que la remise en cause de l'existence même des syndicats dont les travailleurs ont besoin pour l'expression de leurs revendications pour leur propre survie.

Aussi nous nous permettons de Vous rappeler, Excellence Monsieur le Président de la République que ledit projet de loi a été élaboré par et pour le seul partenaire gouvernemental en violation fragrante du principe du tripartisme en vigueur dans le monde du travail.

Pour cette raison, Excellence Monsieur le Président de la République, nous tenons à Vous annoncer que les travailleurs organisés, tout comme ceux qui ne le sont pas, ainsi que les syndicats des travailleurs, ne sont pas prêts à accepter l'instauration de ladite loi.

En conséquence, les responsables des syndicats sous-signés rejettent en bloc le projet de loi et Vous demandent de surseoir à sa promulgation et de laisser jouer les organes appropriés du tripartisme gouvernement-patronat-travailleurs.

Dans le cas où une telle démarche ne serait pas remise à l'honneur par l'intervention de la promulgation de cette loi, les travailleurs et leurs syndicats se réserveraient le droit d'user, dans les délais utiles, des moyens légaux reconnus dans le monde du travail tant au niveau national qu'à l'échelle internationale.

Ainsi ils se sentent obligés de ramener le Gouvernement du Burundi au respect des Conventions de l'OIT qu'il a lui-même ratifiées, pour recouvrer leurs acquis et empêcher cette dérive qui menace les travailleurs et leurs organisations.

Nous Vous prions d'agréer, Excellence Monsieur le Président de la République, les assurances de notre plus Haute considération.

La liste des syndicats signataires de cette lettre est reprise en annexe.

CPI à :

- Honorable Président de l'Assemblée Nationale de Transition
- Honorable Président du Sénat de Transition
- Monsieur le Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale
- Monsieur le Ministre de la Fonction Publique

                                  à
                           Bujumbura 

- Monsieur le Directeur Général du BIT à Genève
- Monsieur le Directeur du Bureau de l'ACTRAV à Genève
- Madame la Directrice du Bureau de l'OIT à Yaoundé
- Madame la Directrice de l'OIT à Kinshasa
- Monsieur le spécialiste ACTRAV à Yaoundé.

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