Monsieur
le Directeur,
De
l'Ontario où je lis régulièrement votre journal, je me fais le plaisir de
vous adresser mes félicitations d'abord pour le rôle que joue votre journal
dans l'information du public sur le Burundi.
Que
vous soyez rassurés que, si à plusieurs reprises, vous vous trouvez attaqués
par les organes du pouvoir en place à Bujumbura, c'est justement à cause de
votre révélation des contradictions qui forment sa base.
Une
correspondance comme celle du Procureur Général reflète justement la
précipitation que les nouveaux dirigeants ont à museler ceux qui jettent de
la lumière sur les sombres desseins à peine voilés des représentants des
groupes terroristes qui y siègent.
Dernièrement,
j'avais écrit une lettre à la BBC et a "In-Burundi.net" sur le
danger que fait peser un journaliste qui ne prend pas son courage à deux
mains pour appeler le chat par son nom, ou qui ne le fait qu'à l'endroit de certaines
gens seulement. Je trouve qu'il est probable que le déchaînement du
procureur général est dû à votre signalement des génocidaires déguises
en acteurs politiques.
Que
le reste de la presse prenne votre exemple, et surtout qu'il se lève comme un
seul homme pour dénoncer cette intention de nuire à la liberté d'expression
et partant à notre droit à l'information.
De
toutes facons, si vos confrères ne le font pas, qu'ils sachent que la
même action sera tôt ou tard entreprise contre tous les organes de presse
qui ne roulent pas pour le pouvoir.
Encore
une fois, recevez mes encouragements.
Emmanuel
Nkurunziza,
University
of Western Ontario.

Chers Messieurs de
"Net Press",
Vous méritez plus que des félicitations pour vos avis et considérations faisant suite
à la lettre de Mr le Procureur Général de la République. Les diatribes reprises dans la lettre de ce dignitaire cachent mal
l’énervement du pouvoir en place, particulièrement parmi ceux dont le cœur bat pour la
rébellion.
Pour un lecteur averti de Net Press, il n’y a aucun doute : la pression qui s’abat sur vous est orchestré
par les milieux dirigeants du Frodebu. Le lecteur se rappellera que Mr Jean Minani a qualifié votre médium
de « Poison » . Les internautes gardent en mémoire (tiens, les ordinateurs aussi) les
écrits que nous a servis de façon soutenue "Burundi Bureau", un site qui
était géré par l’actuel Ministre de la communication. Pendant la vie de ce site,
Mr Ngendabanka, a-t-il adressé une seule ligne de protestation à Mbonerane ? Certains
des dits écrits étaient tellement incendiaires qu’ils ont été discrètement soustraits des archives avant la
fermeture du site (les disques durs gardent toujours la trace, sait-t-on jamais !).
Comme par hasard, quelques mois après, Mr Mbonerane est rentré pour gérer les médias. Homme averti et fin
connaisseur des autoroutes de la communication, il a rendu d’immenses services à la rébellion. Comme rien
n’est gratuit, Mr Nyangoma le voyait déjà à la présidence de la République. Il
n’y a pas meilleure récompense ! Pour le moment, il patiente au Ministère de
la communication, en attendant mieux.
En lisant le Procureur Général de la République, le Ministre s’est certainement interrogé sur la forme et
le fond de la lettre, lui qui a vécu dans un pays démocratique pendant près d’une décennie.
Gageons qu'il sait mieux délimiter l'espace de ses compétences. Espérons donc qu’il ne
tombera pas dans les travers du pouvoir comme certains qui, par excès de zèle et en
voulant s’accrocher au pouvoir et ses retombées, naviguent de Parti en Parti, et n’hésitent pas de
changer la couleur de leur maison pour mieux afficher la couleur du nouveau parti.
Pour cela, ce genre de personnages n'hésitent pas à piétiner les droits élémentaires des
citoyens : ceux de puiser à plusieurs sources d'informations et de se faire une synthèse eux-mêmes. Pourquoi diantre le
pouvoir veut-t-il toujours réfléchir à leur place?
Avec humilité, je vous adresse encore une fois tous mes encouragements et n’oubliez pas de prendre des
appuis solides (votre plume), car le déluge est aujourd’hui plus menaçant que jamais.
Samson Rurema.