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>DECLARATION DE BRUXELLES
>
>Les Associations, Mouvements politiques, Ligues des Droits de l’homme et
>Personnalités signataires de la présente : AFFLENET, ARPAC, ASP, HAVILA,
>ICFB, SOLIDARITE DES GRANDS-LACS, UPRONA ;
>
>Considérant le précédent diplomatique créé par la « Déclaration de Saint
>James », le 13 janvier 1942, où les Etats Alliés, en guerre contre HITLER,
>ont souscrit à l’impératif de châtier, « par une justice organisée », les
>dignitaires du IIIè Reich Allemand responsables de l’extermination des
>Juifs en Europe ;
>
>Vu la « Charte de San Francisco » de Juin 1945, spécialement en ses alinéas
>relatifs à la création d’un Tribunal International pour traduire en justice
>les grands criminels de guerre ;
>
>Réaffirmant l’importance historique du « Tribunal de Nuremberg » qui s’est
>tenu du 18 octobre 1945 au 1er octobre 1946 et qui a prononcé les premières
>condamnations aux pires peines, à l’endroit des criminels Nazis ;
>
>Soucieux de traduire dans les faits les clauses de la « Convention pour la
>Prévention et la Répression du crime de Génocide » adoptée par l’Assemblée
>Générale des Nations Unies, le 9 décembre 1948 ;
>
>Convaincus du bien-fondé de la « Résolution 808 » du Conseil de Sécurité,
>votée le 22 février 1993, et portant création du « Tribunal Pénal
>International pour l’Ex-Yougoslavie » ;
>
>Rendant hommage aux organisations et aux Etats qui, pendant et après le
>Génocide contre les Batutsi du Rwanda,  ont mis en œuvre toutes leurs
>ressources diplomatiques, afin de hâter la création du « Tribunal Pénal
>International pour le Rwanda » dont les statuts ont été adoptés le 8
>novembre 1994 par le Conseil de Sécurité des Nations Unies ;
>
>Rappelant à la mémoire des Nations libres le contenu du « Rapport
>S/1996/682 », qui établit la responsabilité du parti FRODEBU dans la
>conception, l’organisation et la consommation du génocide contre les
>Batutsi du Burundi, en octobre 1993, plus particulièrement aux termes des
>alinéas 483, 484, 485 et 486 dudit Rapport ;
>
>Prenant acte des effets que doivent nécessairement produire les
>dispositions de la « Convention des Nations Unies de 1968 » sur
>l’imprescriptibilité absolue du crime de génocide ;
>
>Réitérant, à la suite de ces dispositions internationales, le caractère
>imprescriptible du crime de génocide perpétré par le parti
>SAHWANYA-FRODEBU, en octobre 1993, contre les Batutsi du Burundi ;
>
>Conscients de la nécessité de restaurer le respect de la Loi et de la
>dignité nationales comme un précieux héritage de nos ancêtres ;
>
>Constatant que des procès exemplaires ont eu lieu un peu partout dans le
>monde, auprès des juridictions nationales, contre des sujets inculpés pour
>actes de génocide, notamment Klaus BARBIE, TOUVIER, PAPON, EICHMANN, etc.,
>et cela plusieurs décennies après la Shoah ;
>
>Témoins des poursuites judiciaires sévères qui frappent encore aujourd’hui
>diverses personnalités qui se rendent coupables de révisionnisme, en
>paroles ou en actes, notamment Roger GARAUDY ;
>
>S’appuyant sur l’article 3 des « Accords de Lusaka » qui exigent, comme un
>préalable à la paix dans la Région des Grands-Lacs, que les forces
>génocidaires qui opèrent dans la Région soient désarmées et démantelées
>sans délai ;
>
>Rendus perplexes par le statut honorable que les négociateurs d’Arusha,
>ainsi que le Médiateur lui-même, continuent curieusement d’accorder aux
>organisations génocidaires du Burundi, en violation flagrante des « Accords
>de Lusaka » ;
>
>Scandalisés par les intentions déclarées des négociateurs d’Arusha
>d’occulter le génocide contre les Batutsi du Burundi, pourtant constaté et
>reconnu par les Nations Unies, aux termes du Rapport sus-mentionné ;
>
>Révoltés par les massacres incessants perpétrés par les hordes terroristes
>du FDD sur les populations tutsi, dans l’indifférence totale du pouvoir et
>des organisations internationales, au moment où les chefs de ces hordes
>sanguinaires viennent d’être scandaleusement admis à siéger à Arusha, comme
>des héros ;
>
>Constatant avec effroi que la tragédie qui vient d’endeuiller l’ISCAM, ce
>dimanche 6 Août 2000, démontre une fois de plus, la détermination inentamée
>des organisations génocidaires, de parachever l’extermination des Batutsi ;
>
>Convaincus que tout accord ou toute alliance politique conclu avec des
>organisations coupables de génocide constitue une atteinte grave à la
>mémoire des victimes, à la morale humaine, aux conventions régionales et
>internationales rappelées ci-dessus, ainsi qu’à la Paix entre les Peuples
>et entre les Nations, tant au Burundi que dans la région des Grands-Lacs
>victime des mêmes hordes génocidaires et de leurs alliés INTERAHAMWE et
>EX-FAR ;
>
>DECLARENT :
>
>1. Nous condamnons fermement le massacre ignoble que viennent de perpétrer
>les hordes génocidaires du FDD-PALIPEHUTU sur plusieurs dizaines de jeunes
>étudiants de l’ISCAM ; nous présentons toutes nos condoléances aux familles
>des victimes, à l’ISCAM et à la Nation ; nous exigeons qu’un deuil national
>soit décrété, que la population et les représentations diplomatiques
>accréditées à Bujumbura soient informées des conditions exactes de cette
>tragédie, et qu’un châtiment exemplaire soit réservé aux responsables de
>cette catastrophe ;
>2. Nous tenons pour acquis l’impératif de traduire devant les juridictions,
>d’abord nationales, puis internationales, les organisations accusées de
>génocide, en premier lieu le FRODEBU, parti politique dont sont issus les
>FDD, de même que les dignitaires et les militants de ce parti, qui se sont
>rendus coupables du génocide contre les Batutsi, en octobre 1993 ;
>3. Nous affirmons que cette action judiciaire est un préalable à toute
>négociation politique et à toute initiative de paix au Burundi ;
>4. Nous insistons pour qu’il soit procédé, dans les plus brefs délais, au
>démantèlement des organisations génocidaires FDD-CNDD-PALIPEHUTU,
>conformément aux Accords de Lusaka, spécialement aux termes de l’article 3,
>alinéa 11 ;
>5. Nous déplorons les manœuvres répétées d’amnistier les génocidaires, qui
>ont abouti à la signature de divers Accords malheureux dits « de
>Kigobe-Kajaga », puis de la « Convention de Gouvernement », du «
>Partenariat », de la « Convergence Nationale » ; ces manœuvres ont eu pour
>résultat la persistance de l’impunité des génocidaires, et finalement leur
>admission aux divers fora qui devraient décider de l’avenir du Burundi ;
>6. Nous dénonçons la complaisance avec laquelle le Gouvernement actuel
>s’accommode des génocidaires dans ses rangs et pérennise l’impunité desdits
>génocidaires ;
>7. Nous recommandons que des sanctions sévères soient appliquées à des
>formations politiques bien connues qui, mues par des visées opportunistes
>et par un esprit de revanche individuelle, totalement absurde en la
>circonstance, se sont adonnées à un jeu malsain et contre nature, en
>concluant des Alliances coupables avec les génocidaires du FRODEBU ;
>8. Nous interpellons le Président MANDELA, afin qu’il cesse sa campagne de
>diabolisation dirigée contre les Batutsi, et qui vise, en réalité, à
>redonner aux génocidaires et à leurs alliés les moyens d’Etat pour
>parachever le génocide commencé en octobre 1993 ;
>9. Nous demandons aux peuples et aux Nations libres d’exiger que les
>Conventions internationales sur le Génocide soient appliquées aux
>génocidaires du FRODEBU dans les plus brefs délais, afin que le terrain
>soit enfin dégagé pour de véritables négociations politiques porteuses
>d’une promesse de paix durable au Burundi ;
>10. Nous déclarons que nous nous opposerons, par tous les moyens légaux à
>notre disposition, à tout accord issu des Pourparlers d’Arusha, des
>consultations secrètes de Rome, des entrevues de Prétoria ou d’ailleurs,
>qui auraient pour protagonistes les organisations et les personnalités
>impliquées, de près ou de loin, dans le génocide contre les Batutsi ;
>11. Nous gardons un œil vigilant sur les partis politiques, les
>associations, ainsi que les notabilités Batutsi présents à Arusha et qui,
>sous prétexte de stratégies pseudo-politiques ou mus par l’appât du gain et
>des postes politiques, seraient tentées de sacrifier notre peuple à l’autel
>de leurs ambitions, en signant des Accords suicidaires avec les
>génocidaires ;
>12. Nous  mettons en garde les forces vives de la Nation contre les
>agissements obscurs d’un groupuscule atypique dirigé par un ancien
>Président responsable des hécatombes de TEZA et BUGENDANA. Ce personnage a
>été finalement démasqué et chassé du pouvoir par les rescapés du génocide,
>en juillet 1996, et devrait être traduit en justice ; les prétendus «
>anciens Premiers Ministres » et « anciens dignitaires » qui resurgissent
>comme de nulle part, ont montré toute leur incapacité quand ils étaient aux
>affaires. Ce sont des hommes de ce genre qui ont conduit le pays vers le
>chaos : leur passé étant  ce qu’il est, ces « anciens dignitaires » n’ont
>aucune leçon à donner pour l’avenir du pays. Les forces vives doivent
>barrer la route à leurs manœuvres diaboliques qui visent à précipiter,
>encore une fois, le Burundi dans une nouvelle catastrophe ;
>13. Nous rendons, par contre, un vibrant hommage aux organisations et aux
>personnalités qui, bravant les périls et les persécutions, n’ont rien
>ménagé pour réhabiliter la mémoire du génocide, et n’ont jamais cessé de
>mobiliser les rescapés et les hommes de bonne volonté contre le processus
>meurtrier d’Arusha ;
>14. Nous appelons tous les rescapés du génocide, toutes les forces vives de
>la nation, ainsi que tous les hommes de bonne volonté, où qu’ils soient,
>les syndicats, les écoles, les mouvements associatifs, l’Université,
>l’Armée, la jeunesse urbaine et rurale, à se lever comme un seul homme pour
>barrer la route aux démons du génocide qui fourbissent leurs armes à
>Arusha, comme ce fut le cas au Rwanda, avec les Accords de sinistre mémoire
>;
>15. Nous annonçons qu’une série d’actions est envisagée à partir de
>Bruxelles, pour résister jusqu’au bout aux Accords d’Arusha, précurseurs du
>génocide total contre les Batutsi, afin que le monde civilisé sache que les
>Batutsi ne se font aucune illusion sur l’issue d’Arusha, et que s’ils
>doivent mourir, ils mourront debout.
>
>
>
>FAIT A BRUXELLES, le 9 Août 2000
>
>
>POUR LES ORGANISATIONS :

>AFLENET                             Dr Matthias  NIYONZIMA, Avocat, Président
>
>ARPAC                                 M. Chrysologue  NZEYIMANA, Vice-Président
>
>ASP-BURUNDI                    Dr Mélence  NKUBANYI, Président
>
>HAVILA                                Pr Jean BWEJERI, Président
>
>INTERNATIONAL COMITTE-FB        M. Balthazar BARAMPFUMBASE, Président
>
>SOLIDARITE DES GRANDS-LACS     Dr Léonidas MBANZAMIHIGO, Président
>
>UPRONA                              M. Stanislas KAZATSA, Membre du Comité Central
>
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