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FONDATION HIRONDELLE - AGENCE DE PRESSE HIRONDELLE A ARUSHA POURPARLERS DE PAIX INTERBURUNDAIS NEWS DU

 4 OCTOBRE 2001

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BURUNDI/ NEGOCIATIONS

LES DELEGUES ACCUSENT LE GOUVERNEMENT DE BLOQUER LES TRAVAUX

Arusha, le 4 octobre, 2001 (FH) - Plusieurs membres de la Commission de suivi de l'application de l'accord de paix inter-burundais (CSA) en session à Arusha ont accusé jeudi le gouvernement de bloquer leurs travaux. Les délégués reprochent au gouvernement en place à Bujumbura de retarder l'élaboration des projets de loi demandés par la CSA au cours des précédentes réunions.

"Il y a un blocage complet, il s'agit d'un sabotage, d'un dénigrement de la commission", a regretté Lucie Nzorijana, l'une des six personnalités représentant la société civile au sein de la CSA. "C'est la troisième fois qu'on demande la même chose", s'est-elle plaint.

Lors de la dernière session tenue en août dernier, la CSA avait recommandé au gouvernement du Burundi de retravailler trois projets de loi portant sur les libertés politiques et sur l'amnistie provisoire pour les personnalités politiques devant rentrer d'exil, ainsi qu'un projet de loi réprimant les crimes de génocide et les crimes contre l'humanité.

Selon un autre délégué qui a requis l'anonymat, le représentant du gouvernement a indiqué, au cours des débats qui se déroulent à huis clos, que les dits projets de loi ont été déjà rédigés par une commission technique, mais qu'ils n'ont pas encore été analysés par le gouvernement.

"Cela est inacceptable", a pour sa part commenté le président du Parti du peuple (PP, Hutu), Schadrack Niyonkuru, exilé depuis l'assassinat de l'ancien chef de l'Etat burundais, Melchior Ndadaye, en octobre 1993. D'autres délégués ont estimé que le gouvernement voudrait délibérément créer l'impasse.

A la question de savoir ce que compte faire la CSA devant une telle situation, Lucie Nzorijana a répondu: "Nous allons faire un constat officiel, nous voulons faire une recommandation aux instances supérieures (aux chefs d'Etats de la région et à la médiation), car les manoeuvres dilatoires du gouvernement prouvent que ce dernier ne veut pas que la transition ait lieu".

A l'ouverture de cette cinquième session de la CSA mercredi, son président, l'Ethiopien Berhanu Dinka, avait souhaité que les délégués burundais travaillent "dans l'entente et dans l'amitié" pour présenter un "rapport positif" au sommet des chefs d'Etats prévu le 11 octobre en Afrique du Sud.

Ce sommet va tenter de résoudre la question controverséée de l'unité spéciale de protection des personnalités politiques qui vont rentrer d'exil, pour participer aux institutions de transition dont le démarrage est prévu 1er novembre.

L'adoption des trois projets de loi est capitale pour le retour au Burundi des personalités exilées, fait-on observer dans les couloirs de la CSA.

"On n'a rien fait, nous tournons en rond", a indiqué Lucie Nzorijana. "Ce n'est pas de cette manière qu'on va arriver à la paix", a-t-elle conclu. Aucun délégué du gouvernement n'était disponible pour commenter ces allégations. La CSA devrait clôturer ses travaux dimanche prochain.

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