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Fondation Hirondelle |
BURUNDI /NEGOCIATIONS
MANDELA POURSUIT DES CONSULTATIONS DE DERNIERE MINUTE
Arusha, 27 août 2000 (FH) - Le médiateur dans le conflit burundais,
l'ancien président sud-africain, Nelson Mandela, poursuivait dimanche endébut d'après-midi des consultations de dernière minute pour la signature
d'un accord de paix.
La cérémonie de signature est prévue lundi en présence de plus de vingt
chefs d'Etat mais certaines délégations indiquaient dimanche qu'elles
avaient besoin d'un peu plus de temps pour débattre certaines questions
pour lesquelles il n'y a pas encore de consensus.
Nelson Mandela, qui est arrivé à Arusha samedi, devait rencontrer, pour la seconde fois, le groupe de dix partis tutsis, dimanche en début
d'après-midi. Les partis tutsis sont mécontents de l'actuel projet
d'accord, affirmant qu'ils ont besoin de beaucoup plus de temps pour
négocier des questions "cruciales".
Parmi ces questions non résolues pour eux, les partis tutsis incluent le
protocole sur le système électoral ainsi que la transition et la réforme de
l'armée. Les partis tutsis réclament également qu'on reconnaisse qu'il a y eu un génocide anti-tutsi en 1993, après l'assassinat du premier président
démocratiquement élu, Melchior Ndadaye (Hutu), par des militaires tutsis.
Selon les délégués, Nelson Nandela aurait dit aux partis tutsis, lors d'une première rencontre samedi, que s'ils ne signent pas l'accord de
paix, il pourrait démissionner de son rôle de médiateur, laissant entendre qu'il
fallait trouver quelqu'un d'autre pour le remplacer.
Les partis tutsis auraient renouvelé leur soutien à Mandela, mais ont
encore insisté sur le fait qu'il avaient encore besoin du temps, selon les
délégués qui ont assisté à cette rencontre. Une session plénière est prévue
dimanche à 19 heures locales (16 Heures GMT).
Mandela avait également rencontré samedi le groupe de sept partis hutus, le président burundais, Pierre Buyoya, ainsi que le groupe composé des
délégués du gouvernement et de l'assemblée nationale.
Le groupe composé du gouvernement et de l'assemblée nationale n'est pas non plus satisfait du texte du projet d'accord. Buyoya avait auparavant indiqué
que son gouvernement signera seulement une partie du texte, déplorant entre autres qu'il n'évoque pas la cessation des hostilités.
Cependant, une source proche de la médiation a indiqué à l'agence
Hirondelle qu'elle croyait qu'il y avait encore "70 à 80 % de chances" que toutes les dix-neuf délégations signent l'accord et que si les groupes
rebelles étaient persuadés d'ici lundi de cesser les hostilités, cela
pourrait changer toute la donne.
Les groupes rebelles dissidents du CNDD-FDD et du FNL n'ont pas été impliqués dans les négociations d'Arusha et ont indiqué qu'ils ne signeront
pas le texte de l'accord. Néanmoins les leaders de ces groupes se sont rendus en Afrique du Sud pour des discussions de dernière minute avec
Mandela et ils ont été invités à la cérémonie de signature de l'accord de
paix. Les conclusions auxquelles leurs entretiens avec le médiateur ont abouti ne sont pas
connues, tout comme l'on ignore encore s'ils seront présents à la cérémonie à la signature.
La presse a rapporté que le président américain, Bill Clinton, sera dans
tous les cas à Arusha lundi pour exprimer son soutien aux efforts entrepris par Mandela et s'adresser aux délégations burundaises. Clinton devrait
arriver à Arusha après la cérémonie de signature et repartir le même jour.