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BURUNDI NEGOCIATIONS

POURPARLERS SUR LA TRANSITION DANS L'IMPASSE

Arusha, le 24 mai, 2001 (FH) Une nouvelle réunion sur la transition au Burundi a mal démarré jeudi à Arusha avec l'absence de plusieurs parties attendues. Seulement huit sur les dix partis pro-tutsis (G10) étaient présents et une délégation de militaires, de la société civile et des représentants des églises n'a pas quitté Bujumbura.

"S'ils ne viennent pas, cette réunion n'aura pas de sens, " a avoué le représentant du médiateur, le juge tanzanien Mark Bomani. Ces pourparlers avaient été souhaités par les militaires et la société civile lors d'une rencontre avec le médiateur Nelson Mandela au début du mois en Afrique du Sud. Cette délégation avait exprimé à Mandela son soutien à l'actuel président Pierre Buyoya à la direction de la transition au Burundi. Le médiateur leur a signalé qu'ils devraient d'abord convaincre les partis qui soutiennent l'ancien ministre de l'intérieur le Colonel Epitace Bayaganakandi.

La majorité des partis du groupe pro-tutsi G10 soutiennent le Colonel Bayaganakandi, plutôt que l'actuel président Buyoya. La position de Buyoya est que la transition ne peut pas être mise en place avant la conclusion d'un accord de cessez-le-feu avec les rebelles hutus.

En demandant cette réunion au médiateur, les militaires burundais avaient souhaité qu'elle soit organisée en dehors de la Tanzanie. Les militaires burundais accusent la Tanzanie et le juge Bomani de partialité dans le conflit burundais.

Les absents parmi le G10 étaient l'ancien parti unique l'UPRONA du président Buyoya, et le PARENA de l'ancien président Jean Baptiste Bagaza. Lors d'une réunion le 21 mai à Rome, le gouvernement, l'UPRONA, le PARENA et le CNDD de Léonard Nyangoma (opposition hutue) ont soutenu la position de Buyoya qui consiste à réclamer un cessez-le-feu avant la mise en place des institutions de transition.

"Rome ne peut pas avancer puisque la question du cessez-le-feu qu'ils avancent, Mandela s'en occupe lui-même avec les groupes armés; je vois mal ces gens s'entendre par ailleurs, il s'agit d'une alliance contre nature," a déclaré le président du PRP, Mathias Hitimana, ajoutant que l'important serait que le G10 entame sans délai des consultations avec l'armée "qui prétend protéger et agir au nom des tutsis"."Le groupe de Rome ne peut pas marcher contre la volonté de Mandela, de la région et de la communauté internationale," a poursuivi Hitimana.

Un autre membre du G10, le président du parti ABASA, Térence Nsanze, a invité les militaires et la société civile à négocier sans délai avec le G10. "Nous les exhortons ardemment à nous rejoindre au rendez-vous qu'ils ont promu eux-mêmes; à défaut de se présenter, ils se seront singularisés par une contradiction monumentale puisque leur refus à entamer les négociations avec le G10 équivaudrait à se déjuger notoirement devant la face de la nation burundaise et devant la face du monde entier."

Lors d'un sommet régional sur le Burundi au mois de février, les chefs d'Etat de la région avaient soutenu une proposition du médiateur Mandela, qui consistait à diviser la période de transition en deux phases de dix-huit mois, la première étant dirigée par un président tutsi avec un vice-président hutu, et vice-versa pendant la deuxième période. Le sommet avait recommandé que le candidat tutsi soit désigné par le G10 et le candidat hutu par les partis pro-hutu du G7.

Six des sept partis du G7 ont soutenu la candidature du secrétaire général du FRODEBU (principal parti d'opposition) Domitien Ndayizeye. Le CNDD de Léonard Nyangoma fait bloc à part.

 

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