REPUBLIQUE DU BURUNDI                                  Copenhague le 10 juin 2000 FRONT POUR LA DEMOCRATIE
ET LA NATION AU BURUNDI
FRODEBU MPARANIRAGIHUGU

:Message aux Compatriotes burundais

Chers Compatriotes,


Nous nous adressons à vous sans considération ni de vos appartenances 
ethniques,régionales, claniques, ni de vos attaches politiques. Nous nous 
adressons à vous en tant que Burundais.

Depuis bientôt sept ans une guerre déchire notre pays. Cela est arrivé
à d'autres peuples qui aujourd'hui vivent en harmonie. Des frères et des
soeurs de même sang s'entredéchirent. Des années après, ils trouvent que 
c'était ridicule et resoudent le tissu familial déchiré.

L'Allemagne Nazi par exemple a fait au cours des guerres mondiales des 
ravages sans précédent. Et pourtant une fois l'armistice signée en 1945,
les européens, les américains et même (surtout ca) les Juifs ont fait la 
paix.Malgré les mesures de précaution prises contre
l'Allemagne, la coopération avec celle-ci va bon train. L'Allemagne est 
présente et active au sein de l'ONU, de l'Union Européenne,et figurez-vous 
au sein de l'OTAN.

Plus significatif encore, la coopération entre l'Allemagne et l'etat 
d'Israël est au beau fixe.

Plus près de nous, l'Afrique du Sud et le Mozambique nous offrent des 
exemples réels de réconciliation. Nous avons été en Afrique du Sud déjà 
trois fois et nous sommes entrés en contact avec des représentants de 
toutes les couleurs.Eh bien, malgré les problèmes qui subsistent, les 
sudafricains se sont convenus de faire la réconciliation. Ils assument
ensemble leur histoire nauséabonde et en même temps ils s'entendent pour 
la reléguer aux archives du passé et pour construire une nouvelle Afrique 
du Sud.

Nous nous en voudrions de ne pas citer l'exemple des Etats Unis 
d'Amérique. C'est vrai que les Noirs mettront encore du temps pour 
rattraper le niveau des Blancs, mais ils sont libres et réalisent 
aujourd'hui beaucoup de progrès dans l'amélioration de leurs conditions 
économiques d'existence.

    Chers Compatriotes,

    Pourquoi ne pas nous servir de ces exemples que pourtant nous connaissons pour nous réconcilier? Quand nous lisons sur internet et dans les journaux,ce que des politiciens burundais, des hommes d'églises et autres 
de la société civile disent et écrivent, nous nous sentons souvent 
effrayés. Nous avons nous mêmes été à un moment pris des positions 
radicales mais, raison exige, il faut prendre conscience
de notre avenir et celui de nos progénitures.


Dans des situations comme celle que nous traversons, il faut tourner
les meninges et réfléchir. Si nous le faisons tous, nous allons absolument 
trouver une voie de sortie honorable pour tout le peuple burundais.
Toutefois,ne soyons pas idéalistes. il subsiste ici et là en Europe des 
tenants du Nazisme. Il subsiste aux Etats Unis des membres du Ku-Klux-Klon  qui font parfois des victimes. Chez nous aussi,il subsistera des 
extremistes tutsi et hutu, mais qu'importe!Pourvu qu'ils soient des 
marginaux et bien fixés par l'ensemble de la population.
Ne soyons donc pas idéalistes ou naïfs, avons dit mais non plus, ne soyons 
pas alarmistes pour "un verre cassé ou un fou enragé"comme l'écrivait si 
bien l'Abbé Michel KAYOYA.

    C'est en considération de tous ces éléments qu'est né le FRODEBU 
MPARANIRAGIHUGU.
Pour nous, c'est fini la guerre insensée entre FRODEBU et UPRONA et leurs  partisans respectifs. C'est vrai qu'il faut punir les crimes mais il ne 
faut pas oublier que le pardon est aussi important pour resouder le tissu 
social déchiré. les juristes justifient le fondement de la peine par la 
maxime qu'"il faut punir pour qu'on ne pêche plus". Ce n'est pas en 
pendant des hommes ou en les détenant en prison à vie qu'on applique mieux cette maxime. Nous croyons qu'il faut beaucoup plus viser le repentir et 
en cela,le FRODEBU MPARANIRAGIHUGU s'inscrit en faux contre la peine de mort.

Chers Compatriotes,

Nous disons que la haine, la rancune et la vengeance ne réglent rien.
Par contre le pardon bien pensé arrange beaucoup de choses.Au FRODEBU 
MPARANIRAGIHUGU, nous entendons politiquement bien pardonner ceux qui nous  ont malmenés, ceux qui nous ont offensés, ceux qui ont tué les nôtres et ceux qui ont attenté à notre vie; sans pour autant entraver la marche normale de la justice. Seulement ici,nous exigeons que cette justice soit juste et équitable.Nous souhaitons aussi que cette justice soit 
correctionnelle et non punitive.


Tel est notre message d'aujourd'hui et de demain. C'est celui que le 
FRODEBU MPARANIRAGIHUGU livre des aujourd'hui au peuple burundais.

Le FRODEBU MPARANIRAGIHUGU a biensûr l'ambition de conquérir le pouvoir. 


C'est avec cette philosophie qu'il entend le faire.
Le pouvoir du FRODEBU MPARANIRAGIHUGU sera un pouvoir pour tous où les vainqueurs et les vaincus participeront tous à la gestion de l'Etat.

    Nous tenons cependant en garde les tenants de la partitocratie.Tous,ne 
veut pas dire même ceux des partis qui ne représentent que l'ombre d'eux 
mêmes. Tous, veut dire ceux qui sont réellement représentatifs:
groupes politiques,syndicats, groupes religieux, ligues des droits de 
l'homme, chambre de commerce,femmes et jeunes,etc...
Tous, veut aussi dire dépolitisation de la Fonction Publique, des 
entreprises d'Etat (mixtes et publiques), de la magistrature, de l'armée 
et de la police (ici compris la gendarmerie).
Pour le FRODEBU MPARANIRAGIHUGU, c'est fini l'époque où le sort des Directeurs Généraux, des Directeurs de département, des Présidents des juridictions, des Procureurs, des Commandants de l'armée et de la 
gendarmerie, était lié aux changements de pouvoirs et aux remaniements 
ministériels.C'est fini aussi la période de promotions de complaisance où 
des gens sans expériences se retrouvaient aux postes de haute 
responsabilité.

    Chers Compatriotes,

    Nous ne voulons pas trop épiloguer aujourd'hui car nous allons continuer à vous livrer nos messages, nous tenions aujourd'hui à vous dire, en termes 
clairs que le FRODEBU MPARANIRAGIHUGU part en croisade contre les tenants du tribalisme, du régionalisme, de la vengeance, de la rancune, et de l'intolérence.


    La démocratie que nous voulons n'est pas une démocratie exclusive. Elle 
est participative entre vainqueurs et vaincus.
Nous le disons encore une fois,nous n'accepterons pas des groupes et des 
partis à tendance ou à option ethniste,claniste et régionaliste.

Merci et à bientôt.
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>>Chistian SENDEGEYA                                     Emmanuel GAHUNGU
>>Représentant Légal                                       Représentant Légal Suppléant
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