RUGAMBA-NET PRESS

REPUBLIQUE DU BURUNDI.

 

PARTIS POLITIQUES :

ABASA, ANADDE, MSP-INKINZO, PIT, PRP, VERTS-INTWARI, RADDES.

 

COMMUNIQUE DE PRESSE 21/02/2001

 

Maintenant que l’Accord d’Arusha s’achemine vers son issue avec le changement conséquent et vers la mise en place de nouvelles institutions qui géreront la transition, le pouvoir actuel semble oublier sa signature contraignante de cet Accord, en entreprenant de nouvelles manœuvres de diversion.

Habitué à servir au public burundais une langue de bois, de "tout va bien " à chaque retour d’Arusha, il a fallu au Major Buyoya qu’il mesurât son impopularité lorsque 7 partis politiques du G10 et 6 du G7, comme un seul homme, refusèrent de soutenir sa candidature à la transition. Très rapidement le parti PARENA est venu renforcer le front du changement. Ce faisant, la quasi-totalité des partis et mouvements politiques, toutes tendances confondues, montrait que la transition dépendait du strict respect des accords signés et de la capacité des candidats à la direction de la transition d’apporter la paix dont le Burundi a tant besoin.

Le pouvoir en place vient de lancer un ballon d’essai qui est en fait une campagne d’intoxication tendant à faire croire que M Ajello, via une ambassade du Burundi en Europe, aurait affirmé savoir que le Médiateur "confierait " les premiers 18 mois de la transition au Président Buyoya quitte à passer la main ensuite au Frodebu dès que le cantonnement de l’armée serait réalisé.

Nous n’osons pas croire que les propos prêtés à Aldo Ajello reflètent la position de l’Union Européenne. Si tel était le cas, ils constitueraient une violation flagrante de l’Accord d’Arusha.

Ceux qui croiraient que telle manœuvre fonctionnerait et déclencherait le fameux "consensus suffisant " se tromperaient gravement et feraient montre d’une ignorance flagrante de l’état du rejet du pouvoir en place par le peuple burundais.

La désinformation ne serait que ridicule si elle ne prétendait pas se baser sur le risque de division de l’armée pour imposer un candidat tant décrié.

C’est en effet faire injure à l’armée que de vouloir la prendre pour une junte ou une milice privée alors qu’elle fait face héroïquement et quotidiennement à des difficultés et à des manœuvres de division qui ne l’ont nullement ébranlée. De plus, la "grande muette " est trop occupée sur le terrain et se trouve assez concernée par les préoccupations de la Nation pour se laisser tomber dans des calculs politiciens de fin de règne. Comme tout le monde, elle sait que tout citoyen burundais est éligible à la Présidence de la transition. Les désinformateurs devraient savoir que tous les patriotes soutiennent et soutiendront toujours l’armée nationale, n’en déplaise à l’un ou l’autre dignitaire qui, lors de missions officielles, en rajoute en explications aussi gratuites qu'erronées.

Quant à la provocation tendant à prendre le Président Buyoya comme incontournable, qu’il soit bien entendu une fois pour toutes, et nous tenons à en informer l’opinion nationale et internationale souvent abusée : le long pouvoir de Buyoya a bien montré que le Major ne cherche, ne protège et ne veut accroître qu’un seul intérêt, le sien. Après lui le déluge.

Naturellement le véritable intérêt, celui du peuple, a été sacrifié à celui du sien, car on aurait de la peine à nommer la moindre réalisation positive qui ait marqué ses 10 années de règne. Règne qu’il tient à tout prix à prolonger. 

En plus d’une gestion désastreuse de l’économie, la question du génocide a été constamment occultée et la guerre laissée au petit bonheur. Les travailleurs ont perdu tout leur pouvoir d’achat en même temps que le droit à la parole. Les syndicats, les partis politiques et les mouvements sociaux ont été réduits au silence et sacrifiés à l’autel du partenariat d’exclusion et de répression. Leurs dirigeants sont régulièrement emprisonnés, terrorisés par la Documentation, et privés de leurs moyens de subsistance ou limogés de leurs postes.

Le burundais le plus simple ne retiendra de ce long règne du Major que ses sempiternels et coûteux voyages dont celui qu’il s’offre en ce moment durant une semaine à Capetown avec sa coterie, bien loin de son pays en guerre !

 

Fait à Bujumbura, le 17/02/2001

 

Les partis signataires :

  • ABASA :
  • ANADDE :
  • MSP- INKINZO :
  • PIT- Abakerakivi :
  • PRP :
  • VERTS- INTWARI
  • RADDES


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