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REPUBLIQUE DU BURUNDI 

PA-PUISSANCE D’AUTODEFENSE-AMASEKANYA

 

 

"LE GENOCIDE DE 1993 ET SON CORTEGE POLITIQUE"

 

Conférence animée par M. Gédéon Ntunzwenindavyi pendant la VIIè semaine de d'information et de réflexion sur le génocide
  

Introduction  

Après l’orage effroyable doublé d’un cynisme arrogant qui a marqué la période préélectorale, la peur-panique engloutie le peuple burundais. L’adhésion au Frodebu fut forcée, les enseignements multipliés et soumis au contrôle rigoureux. Alors que la propagande battait son plein à l’UPRONA, le Frodebu s’occupait à inoculer le virus de la haine ethnique en ses membres. La planification du génocide n’était plus un secret à personne et le code juin en dit long. La date fatidique arriva et le prétexte n’en manqua pas. Certes, cette affreuse folie meurtrière déversée par le Frodebu sur la minorité politico-ethnique fut accompagnée dans la lettre et l’esprit par un appareil politico-administratif frodebu, mais plus humiliant est le négationnisme outrageant de l’appareil politique au pouvoir. De la dynastie génocidaire frodebu au Major Buyoya, la démarche politique d’offenser les rescapés du génocide s’en pressa à parodier les mêmes tragédies avec un renouveau de béatifier le Frodebu par des négociations sur fond de génocide, sous l’observateur étranger.   

 

Le concours de la politique n’est plus à démontrer dans la préparation et l’exécution du génocide contre les Tutsi et des Hutu de l’Uprona de 1993 à nos jours par le bicéphalisme Frodebu tantôt déguisé au Palipehutu-FNL ou Frolina, tantôt au CNDD-FDD. Ainsi, le sujet trouve sa justification et est subdivisé en trois grandes parties à savoir : 

1° La préparation du génocide de 1993 
2° La gestion politique de ce génocide 
3° Résister ou mourir.  


Porté au pouvoir par la force, le régime s’appui sur le principe athénien, ainsi libellé : « Quiconque occupe un poste a pour devoir d’y demeurer ferme, quelque en soit le risque, sans tenir compte ni de la mort possible, ni d’aucun danger, plutôt que de sacrifier son honneur ». Voilà l’honneur sacrifié sur l’autel d’Arusha dans la perspective de s’y accrocher jusqu’aux convulsions de son agonie. Mais entre temps, le génocide ne nous épargne pas et le Burundi devient l’opprobre de l’humanité tout entière.   

 

I. PREPARATION DU GENOCIDE DE 1993  


Le génocide perpétré contre les Tutsi et les Hutu Upronistes en 1993 n’est pas un pur hasard. Il est le résultat d’une vaste campagne de mobilisation et d’enseignement de l’idéologie de haine, véritable outil de propagande politique de l’organisation génocidaire Frodebu. Depuis 1986, le Frodebu opérait en cachette, comme une tope, pour aiguiser la haine ethnique déjà entretenue par le Palipehutu. Il devient de ce fait un laboratoire tout complet et une station de relais de l’intégrisme ethnique.  

 

De mèche avec le Palipehutu, le Frodebu venait de commettre l’irréparable à Ntega et Marangara en 1988 pour un double objectif :  

 

1° Tester la perspicacité et le degré de l’amour patriotique de la jeune république du Major Buyoya. 

2° Tester la détermination et le degré d’implication de ses membres dans l’idéologie de haine ethnique.

 

Ainsi, le génocide systématique dans la région Nord du pays était consommé, le Frodebu était aux anges et cette tragédie prise pour essais l’encourageait. Les Communes de Ntega et de Marangara étaient épurées de l’ethnie Tutsi. Marc Manirakiza disait que : « l’histoire de ce siècle se souviendra des extrémistes Hutu comme les seuls et uniques théoriciens de l’élimination physique d’une race en guise de préalable à la prise et au renforcement du pouvoir » in la fin de ma monarchie burundaise 1962-1966, édition. Le naît de Missainne, Bruxelles, 1990.

 

La gestion de ce génocide ne provoqua aucune moindre préoccupation du Major Pierre Buyoya. La personne sainte nitouche se contente et se limite plutôt aux discours autant sarcastiques que délétères. « ni la provocation, ni machiavelisme qui démobilise, ni le scepticisme de certains, rien ne viendra à bout de ma détermination à tourner la page pour réconcilier définitivement mon peuple. » Mais la réconciliation fut fatale et n’empêcha pas au Frodebu de récidiver et de réediter les mêmes tragédies de 1988 contre les Tutsi en 1993.

 

Ce comportement du Major Buyoya cache mal une complicité dans la préparation, l’exécution et la gestion du génocide contre les Tutsi de 1988 à ce jour. Il paraît plus évident que certains autorités du pouvoir Buyoya I se réjouissaient du génocide contre les Tutsi. Ainsi, Adrien Sibomana déclarait dans un symposium tenu à Génève en Décembre 1993 dans un thème « Restaurer la paix et le processus démocratique au Burundi » en invitant les partis d’opposition (à dominance Tutsi) à plus de retenu et à faire preuve de responsabilité. « Il n’y a pas mille solutions, dit-il. Il faut se rendre à la raison, accepter la démocratie parce que c’est la seule garantie de la paix. Le vaincu doit accepter la défaite et s’il veut protéger ses intérêts, il doit le faire dans le strict respect de la loi et d’une manière responsable. Il faut aider le gouvernement et non l’attaquer ou vouloir à tout prix le torpiller. »

 

L’outil politique.

 

L’idéologie génocidaire.  

 

Dans tout le pays, l’idéologie génocidaire était entretenue de fond en comble dans toutes les institutions du pays. La propagande Frodebu seule suffisait, il ne restait que le mot d’ordre confiné dans ce qu’ils ont appelé « Code juin ». C’était un recueil de consignes à suivre lorsqu’ils seront appelés à « défendre la démocratie ». Pour eux, défendre la démocratie ne signifie autre chose que tuer les Tutsi et tout Hutu membres de l’Uprona pris pour gêne à l’épanouissement physique, social, politique et économique du Frodebu.  

 

L’intolérance politique et l’intégrisme ethnique qui ont caractérisé le Frodebu le conduit à une véritable chasse aux sorciers dans les administrations territoriales et les services public et para-publics. De nombreux membres de l’Uprona et de nombreux batutsi ont été chassés de leur postes techniques malgré une compétence et une expérience confirmées. La seule faute des victimes était d’appartenir au parti battu ou à l’ethnie Tutsi. Partout cette chasse à l’homme violait la constitution à la grande approbation du chef de l’exécutif. De même l’occupation des terres appartenant aux Tutsi et aux Upronistes n’était que le point central de la propagande Frodebu.  

 

Le Frodebu au pouvoir.

  
Tout l’appareil politico-administratif s’est mis à tourner, le mot d’ordre était le même. Des véhicules de l’Etat étaient aux service des membres du Frodebu pour dresser leurs adeptes contre les Tutsi ou toute personne lui assimilée. Des gourdins d’essence, des tronçonneuses, des machettes achetés par l’argent du contribuable, avaient été préalablement distribués.  

 

La mémoire gardera toujours le discours incendiaire du Docteur Jean Minani sur la radio Kigali appelant tous les membres du Frodebu à tuer systématiquement tout ennemi de la démocratie, et plus visé était le Tutsi ou le hutu Uproniste. Comme quoi le criminel revient toujours sur le lieu du crime : Minani revient avec une protection pour se rendre à l'évidence que sa mission a été complètement exécutée.

 
Pire encore, l’Assemblée Nationale se déploya tantaculairement sur toutes les collines du pays, appuyée par l’administration locale pour donner le coup d’envoi à l’extermination de toute opposition prise pour tutsi. Le résultat fut accablant et le génocide consommé au vu et au su de la communauté internationale en générale et de la sous-région en particulier. En moins de trois jours, des centaines de milliers de cadavres gisaient sur tout le territoire national, laissés à la merci des charognards et autres voraces.  

 

Comment voulez-vous, qu’en si peu de temps, les rescapés du génocide puissent, même au coup de la force, accorder le moindre pardon aux bourreaux ayant refusé de se repentir, afin de servir une cause d’un homme, même au pouvoir ?  

 

II. La gestion du génocide.  


Au lendemain des atrocités de 1993, les partis politiques d’opposition se regroupent en un cartel appelé « Collectif des partis de l’opposition » pour témoigner de l’arrogante responsabilité du Frodebu dans la conception et l’exécution du génocide perpétré contre les Tutsi en 1993 ou du moins l’arrêter. Mais il fallait attendre un étonnant revirement de la cause défendue pour verser dans des négociations du crime de génocide pour l’unique but de tirer les dividendes politiques ou administratives. Ainsi, le défenseur des droits nuance, manque de position, tel un bateau qui tangue dans une mer troublée.  

 

L’apologie de Platon confirme le mythe de la caverne : « Des hommes enfermés dans une caverne n’aperçoivent que des ombres qui défilent au fond, grâce à la lumière du soleil ; ces ombres représentent les objets sensibles. Les objets réels sont ceux qui défilent sur le chemin, et la lumière du soleil, les idées ». 

 

Voilà justement l’image d’un politicien envoûté par les postes politiques aux prix des fleuves de sangs versés (des centaines de milliers de Tutsi et Hutu non acquis à l’idéologie de génocide). Faut-il si peu de temps pour transformer un homme ? Faut-il si peu de temps pour détourner un être conscient du danger de génocide pour l’amener à être lâche pour ne pas dire traître ? Ces négociations ont cruellement révélé la vraie face des politiciens qui se targuent de représenter ma minorité Tutsi. Mais le pire des drames reste la signature des Accords d’Arusha et leur mise en application.  

 

Les négociations avec les terroristes génocidaires.

 
La communauté internationale se bouscula au chevet de la nation burundaise, s’empressa à dépêcher son représentant spécial au Burundi du nom d’Abdalah, celui-ci s’employa à rapprocher ce qu’il a appelé « les deux familles politiques », l’Uprona et le Frodebu. Autour de cet énigme politique, les partis dits satellites s’en trouvèrent greffés.

 

Malheureusement, la quintessence et le substratum de la logique et du droit en matière de génocide allait changer de nom. Le mal burundais allait être malnommé et ses mobiles mal posés. Ainsi, acceptèrent-ils de négocier le génocide. Dès lors, les rescapés du génocide prennent le mal en patience tandis que les leaders politiques mènent, becs et ongles un combat de postes. Faut-il imaginer que la communauté internationale est désabusée sur la question burundaise ? Ce qui est connu c’est que en matière de génocide, toute hésitation ou tergiversation n’est pas permise. La loi sur la prévention et la répression de ce crime est très claire et explicite. De surcroît, ces négociations dénotent de l’immoralité puisant sa substance dans le négationnisme et le révisionnisme outrageant qui offense les rescapés du génocide complètement désemparés.  

 

Le Burundi devient aussi victime d’un complot international pour le maintenir sous tutelle et toujours bercer son ange venu d’être encensé et blanchi du crime de génocide. Alors que les négociations avec les génocidaires battaient leur plein à Bujumbura, les auteurs du même crime au Rwanda, en Allemagne étaient poursuivis et les peines leur étaient infligées. Au mépris de toute morale, le Burundi devient un cobaye, un terrain d’expérimentation d’éventuelle amnistie du génocide et de leurs auteurs. Voilà la justification de l’intervention de la communauté internationale dans le conflit burundais.

 

Au cours des négociations, le collectif des partis de l’opposition avec toute honte bue, acceptent de se prosterner devant le bourreau pour l’unique raison de partager les postes de responsabilité. A ce moment un gouvernement bourreaux-traîtres se forme et le régime se transforme au bout de quelques mois en une machine à tuer. L’on se souviendra du carnage de Rukina, Teza, Bugendana et autres où un effroyable hécatombe de Tutsi marquait l’horreur de tout passant sous un rire sardonique des ténors du Frodebu. Une question cependant : à qui profite le génocide ? 

 

- Au Frodebu d’abord parce qu’il est sur les traces de son idéologie en vue de se tailler une place au soleil, un véritable eldorado où coula non pas de l’or, mais du sang des Tutsi et des Hutu pris pour traîtres.   

- Ceux qui en tirent des dividendes sont aussi les Tutsi ventriotes et putschistes. Les uns voulant faire fortune au prix du sang de leurs frères, les autres cherchant une couverture politique pour se protéger contre le courroux des membres du Frodebu. Ils font maille commune et se partagent le pire, certes le crime de génocide. Le Gouvernement NDUWAYO-NTIBANTUNGANYA durant le temps de la rosée mais fut teinté et bariolé de multiples actes génocidaires et de crimes contre l’humanité. Un sursaut national  a été animé par les forces patriotiques émues par l’horreur du génocide, qui malheureusement fut récupéré par le haut commandement de l’armée burundaise qui décida de mettre fin au régime Nduwayo-Ntibantunganya mais tira de son mutisme un homme qui a investi le Frodebu au pouvoir et qui n'avait jamais regretté des milliers de morts, victimes du soutien lui apporté lors des élections de 1993.

 

Buyoya II s'installa au trône et jura au grand jour qu'il vient sauver une nation en détresse mais en suspendant le glaive au dessus des rescapés du génocide.

 

Porté au pouvoir par un coup d'Etat militaire, il écarte tour à tour les artisans du changement et s'entoura d'une poignée de gens, éternels renégats, ventriotes prêts à passer l'éponge sur le crime de génocide. Dès lors, de San Egidio à Mwanza, son éminence grise entra secrètement en négociation avec les génocidaires. Le chialisme senti par les rescapés par les rescapés du génocide s'effrite évanescent. La trahison est totale, Buyoya persiste et milite pour les négociations, qu'il va dorer la pillule afin d'en présenter la coupe réglée au peuple opposé aux négociations. Le double langage, le mensonge et la tricherie, tels sont les outils utilisés par le régime Buyoya pour abuser le monde extérieur tandis qu'une dictature digne d'un autre âge paye à tout instant sur le sol burundais pour brimer le droit d'expression et la liberté d'opinion afin de conduire à bon port son projet.

 

Par son language alléchant, le gouvernement Buyoya entreprend alors des tournées et des campagnes d'explication de son plan diabolique tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays. Il devient un véritable vieux pèlerin, un défenseur intrépide du révisionnisme et du négationnisme du génocide pour réinvestir le Frodebu au pouvoir. Dans ses errements, le gouvernement se débat dans son propre bourbier d'Arusha, s'use irrémédiablement et s'épuise. Il est surpris en train de revêtir la chemise du bourreau, prêchant en eau trouble, en conspirant contre la minorité politico-ethnique du Burundi. De sa propre initiative, Buyoya compose avec le Frodebu pour former ce qu'il a appelé "gouvernement issu du partenariat" à l'image du "gouvernement élargi d'union nationale" après Ntega et Marangara. Ce partenariat conduisit le pays à la catastrophe du 28/8/2000 sans tenir en considération le cataclysme de l'histoire du Burundi. La signature sous forcing de l’accord impie d’Arusha suscita une toute petite prise de confiance de certains signataires qui émirent des réserves à vider. Mais le temps presse tellement qu’ils se trouvent devancés par les événements.

   
Malheureusement, le G10 entre dans sa belle danse pour soutenir le gouvernement fantoche dont les signes avant-coureurs annoncent le crépuscule d’un espoir nourri par certains politiciens soucieux d’en tirer un égoïste profit. L’aura tant attendu leur échappe irrémédiablement et se trouvent actuellement à la merci de tout vent.     
  
III. Résister ou mourir. 
  
Le combat contre le Génocide est noble. Tous les instruments nationaux et internationaux, tous les discours de la communauté internationale milite en faveur de lui et l’Accord-Cadre pour la restauration d’un Etat de droit au Burundi a pu saisir la balle au bond. Il est la véritable opposition et puise son fondement dans la morale et le droit défendu sous d’autres cieux par des institutions de l’Etat mais au Burundi brimés par le même Etat.   
Il se trouve urgent que l’Accord-cadre se rende plus rapidement à l’évidence que tous les mobiles, tous les outils politiques et sociaux sont réunis pour refuser que le Burundi soit embarqué sur un bateau du bourreau que les ténors du pouvoir ne cessent de présenter sous des dehors éclatants pour rééditer après le Génocide de 1993.   
Le combat est le notre et le monde entier est prêt à nous soutenir à voir la coalition mondiale de lutte contre le terrorisme, nul doute, nulle tergiversation ne pourra empêcher la même mobilisation contre le crime des crimes : le génocide.
  
L’on se rappellera de cette déclaration de Jacques Chirac « Nous ne pourrons jamais négocier avec les terroristes, nous ne parlons pas le même langage, nous ne pouvons nous entendre ». Aujourd’hui comme hier, la résignation est une lâcheté fatale lorsqu’il s’agit surtout du mal culminant que le génocide. Herman Work dans les orages de la guerre, déclare que « ou bien la guerre est fini ou bien nous le sommes ».

    
Une bonne organisation doublée d’une bonne préparation avec un bon leader, la victoire sera assurée après un combat justifié parce qu’il s’agit de l’Autodéfense. La Satyagraha chez ghandi, la force de l’amour et l’amour de son peuple, de sa nation est aujourd’hui plus que jamais, la porte obligée de l’Accord – Cadre pour délivrer la nation trahie.Dans ce combat noble, la peur n’a plus de place et Ghandi le révèle . « Il se peut que des rivières de sang coulent avant que nous obtenions notre liberté, mais ce sang sera le notre » Mais plus loin encore Georges clavère, dans 6 jours pour mourir dit que « Puisqu’il n’est plus possible de vivre, mieux vaut mourir en combattant qu’être égorgé comme un mouton bêlant ………..si tu savais comme cela peut être difficile, lorsqu’on a toujours courbé l’échine devant les autres, lorsqu’on a toujours eu peur de tout et de tous, d’essayer de redresser, de regarder le danger en face, et se battre, et que toutes les fibres de ton corps te poussent à fuir…..C’est une sensation horrible ! Tellement horrible, que ce n’est que dans la peur d’une mort honteuse et misérable qu’on peut trouver la force de se battre pour n’être pas tué. »

    
Ici la résistance trouve son ultime fondement, qu’est l’Autodéfense légitimée par la loi, la foi et la tradition Burundaise. Les raisons politiques étant réunies, il ne reste qu’à nous en vouloir à nous-même.  
     
1. Qui va résister ? 
  
a) L’Accord-Cadre 

  
L’Accord – Cadre auquel reste le moindre crédit de contrat moral avec son peule doit se dériver de la canaille, se restructurer verticalement, s’organiser en conséquence et prendre le poste de commandement.   
Politiquement, il doit préalablement élaborer le guide du combat contre le génocide, l’expliquer et le justifier à son peuple. Parallèlement, une vaste campagne diplomatique et médiatique s’avère impérieuse et la diaspora Burundaise réunie dans l’Accord-Cadre doit jouer pleinement son rôle pour désintoxiquer la sous région et le monde entier.   


Car la logique génocidaire savamment distillée est précautionneusement déversée dans la région n’est plus l’apanage du seul pays, le Burundi. Ce ci ressort des accords de coopération et de fusion conclu et mis en application par les organisations génocidaires de la région des grands lacs, telles : FRODEBU, CNDD, FDD PALIPEHUTU, FNL, Ex-FAR,et ALIR. 
  
Aussi le rapport de l’ONU (S/1998/777 du 18/8/1998 confirme à l’opinion mondiale qu’il est établie sans équivoque que les partenaires privilégiés du pouvoir en place au sein des institutions burundaises collaborent formellement avec les ex-far pour assoire dans la région des régimes génocidaires. Aujourd’hui, l’Accord – Cadre a un rôle capital dans ce combat contre l’institutionnalisation du génocide. L’ultime moment de revoir les méthodes de ce combat est arrivé et le peuple le réclame incessamment. Et Niebuhr, lui , dans l’homme moral et la société immorale le prédit. « Il n’existait pas de différence intrinsèque entre la résistance violente et non violente. La seule différence tenait aux conséquences sociales, mais c’est une différence de degré que de nature. La forme d’irresponsabilité qu’entraîne la résistance violente et non-violente est qu’elle n’a pas de sens quand il s’agit de s’opposer à la tyrannie totalitaire ». Or, le terroriste tribalo-génocidaire n’est que le paroxysme de la souffrance puisque son investiture au pouvoir le 1/11/2001 marquera la fin d’une histoire, celle d’un peuple minoritaire à l’instar des amérindiens. N’est ce pas la tyrannie totalitaire qu’il faut combattre à tout prix ? Il nous revient donc de nous organiser pour mener un combat héroïque et honorable en la mémoire des victimes du génocide, aussi pour notre survie. 

  

b) Le rôle des églises chrétiennes 
  
La responsabilité de l’Eglise dans ce combat est immense comme elle l’a toujours été dans l’enseignement, la planification et l’exécution du génocide.   
Politiquement, l’Eglise a initié et accompagné les négociations à caractères génocidaires au mépris de la morale chrétienne.     
  
Le compte rendu de la rencontre du 29 mars 1992 à Bruxelles entre les représentants des Eglises du Burundi et les délégués des organisations terroristes - génocidaires Palipehutu signé à Bruxelles le 31 Mars 1992 entre Mgr Jean Alfred NDORICIMPA, Mgr Bernard BUDUDIRA et les représentants du Palipehutu le confirme en toute réalité. 
  
Le grand problème dont souffre l’Eglise chrétienne est d’abriter en son sein des hommes et des filles d’Eglise, vidés de toute foi, de toute moralité pour servir le mal dont celui du génocide. Le degré de leur implication dans la conception et l’exécution du génocide au Burundi contre la minorité en dit long. Mais mieux vaut plus tard que jamais, à défaut de les excommunier, l’Eglise doit les reconnaître et prévenir la société qu’elle est sensée protéger l’élevant au dogme de la foi.  

 
Il faut donc empêcher de récidiver car qui peut et n’empêche, pèche.   
L’Eglise doit se rappeler que Dieu lui-même a accompagné son peuple en guerre pour la survie, et doit revoir son homélie pour une action coordonnée et combinée face à cette menace d’extinction totale d’une race par une odieuse extermination physique du peuple de Dieu. Ici le verset biblique qui relate le combat d’Amaleg contre Israël est explicite Exode 17,8-15) « Alors, Amaleg vint se battre avec Israël à Refidim, Moïse dit à Josué : choisis-nous des hommes et sors te battre contre Amaleg ; demain je serai debout au sommet de la colline, le bâton de Dieu en main. Alors quand Moïse élevait la main, Israël était plus fort, quand il reposait la main, Amaleg était le plus fort…., Les mains de Moïse faisaient lourdes, ils prirent une pierre, la placèrent sous lui et s’assit dessus. Aaron et Hour, un de chaque côté lui soutenaient les mains et Josué fit aider. Amaleg et peuple au tranchant de l’épée. Le seigneur dit à Moïse : écris cela en mémorial sur le livre et transmets-le aux oreilles de Josué. J’effacerai la mémoire d’Amaleg. L’Eglise est donc en droit de se battre contre l’immoralité, l’extermination physique de son peuple, le génocide. Si elle ne le fait pas l’histoire retiendra tout au moins qu’il fut des prélats dépourvus de toute éthique sociale et chrétienne qui se sont employés à entrer en complicité avec les génocidaires. Ainsi la mission des Eglises chrétiennes au Burundi a été court-circuiter et minée par certains des prédicateurs de la foi qui versent dans la haine ethnique à l’image de Monseigneur Ndoricimpa Alfred, Michel Kayoya et autres. Au grand jour, ces chrétiens se surprendront en train d’exécuter leurs frères
puisqu'évangélisés sur base de la haine ethnique.   

c) Le rôle de la jeunesse 
  
Le rôle principal revient à la jeunesse douée de volonté et de force. Cette énergie est aujourd’hui nécessaire pour refuser de mourir. L’on a tellement besoin pour libérer une nation trahie et reconquérir la souveraineté perdue le 28/8/2000. Dans ce tournant de l’histoire politique du Burundi en général et de la minorité ethnique en particulier, le rôle des jeunes est tellement capital, si capital qu’ils ne s’en rendent pas compte et se réfugient les uns derrière les courants politiques opportunistes et chaotiques, les autres se résignent complètement et se désespèrent, d’autres enfin se trouvent, la bible collée au cœur, oubliant que le Palipehutu-Frodebu combat en chantant Allelua.   La jeunesse doit se ressaisir, prendre la tête entre les deux mains et fleurer le bon bout de la raison : le combat pour la survie d’une minorité menacée d’extermination. La jeunesse a toujours joué son rôle d’avant-garde de la révolution, elle est maintenant plus que jamais la pièce maîtresse du changement qui s’avère imminent , inéluctable pour libérer toutes les forces ligotées en passe d’être immoler et jeter en pâture, dans les guêles des terroristes-génocidaires après tant d’années au service héroïque d’une nation actuellement vendue.   


Voilà ce que l’Accord-Cadre attend de vous pour se libérer et vivre un homme, un homme libre et vertueux, sous l’ossature d’un pouvoir vertueux, un Etat de Droit qu’il veut restaurer 

  
d) Les personnes âgées. 
  
Le silence est complice et la résignation fatale. Tellement fatale que les hommes et femmes acceptent de boire la coupe de sangs des leurs, offerte sous un rire sarcastique et sardonique du Frodebu-CNDD -FDD, Palipehutu-FNL et Frolina. Y-a-t-il plus de fatalité que de légitimer et de participer à sa propre mort. 
  
Les temps ont révolu, le cor a sonné pour enlever la sourdine bouchant et bandant oreilles et yeux pour regarder le mal en face et ne pas le prendre en patience au risque de vous emporter.
Votre rôle de responsable de la famille et de mère, votre sens d’organisation, votre perspicacité dans l’entreprise de projets, votre ingéniosité au travail et dans la prise de décision sera un appui capital dans ce combat contre le génocide et son institutionnalisation. Le rôle de la mobilisation et de la moralisation vous incombe, plutôt que de chanter les exploits héroïques remportés par les autres et surtout pas de chanter les victoires gagnées sur des comptoirs des cabarets.  


Cette entreprise est beaucoup plus délicate, elle exige des sacrifices. Accepter donc de mourir pour vos enfants, pour vous-mêmes et pour la patrie. Dans six jours pour mourir, Géorges Clavère dit que : « si nous sommes tous prêts à mourir en combattant, c’est peut-être aussi parce que nous voudrions que nos enfants, qui doivent naître avec un dos droit comme tous les enfants d’hommes, ne prennent pas l’habitude de courber l’échine, comme l’ont fait leurs ancêtres, pendant des siècles et des siècles. »  


Conclusion

  
Le peuple burundais est embarqué sur un bateau qui fonce tout droit au naufrage. Il s’avère urgent de le sauver des forces du mal. Actuellement, la distance honorable prise par l’Accord-Cadre face aux négociations avec les génocidaires nous encourage. Tellement la mobilisation des rescapés du génocide derrière l’Accord-Cadre sera sans coup férir puisque nous nous sommes irrésistiblement embarqués dans un combat contre le génocide des Tutsi et des Hutu non acquis à l’idéologie du génocide. Autant nous sommes moralement préparés à accepter tous les sacrifices qu’imposent ce combat, autant nous sommes prêts à opposer un mépris souverain à n’importe quel privilège, à n’importe quel intérêt que l’on tenterait de miroiter devant nous pour nous piéger et nous exterminer. Rien ne pourra nous arrêter car nous luttons pour la vérité, cette vérité qui, même abattue se relève toujours. Nous ne nous arrêterons pas parce que nous luttons pour le bon droit, celui-là même qui, provisoirement bafoué sera plus fort que le mal triomphant. Si nous acceptons de mourir lâchement comme le mouton égorgé en bêlant sans que plus personne ne pleure notre mort, car certainement voulu, alors un suicide collectif d’un peuple inconscient s’en suivra, tel est notre destin et la responsabilité nous en incombe. 

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