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GROUPE PARLEMENTAIRE CONTRE LE GENOCIDE ET L'EXCLUSION, ET POUR LA REHABILITATION DU CITOYEN.
Déclaration du 27.07.2002
A. Concernant le génocide qui se perpétue au Burundi.
Le Groupe parlementaire contre le Génocide et l'Exclusion, et pour la réhabilitation du Citoyen, comme tout le peuple burundais, constate que les terroristes-génocidaires poursuivent le génocide en saccageant tout ce qui est sur leur passage et en condamnant une autre partie de la population à l'errance. Ils sont alliés aux sinistres ex-FAR et Interahamwe qui ont perpétré le génocide au Rwanda.
Le Groupe Parlementaire contre le Génocide et l'Exclusion a également pris acte de la déclaration du Ministre de la Défense Nationale, faisant état de la participation de certains membres des institutions de l'Etat et hauts fonctionnaires à cette sale besogne.
Face à cet état de choses, le Groupe Parlementaire contre le Génocide et l'Exclusion, et pour la réhabilitation du Citoyen déclare ce qui suit :
- Le Gouvernement et son administration territoriale doivent obtenir de toute la population qu'elle se joigne aux forces de l'ordre pour combattre ces criminels de sang.
- La population doit s'organiser colline par colline, quartier par quartier, afin de débusquer et démasquer tous les complices de ces actes de génocide.
- Les autorités de l'Etat doivent poursuivre sans hésitation les membres des Institutions et autres cadres qui participent au génocide aux côtés des bandes armées qui sèment la mort et la désolation. Le Ministre de la Justice et le Procureur Général de la République sont particulièrement interpellés s'ils ont entendus les propos du Ministre de la Défense à ce sujet.
- Le Groupe Parlementaire contre le Génocide et l'Exclusion, et pour la Réhabilitation du Citoyen réitère son soutien à l'Armée Nationale qui se donne corps et âme pour protéger les citoyens et leurs biens dans des conditions particulièrement difficiles. Que les déclarations du G7 du 25.07.2002 n'intimident pas les Forces de l'ordre.
B. Concernant la commission mise sur pied par le Ministre de la Justice en vue de libérer les prisonniers poursuivis pour les actes criminels liés au génocide de 1993.
Le Groupe Parlementaire contre le Génocide et l'Exclusion, et pour la Réhabilitation du Citoyen a pris connaissance de la mise sur pied de cette commission. Il déclare à ce sujet ce qui suit :
- Il est sans contexte que cette commission a pour mandat de libérer les terroristes-génocidaires et tous ceux qui ont commis les pires des crimes.
- Ce faisant, le ministre enfreint aux principes élémentaires de la procédure pénale. En effet, il peut enjoindre la magistrature debout de poursuivre, mais il ne peut en aucun cas enjoindre d'arrêter les poursuites, même par voie de commission interposée.
- Alors que le Pouvoir Exécutif a initié une loi tendant à amnistier des leaders rentrant d'exil, le même Pouvoir Exécutif crée des manœuvres pour libérer des poursuites judiciaires les criminels aujourd'hui aux prises avec la justice. Ce qui traduit, ni plus ni moins, un vaste plan enclenché à travers la politique sectorielle du ministère de la justice, pour libérer les criminels qui ont tué les vieux, qui ont broyé les bébés, qui ont éventré les femmes enceintes, bref qui ont commis l'irréparable inamnistiable.
Face à cela, le Groupe parlementaire contre le génocide et l'Exclusion, et pour la Réhabilitation du Citoyen :
- Appelle tous les burundais et tous les étrangers à se lever et à se dresser contre ce plan d'amnistie du génocide.
- Interpelle tous les honnêtes citoyens et leur rappelle le lourd tribut que les leurs payent toujours suite à des violences génocidaires.
- Invite tous les magistrats et autres corps de la justice à barrer la route à toute tentative visant à leur faire porter le chapeau des actes immoraux.
En définitive, face à la généralisation de la guerre et à cette politique d'amnistie des criminels, les membres du Groupe Parlementaire contre le Génocide et l'Exclusion, et pour la Réhabilitation du Citoyen s'interrogent de plus en plus sur le bien fondé de leur participation aux Institutions dans lesquelles les auteurs de la guerre et du génocide font la loi.
En conclusion, au titre de deuil en souvenir de ceux qui meurent de génocide, pour mieux réfléchir à cet état de fait et en prélude à d'éventuelles conclusions définitives, le Groupe Parlementaire contre le Génocide et l'Exclusion, et pour la Réhabilitation du Citoyen a décidé de suspendre les activités parlementaires en plénière pendant la semaine du 29 juillet 2002. Cette semaine sera consacrée aussi à des descentes afin d'échanger avec les populations victimes de la barbarie génocidaire.
De plus, le groupe Parlementaire contre le génocide et l'Exclusion invite le Ministre de la Justice et, à défaut, le Gouvernement du BURUNDI à annuler purement et simplement la Commission que le Ministre a désignée contre toute logique de justice.
Fait à Bujumbura, le 27.07.200.
POUR LE GROUPE PARLEMENTAIRE CONTRE LE GENOCIDE ET L'EXCLUSION , ET POUR LA REHABILITATION DU CITOYEN.
- Mr. Cyrille SIGEJEJE, Président
- Mme Euphrasie SINANKWA, 1er Vice-Président
- Mr. Pascal KAMO, 2ème Vice-Président
- Mr. Wenceslas NAHIMANA, Secrétaire Général
- Mme Viviane NIJIMBERE, Secrétaire Général-Adjoint.
