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HAVILA

DECLARATION DE HAVILA

HAVILA vient d’apprendre, de sources non encore confirmées (WEB), qu’une réunion rassemblant la « diaspora » burundaise se serait tenue à Bruxelles, la Capitale de la Belgique, sous la supervision d’une organisation dénommée AWEPA, et qu’à l’issue de cette réunion, une série de résolutions et de recommandations sur le Burundi aurait été adoptée.

 

Consciente et témoin du potentiel de manipulation de l’opinion dont disposent certaines organisations et certains médias, particulièrement sur la question du Burundi et de la région des Grands-Lacs, la direction de HAVILA souhaite porter à la connaissance de l’opinion burundaise, régionale et internationale ce qui suit :

 

1°. HAVILA est un mouvement intellectuel, politique et biblique, qui s’est assigné pour mission de sauvegarder l’héritage ancestral, ainsi que l’identité culturelle et politique des peuples hébraïques d’Afrique autour des sources du Nil Blanc (Pishôn), selon les termes du Livre de la Genèse (Gn 2, 10).

 

2°. Au Burundi, HAVILA a toujours manifesté sa vive préoccupation à l’endroit du peuple hébraïque tutsi, gardien des sources les plus méridionales du Nil Blanc (Caput Nili Meridionissimum) et des Tambours de Salomon, un peuple actuellement confronté à une entreprise féroce d’expropriation politique, militaire et foncière, d’Amnésie identitaire, d’Inquisition culturelle et d’extermination physique, au vu et au su des Nations libres.

 

3°. Aujourd’hui, les défenseurs de cette entreprise d’expropriation des Batutsi ont dans leurs mains une arme qu’ils ont fabriquée de toutes pièces à Arusha, en Tanzanie, sous la forme d’un volume de plus de 150 pages, appelé « Accords d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi ».

 

4°. Dès l’annonce de ce soi-disant Accord, les organisations Tutsi de l’intérieur du pays et de la diaspora, ainsi que la presse libre du monde entier ont eu en mémoire d’autres Accords, signés il y a sept ans, dans la même ville de Tanzanie, et qui avaient abouti au génocide total des Batutsi du Rwanda, en avril 1994. Aussi bien les Batutsi concernés que les observateurs avaient donc crié à la catastrophe ; des déclarations publiques, des communiqués de presse, des articles de journaux, des manifestations diverses, avaient tenté de conscientiser l’opinion internationale sur l’extrême dangerosité de ces Accords, qui cherchaient, par tous les moyens, à amnistier des individus et des organisations politiques coupables du crime de génocide, en leur donnant, de surcroît, les moyens diplomatiques et politiques nécessaires pour parachever leur œuvre d’extermination des Batutsi.

 

5°. Pour sa part, HAVILA a manifesté sa vive réprobation, dès avant la signature de ces Accords, notamment à l’occasion des forums internationaux où l’avenir des peuples hébraïques Tutsi était en discussion, en organisant également des séances d’enseignement, de débat politique et de clarification historique, en signant des pétitions et des déclarations anti-génocidaires, en participant à des manifestations de protestation contre les tentatives d’amnistie des génocidaires partout où cela était possible, en récusant les mécanismes sournois d’expropriation politique et identitaire des peuples hébraïques Tutsi de la région de Havila.

 

6°. Ainsi, HAVILA n’a pas manqué de faire entendre sa voix jusqu’au cœur du forum d’Arusha, en prenant position, au sein de la Commission II, en faveur de la thèse salutaire de « Deux Peuples Une Nation », et en se prononçant clairement pour le renforcement d’un « cordon sanitaire » anti-génocidaire qui tirerait les conséquences qui s’imposent des conclusions du Rapport des Nations Unies N° S/1996/682 sur la responsabilité du parti FRODEBU dans le génocide contre les Batutsi, à partir d’octobre 1993.

 

7°. C’est pour toutes ces raisons que HAVILA a été choqué d’apprendre qu’une réunion rassemblant une certaine « diaspora burundaise », où étaient donc censé siéger les représentants de la diaspora tutsi de Bruxelles, aurait abouti à des recommandations du genre : soutenir les Accords d’Arusha, ou demander des négociations directes entre le Gouvernement et la Rébellion.

 

8°. HAVILA déclare qu’aucun de ses représentants n’a jamais été invité à une pareille réunion, et qu’à sa connaissance, aucune organisation tutsi, connue comme telle et qui se reconnaît telle, n’a pris part à cette réunion organisée à Bruxelles. Pour preuve, les notables tutsi de Belgique, issue de notre peuple du Rwanda, du Burundi et du Congo, participaient assidûment au Séminaire d'Hiver organisé par l'INSTITUT de HAVILA, durant ce même week-end du 9 décembre 2000.

 

9. Si, d’aventure, il se confirmait donc que l’AWEPA a organisé une pareille réunion, la diaspora tutsi de Belgique ne peut pas être tenue pour responsable des recommandations et des résolutions qui en sont issues. La diaspora tutsi de Belgique est, en effet, organisée en mouvements et en associations bien connus, qui assument publiquement leur identité et défendent les droits politiques et culturels de leur peuple.

 

10°. Parmi ces mouvement et associations, HAVILA occupe sans conteste une position d’avant-garde, comme peuvent l’attester ses statuts et ses activités, de même que sa participation à la conception, à la signature et à la diffusion des textes et des activités de protestations anti-Arusha qui suivent : la Déclaration de Louvain du 31 mai 1998 ; la Déclaration de Bruxelles du 9 Août 2000 ; la Lettre Ouverte du 22 Août 2000 ; la manifestation statique devant le Parlement Européen du 24 Août 2000 ; le Communiqué de Bruxelles du 29 Août 2000.

 

11. HAVILA rappelle que tous ces textes et activités fondateurs de la fronde anti-Arusha étaient portés par au moins six mouvements et organisations tutsi, basés à Bruxelles, qui ont toujours condamné et condamnent encore la signature de prétendus Accords avec les organisations génocidaires. Aucune organisation tutsi connue n’a, jusqu’à ce jour, exprimé un soutien quelconque à ces Accords que l’on sait mauvais et porteurs de promesse de mort pour le peuple tutsi.

 

12. Il est donc hors de question qu’une organisation quelle qu’elle soit puisse prétendre avoir réuni la « diaspora burundaise », en ignorant des mouvements et des associations tutsi, bien connues et très actives : à moins de décréter unilatéralement que les Batutsi légalement organisés ne font pas partie de la diaspora burundaise, et que seuls les Bahutu, organisés ou non, et des Batutsi clandestins, sont seuls admis à faire partie de ces happy few. Or, AWEPA connaît bien les organisations tutsi de Belgique, pour avoir échangé dernièrement avec elles des correspondances conséquentes, dans une situation de télescopage et d'arbitraire qui n'est pas sans rappeler les circonstances qui motivent la présente déclaration.

 

13. HAVILA tient à attirer l’attention de l’opinion sur un fait capital connu de tous, mais occulté stratégiquement par les partisans de la cause Hutu, à savoir que l’on ne peut plus parler indifféremment de « diaspora burundaise », en particulier depuis que les « pourparlers » d’Arusha eux-mêmes ont mis en lumière la question des questions : celle de la différence irréductible entre les groupes humains en conflit au Burundi. HAVILA renvoie, à cet effet, le lecteur au document même des prétendus « Accords d’Arusha », au deuxième chapitre de la dernière partie appelée « APPENDICES ». Après ce que les rédacteurs appellent un débat approfondi, ils affirment que les négociateurs d’Arusha n’ont pas pu « décider s’il fallait considérer les différents groupes comme des « communautés », des « groupes ethniques », des « peuples » ou des « tribus », mais qu'en tout état de cause….<<la proposition du bureau repose sur l’idée d’une identité ethnique, sans préférer tel ou tel classement » (p.165).

 

14. HAVILA souhaite donc que désormais, aucune confusion ne soit entretenue sur un sujet aussi crucial. Tout comme personne ne peut oser parler de la position du « peuple belge », par exemple, lorsqu’il faut statuer sur la dimension territoriale et institutionnelle de la ville de « Bruxelles » en situation de contestation, personne ne peut se permettre de parler indistinctement de « diaspora burundaise » lorsqu’il s’agit de débattre de l’avenir politique et institutionnel du Burundi. Il y a une « diaspora Hutu » d’un côté et une « diaspora tutsi » de l’autre, et les deux groupes humains ont des points de vue diamétralement opposés sur les questions fondamentales de territorialité, de survie physique, politique, culturelle et identitaire.

 

15. Jusqu’à preuve du contraire, HAVILA soupçonne plutôt que la réunion qui se serait tenue à Bruxelles concernait uniquement la « diaspora hutu », ce qui confirmerait que la « diaspora tutsi » ne peut être engagée par les recommandations et les résolutions issues de cette rencontre, tout comme elle ne peut être engagée par le contenu des prétendus Accords d'Arusha.

 

16. HAVILA considère que tous ceux qui essaient de s’impliquer dans la problématique des Grands-Lacs, en niant des spécificités identitaires et des enjeux conflictuels aussi clairs, se livrent, en réalité, à une entreprise sournoise de manipulation de l’opinion et des institutions internationales, aux fins d’assurer l’impunité à des génocidaires connus et identifiés.

 

17. HAVILA profite de cette occasion pour attirer l’attention des Batutsi sur le contenu du Rapport qui sanctionnera bientôt le Séminaire d’Hiver que l’INSTITUT de HAVILA a justement organisé, le 9 décembre 2000, en Belgique, et qui portait sur « la question des Terres dans l’espace géographique Tutsi ». Parce que l’un des enjeux majeurs du problème burundais réside dans l’entreprise de spoliation des terres tutsi, une entreprise commencée depuis plus de 100 ans et qui sera parachevée par l’application du Protocole IV des « Accords d’Arusha », la question des terres reste capitale, comme on l'a observé depuis le bannissement des Batutsi de leurs terres du Rwanda, en 1959 ; comme on le voit encore avec la situation chaotique créée par le génocide d'octobre 1993 où les Batutsi du Burundi se sont retrouvés parqués dans des camps, pendant que leurs terres sont occupés illégalement pas des squatters sans scrupules ; comme on l'a vu avec le déni de citoyenneté des Batutsi du Kivu et du Masisi, en 1996. Ce sont autant de mécanismes qui ont toujours annoncé et accompagné le génocide physique de notre peuple. Il faut exterminer les Batutsi, parce qu'on ne peut s'approprier leurs terres en leur présence et attendre des signes d'assentiment dans leur regard. Alors il faut les exiler ou les exterminer !

 

18. HAVILA réitère sa réprobation vis-à-vis des Accords d’Arusha conclus en faveur des organisations génocidaires, et renouvelle son soutien à la Déclaration de Bruxelles dont chaque ressortissant de notre peuple devrait relire les paragraphes avec attention, pour en tirer les leçons qui s’imposent.

 

19. HAVILA appelle les Batutsi à rester vigilants face aux diverses tactiques de diversion, qui cherchent à les entraîner sournoisement dans l’engrenage d’Arusha, en particulier avec cette fausse compétition des « candidats à la transition », par laquelle les ennemis de notre peuple veulent faire passer obliquement l’idée que les Accords d’Arusha seraient acceptés, et qu’il ne resterait plus qu’à s’aligner derrière tel ou tel candidat capable d’appliquer au mieux ces Accords contestés par les Batutsi. Chacun doit garder à l’esprit que l’objectif n°1 des Accords d’Arusha a été clairement résumé dans l’ANNEXE V appelé « CALENDRIER D’APPLICATION », où l’on voit que tout converge vers la préparation de ce qu’ils appellent de manière codée, « LE JOUR-J » : une notion entourée de mystère et de sous-entendus inquiétants, mais que l’on sait ouvertement issue de la sémantique militaire.

 

20. Tout s’éclaire dès lors, puisque l’Armée du Burundi doit être démobilisée aux termes du PROTOCOLE III (art. 21) : « La démobilisation débute après la signature de l’Accord, conformément au calendrier d’application (voir Annexe V) » (p.74). Le problème est que cette Armée dite tutsi a rejeté fermement la perspective immorale de laisser la défense des Batutsi aux mains des hordes génocidaires qui les massacrent chaque jour, tandis que les hordes génocidaires hutu rejettent les Accords d’Arusha et n'envisagent que la seule victoire militaire. D'où une situation d'impasse entretenue, qui explique la place d'un <JOUR-J> dans le calendrier. Ceux qui cherchent à faire passer des applications politiques dans le contexte d’une situation militaire bloquée cachent dès lors leurs vrais objectifs, à savoir la préparation d’un renversement des rapports de force en faveur des hordes génocidaires. Peu importe si le chaos qui sera créé doit engloutir les Batutsi, ce qui importera ce sera le triomphe d'une hégémonie hutu injustifiable par des moyens autres qu'un coup de force encadré par des troupes étrangères. Les informations de ces derniers jours sur les préparatifs de ces forces, que ce soit au Bénin ou en Tanzanie confortent l'imminence, au Burundi, de ce fameux <JOUR-J>. La situation ne sera pas nouvelle, on a vu venir le <JOUR-J> au Rwanda en 1994, un jour d'Apocalypse préparé et exécuté en présence des troupes de la MINUAR.

 

21. En définitive, HAVILA confirme que les Batutsi n’ont jamais été représentés à Arusha, en tant que Batutsi, comme n’ont pas manqué de le rappeler nombre d’observateurs attentifs, notamment la journaliste Marie-France CROSS de la Libre Belgique, dans des articles qui ne laissent aucune équivoque sur le vrai sens des Accords d'Arusha. La situation réelle reste telle qu’elle a été décrite par les organisations signataires du Communiqué de Bruxelles, publié au lendemain de la signature des soi-disant Accords rejetés par les Batutsi. :

 

« Il n’y a jamais eu de négociations ni d’Accords à Arusha : Dans tous les camps artificiellement constitués, le parti Hutu génocidaire FRODEBU était omniprésent. Que ce soit au Gouvernement, au Parlement, dans la Convergence, au G10 par l’ANAC, au G7, et dans le maquis. Le FRODEBU génocidaire a donc conclu un pacte avec son propre camp, et ce pacte n’engage que lui-même.

 

« Les Batutsi n’ont donc jamais négocié quoi que ce soit, où que ce soit, ni avec qui que ce soit : il leur appartient de constituer, le moment venu, et s’ils survivent au complot d’Arusha, un cadre adéquat pour négocier avec qui de droit » (Communiqué de Bruxelles du 29.8.2000, §7 et §8).

Fait à Bruxelles, le 14 décembre 2000.

 

 

Pour « HAVILA »

 

 

Jean BWEJERI

 

PRESIDENT


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