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BURUNDI/NEGOCIATIONS
DES MILITAIRES AFRICAINS ETUDIENT L'OPPORTUNITE D'UNE MISSION DE MAINTIEN DE LA PAIX
Bujumbura, le 25 septembre 2001 (FH) - Des militaires africains sont
arrivés cette semaine au Burundi pour étudier l'opportunité de l'envoi d'une mission internationale d'appui au processus de paix, a constaté sur
place l'agence Hirondelle.
Conduite par le général-major sud-africain Jan Lusse, la délégation
comprend quatorze experts militaires, dont huit Sud-africains. Les six
autres membres de la délégation proviennent du Nigeria, du Ghana et du Sénégal. Ces quatre pays africains sont pressentis pour constituer la
future force de maintien de la paix prévue dans les accords inter-burundais signés à Arusha en Tanzanie le 28 août 2000. Les experts africains
travailleront avec leurs collègues burundais.
Lançant leurs travaux lundi, le ministre burundais de la défense, le
général-major Cyrille Ndayirukiye, a déclaré que cette étude est "justifiée
et importante", à l'étape actuelle des pourparlers de paix. Le Burundi se prépare à l'installation des institutions de transition issues des accords
d'Arusha, le 1er novembre prochain.
"Etant donné que l'application de l'accord de paix d'Arusha a fait un pas significatif notamment par la désignation du leadership de la
transition et l'imminence de la mise en place des institutions, l'urgence et l'importance
d'une telle étude sont totalement justifiées",a expliqué le ministre Ndayirukiye.
Les experts africains resteront au Burundi pendant dix jours. Leur séjour devrait leur permettre de "s'imprégner profondément des
réalités du Burundi, recueillir le maximum d'informations qui leur servira de base,
afin de mener une analyse profonde pour trouver les mécanismes appropriés d'une mission militaire internationale d'appui au processus de paix
burundais", a souligné le responsable burundais.
L'accord d'Arusha prévoit que la force de maintien de la paix aura pour mission, notamment, de faire respecter le cessez-le-feu et de procéder à
l'organisation ainsi qu'à la supervision de l'intégration des éléments issus des mouvements rebelles hutus dans la nouvelle armée nationale, à
concurrence de 50% de Hutus et de 50 % de Tutsis.
Cyrille Ndayirukiye a rappelé qu'une réunion entre les ministres de la
défense du Ghana, du Burundi et d'Afrique du Sud, tenue à Pretoria au mois de mars dernier, avait estimé "prématurée d'envisager une quelconque
mission militaire internationale au Burundi pour deux raisons: l'absence du cessez-le-feu et l'immaturité politique du processus de paix d'Arusha".
Une seconde réunion élargie aux ministres du Sénégal, du Nigeria et de la Belgique, a de son côté recommandé la mise sur pied du présent comité
d'experts militaires. Le but de ce comité technique est d'évaluer la situation socio-politique prévalant dans le pays, ce qui permettrait
l'élaboration "d'un plan militaire de continuation du processus" a indiqué Cyrille Ndayirukiye.
La Belgique a offert d'apporter un appui logistique à la future force de maintien de la paix au Burundi.
Parallèlement à ce comité d'experts africains, des consultations sont en cours en vue de la mise en place d'une unité spéciale, composée de Hutus et
de Tutsis, qui sera chargée de protéger les personnalités qui feront partie des futures institutions de transition.
Selon une source bien informée proche du G7, le groupe de partis pro-hutus, une commission composée d'experts militaires burundais se trouve à ce
moment en Afrique du Sud où elle doit rencontrer des experts du G7 pour discuter des modalités pratiques de la mise en place de cette unité.
La crise burundaise a éclaté en octobre 1993 quand le premier président démocratiquement élu, Melchior Ndadaye (hutu), a été assassiné, lors d'une
tentative de coup d'Etat, par des soldats tutsis. Une guerre civile oppose depuis lors l'armée burundaise à majorité tutsie aux mouvement armés hutus
et a déjà fait plus de deux cents mille morts, en majorité des civils.
L'accord de paix du 28 août 2000 n'a pas permis l'arrêt des hostilités. Des violents combats opposent depuis vendredi dernier l'armée aux rebelles du
PALIPEHUTU-FNL, sur les collines qui surplombent la capitale burundaise, Bujumbura. Les deux principaux mouvements rebelles hutus, le PALIPEHUTU-FNL
et le CNDD-FDD, ne sont pas partie prenante à l'accord d'Arusha.
