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BURUNDI/NEGOCIATIONS/RWANDA
LE GOUVERNEMENT RWANDAIS DEMENT AVOIR DES TROUPES AU BURUNDI
Arusha, 2 octobre 2001 (FH) - Le ministre rwandais des affaires étrangères
et de la coopération régionale, André Bumaya, a nié que son pays ait des
troupes au Burundi voisin, lundi soir, au cours d'une conférence de presse
tenue lundi soir à Arusha à l'issue d'un sommet des chefs d'Etats de la
région sur le Burundi.
André Bumaya a qualifié de non-fondées les allégations selon lesquelles des
troupes rwandaises combattraient aux côtés des forces gouvernementales
burundaises dans le conflit qui les oppose aux rebelles du CNDD-FDD ou du
FNL. "Ces allégations sont sans fondement, nous n'avons rien à faire au
Burundi" a indiqué le ministre Bumaya.
Récemment, le porte-parole du CNDD-FDD, Jérôme Ndiho, avait affirmé que le
gouvernement rwandais a envoyé des troupes à Bujumbura pour soutenir
l'armée gouvernementale, et que "cela risque de régionaliser le conflit".
"Nous n'avons pas de militaires qui combattent au Burundi, c'est de la pure
désinformation, puisque avons d'autres problèmes liés à notre sécurité" a
poursuivi le ministre rwandais.
"Vous savez que nous avons des troupes au Congo. Celles-ci ont une lourde
tâche pour faire tout ce qui s'impose pour que les Interahamwe et les
ex-forces armées rwandaises qui se trouvent toujours au Congo ne continuent
pas à saper la sécurité de notre pays. Je ne vois pas alors comment l'on
pourrait avoir d'autres troupes à envoyer au Burundi" a expliqué le chef de
la diplomatie rwandaise.
André Bumaya a indiqué que le gouvernement rwandais s'est depuis le début
associé aux efforts de tous les pays de la région, en toute impartialité,
pour soutenir le processus de paix burundais, et qu'il ne saurait se
rallier à l'une des parties en conflit.
Le ministre rwandais a par ailleurs justifié la non intervention de l'armée
rwandaise au Burundi, par le fait qu'elle ne craint rien de ce côté.
"Nous n'avons encore rien vu qui menace notre sécurité à partir du Burundi,
si cela venait à survenir, nous nous défendrions et repousserions les
assaillants, mais jusque-là, nous n'avons pas un seul soldat sur le sol
burundais ni dans le conflit en cours au Burundi", a-t-il conclu.
Au cours de cette conférence de presse organisée en réponse à certaines
publications de presse selon lesquelles le président rwandais Paul Kagame
ne voulait pas retirer ses troupes de la République démocratique du Congo,
en violation des accords de Lusaka, le chef de la diplomatie rwandaise a
indiqué que "le Rwanda est prêt à se retirer du Congo aussitôt que les
conditions définies dans l'accord de Lusaka seront remplies.
Ces conditions ont trait notamment au désarment, démobilisation et
rapatriement des "forces négatives qui menacent la sécurité nationale", a-t-il déclaré.
"Nous sommes encore loin de la satisfaction qui puisse justifier notre
retrait total du Congo. Nous nous retirerons du Congo dans un cadre bien
précis qu'est l'accord de Lusaka. Dès l'instant où les raisons qui ont
poussé l'armée rwandaise à aller au Congo ne seront plus, on se retirera.
Il n'y a donc pas de refus ni de manoeuvres dilatoires ", a pour sa part
précisé le conseiller à la présidence rwandaise chargé des affaires
étrangères, Amri Sued Ismail, qui assistait le ministre Bumaya dans la
conférence de presse.
Outre Amri Sued, le ministre rwandais était accompagné de l'envoyé spécial
du président Kagame dans la région des grands lacs, Patrick Mazimpaka.
