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RWANDA : Activité sexuelle chez les enfants des rues de Kigali

NAIROBI, 13 mars (IRIN) - Une récente enquête sur les enfants des rues de la capitale rwandaise Kigali montre que la majorité d'entre eux souhaiterait plus d'informations sur le VIH/Sida, a fait savoir l'Université Johns Hopkins, qui a réalisé l'étude en collaboration avec une association s'occupant d'enfants - le Club Myboboh. L'âge moyen des enfants interrogés - 238 au total - était de 13 ans, la tranche d'âge allant de 6 à 20 ans. La majorité - 184 - était de sexe masculin, les 54 autres du sexe féminin. Plus de la moitié du groupe interrogé a perdu ses deux parents, tandis que 13 pour cent possèdent toujours un parent.

Un peu plus de la moitié des garçons interrogés et plus de trois-quarts des filles ont affirmé avoir eu des rapports sexuels. Près de 35 pour cent des enfants âgés de moins de 10 ans ont reconnu avoir une vie sexuelle active.

L'enquête a révélé que les enfants étaient plus conscients du virus du Sida que d'autres maladies sexuellement transmissibles (MST) telles que la blennorragie ou la syphilis. Presque tous les enfants (plus de 97 pour cent) connaissaient au moins une infection pouvant être transmise sexuellement, et près d'un tiers des garçons et 10 pour cent des filles ont signalé avoir été sujets à un symptôme de MST. Onze pour cent des enfants de moins de 10 ans ont
déclaré avoir été aussi victimes d'une MST.

En général, seulement un tiers des garçons et 8 pour cent des filles ayant une vie sexuelle active ont eu accès à des préservatifs.

L'utilisation des préservatifs s'avère très faible, puisque seulement 36 pour cent des garçons et 23,8 pour cent des filles ont indiqué avoir eu recours à un préservatif. Seulement 4,3 pour cent des garçons et 2,3 pour cent des filles ont dit avoir utilisé un préservatif à chaque rapport sexuel ou presque au cours des 12 derniers mois. Les raisons invoquées pour ne pas avoir utilisé de protection sont les suivantes : n'y ont pas pensé (30 pour cent), préservatif non disponible (25 pour cent), préservatif trop cher (22 pour cent) et partenaire opposé à l'usage du préservatif (8 pour cent).

Un total de 98 pour cent de filles et de 72 pour cent de garçons a indiqué connaître une personne porteuse du VIH ou morte du Sida. Il est intéressant de noter que les filles - plus des deux tiers - se sentaient plus vulnérables face au danger du VIH, contre 56,4 pour cent de garçons. Dans le même registre, les filles (98 pour cent) se sont dites plus intéressées par des informations sur le VIH/Sida que les garçons (85,7 pour cent).

L'enquête a également révélé un taux de viol élevé : 63 pour cent des garçons ont reconnu avoir contraint une fille à avoir un rapport sexuel, tandis que 93 pour cent des filles ont avoué avoir été violées par un garçon ou un homme. Toutes les filles et 91 pour cent des garçons ayant une vie sexuelle active ont dit connaître une personne ayant été victime d'un viol.

Le nombre moyen de partenaires sexuels chez les enfants est particulièrement élevé. Au cours des 6 derniers mois, la moyenne était de 2,9 pour les garçons et de 2,1 pour les filles. Chez les garçons pratiquant un sport, la moyenne était de 2,7 contre 3,8 pour les non sportifs. De même, la proportion de garçons sexuellement actifs était de 49 pour cent chez les sportifs par rapport à 63 pour cent pour les non sportifs.

Seulement 11,5 pour cent des garçons et 13 pour cent des filles ont indiqué avoir utilisé un préservatif ou une autre forme de contraception dans le but spécifique d'éviter une grossesse plutôt que comme moyen de protection contre le VIH ou une autre MST.

Un total de 12,6 pour cent de garçons et de 14,8 pour cent de filles a reconnu avoir eu des relations homosexuelles.

Il est important de noter que plus de garçons (près de 30 pour cent) que de filles (moins de 4 pour cent) ont dit travailler pour gagner leur vie - en majorité des travaux comme le portage, le nettoyage de voitures, le petit commerce, et la collecte d'ordures.

Les conséquences sur la situation nutritionnelle des enfants sont les suivantes : tandis que 80 pour cent des filles disent faire un seul repas par jour, seulement 68,5 pour cent des garçons sont dans le même cas. L'âge détermine lui aussi le statut nutritionnel des enfants : 87 pour cent des enfants âgés entre 6 et 10 ans ont indiqué manger une fois par jour, contre 77 pour cent des enfants entre 11 et 14 ans, et seulement 56 pour cent des plus de 15 ans.

Aucun des enfants interviewés ne va à l'école et les deux tiers n'ont jamais été scolarisés. La majorité de ceux qui ont fréquenté l'école a étudié moins de quatre ans au niveau primaire.

Le rapport publié par l'Université Johns Hopkins souligne que les enfants des rues forment "une population à haut risque", qui se caractérise par des expériences sexuelles précoces, une multitude de partenaires sexuels, des rapports sexuels non protégés, l'abus de drogues et une nutrition médiocre.

Pour ceux qui souhaitent aider ces enfants, les recommandations sont les suivantes : l'inclusion d'une forme de génération de revenus dans tout programme d'aide, la diffusion d'informations sur les MST et les dangers des rapports sexuels non protégés, le développement de modes d'apprentissage de la vie tels que la négociation sexuelle, la mise en place de priorités, et l'identification des conséquences immédiates et à long terme des méthodes d'action.

Ces renseignements ont été recueillis auprès des enfants entre le 28 janvier et le 15 février 2001. Les résultats de l'enquête ont été publiés en mars 2002.

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RWANDA : Transfert de deux suspects de génocide au TPIR

NAIROBI, 13 mars (IRIN) - Deux suspects accusés d'avoir participé au génocide de 1994 au Rwanda ont été transférés au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), sis à Arusha, en Tanzanie.

Aloys Simba, ancien lieutenant-colonel des Forces armées rwandaises et député pendant le génocide, et Paul Bisengimana, l'ancien maire de Gikoro, dans la préfecture de Kigali Rural, ont été transférés au centre pénitentiaire du tribunal le 11 mars, a indiqué un communiqué du TPIR.

M. Simba a été arrêté le 23 novembre 2001 au Mali, tandis que M. Bisengimana a été interpellé le 4 décembre 2001 au Sénégal.

M. Simba est poursuivi sur la base de quatre chefs d'accusation de génocide et de crimes contre l'humanité, notamment d'assassinat et d'extermination dans les préfectures de Gikongoro et Butare. Le bureau du procureur du TPIR accuse M. Simba d'avoir planifié le génocide au moins une année à l'avance, a rapporté Internews.

M. Bisengimana doit répondre de 12 actes d'accusation de génocide et de crimes contre l'humanité assassinat, viol, torture et autres actes inhumains). Le procureur l'accuse d'avoir collaboré avec Laurent Semanza, l'ancien maire de la commune de Bicumbi, et organisé le massacre de milliers d'habitants des communes de Bicumbi et Gikoro, a informé Internews. Le procès de M. Semanza se déroule actuellement au TPIR.

Le parquet accuse également M. Bisengimana d'avoir fourni des armes à des miliciens Interahamwe, responsables d'une grande partie du massacre d'environ 800 000 Tutsis et Hutus modérés.

Ce dernier transfert porte à trois le nombre de suspects transférés au TPIR ces dix derniers jours. Le troisième suspect, Vincent Rutaganira, a été arrêté le 2 mars dans un camp de réfugiés de Tanzanie.

Le nombre total de détenus au TPIR s'élève actuellement à 54.

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